Difficile de développer une application pour iPhone quand on s’adresse à un public majeur. Le développeur de MobileRomeo en sait quelque chose. Son application permettait, pour 2,99€, d’accéder au site de rencontres GayRomeo. Intuitive et claire, l’interface était complètement pensée pour un usage mobile, tout en respectant l’ergonomie des iApps. L’éditeur de GayRomeo ne souhaitant pas développer sa propre application n’avait apparemment pas refusé d’applications tierces.
Mais voilà, Apple, entreprise autrefois volontiers iconoclaste et subversive, applique aujourd’hui une véritable censure sur toute nudité affichée.Les règles sont très strictes et son notifiées aux développeurs dans un cahier des charges imposant. Ceux-c i doivent ensuite s’assurer que leur application ne permet pas aux utilisateurs d’afficher ce type de photos. Un travail de fourmi, tant la surveillance de milliers (millions ?) d’utilisateurs demande des ressources. Grindr efface ainsi les photos contraires à la bonne morale. L’excellent Nopicnodial (bravo Garoo !!) n’affiche pas les photos « classées X » sur iPhone et iPade (leur classification doit certainement se faire manuellement). La bonne morale est sauve !
Quel crime a donc commis MobileRomeo ? Certains utilisateurs se sont plaint à Apple que l’application d’affichait des images à caractère pornographique. Sans autre forme de procès, la Pomme a donc supprimé l’application de l’AppStore. Le développeur attend toujours un contact pour trouver un compromis…
Rappelons tout de même qu’il faut avoir un compte « Premium » (entendez « payant ») chez GayRomeo pour pouvoir afficher les photos cochonnes. Les utilisateurs plaintifs sont donc forcément des abonnés au service ! Les ligues de vertu pousseraient-elles le vice jusqu’à payer pour afficher des photos XXX sur iPhone et porter l’affaire devant Apple, juste pour supprimer une application ? Ou bien est-ce l’oeuvre de concurrents bien décidés à se débarrasser d’un gêneur ?
Cette petite « affaire » illustre néanmoins la brutalité des règles édictées par Apple et leur manière de réagir. Les développeurs indépendants se retrouvent face à un vrai mur quand d’autres bénéficient d’un peu de souplesse. J’encourage le développeur de l’application à rejoindre Cydia (l’AppStore alternatif des iPhone jailbreakés) ou de porter MobileRomeo dans un environnement plus ouvert et moins « cul-cul » que celui de Steve Jobs, Android, par exemple.
