Je vous parle d’un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaîtreuuuh… Citegay ce temps là, s’appelait… IRC ! Et le jeune Zep, « zepretend » a l’époque, tchattait allègrement sur #gayfr. C’est d’ailleurs là que j’ai connu XIII, l’équipe d’Ooups, etc.
À cette époque, en 1998, j’abordais fièrement mes 20 ans. (Étrange, comment est-ce possible que j’en ai 25 aujourd’hui ? Bref, passons…) Lors d’un passage sur Paris, j’avais eu une discussion assez relevée avec l’un des tchateurs, un « vieux de la vieille », à propos d’une éventuelle installation à Paris. En tant que jeune gay mal assumé, Paris semblait être un Eldorado et la réponse à mes problèmes existentiels. J’allais pouvoir me fondre dans la masse, vivre mon homosexualité sans en souffrir, etc. La réponse avait immédiatement fusé. Ce fut un discours de ce type
« Paris est un mirage pour les jeunes gays. Tu y perdras ton âme comme bien d’autres. Dès ton arrivée, tu vas tout trouver simple. Vu que tu es mignon, tu vas rapidement trouver chaussure à ton pied… trop. Les prédateurs vont te repérer rapidement. Paris ne règlera pas tes problèmes. On s’installe à Paris pour y bosser ou pour ce que la ville offre, pas parce qu’on est gay, pas parce qu’on veut plaire aux mecs. Paris est une machine à broyer les êtres humains ou à les transformer en connards. »
Finalement, la vie m’a orienté pour quelques années sur la Bretagne, où j’ai connu ma première longue histoire. Pourquoi donc ai-je repensé à cette discussion ?
Le week-end dernier, j’ai reçu le beau Phoebus et l’ai amené dans quelques coins sympa de la capitale. Ce jeune homme de 21 ans, arrivé tout droit de son Finistère natal, ressemble au jeune Zep d’il y a quelques années, avec les mêmes doutes (bon, ok, Zep n’avait pas ce putain de physique à son âge !). Aux Follivores, Phoebus a été plongé dans un univers nouveau où sa belle gueule a fait des ravages. Des propositions en veux-tu en voilà, des verres offerts par les serveurs… L’alcool a coulé à flot et l’ivresse a pris le pas. Vers 5 heures du matin, Zep à – grossière erreur – laissé le Phoebus (imbibé) au Bataclan (non sans avoir bien indiqué, sur papier, l’adresse, les lignes de métro à prendre, etc. pour rentrer). C’est finalement vers 13h qu’il l’a retrouvé perdu vers Place de Clichy après une errance dans Paris digne d’After Hours. « Je me suis fait avoir comme un con… on m’a offert des verres, je me suis senti important, désiré… »
Certes, le discours tenu il y a 10 ans n’est pas une vérité absolue… et pourtant, je l’ai déjà vu s’appliquer. Vous en pensez quoi les pintades ?
