« La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose« , c’est la révélation que nous confie Jean-François Copé, patron de l’UMP et futur aspirant à la fonction suprême. Fort de cette maxime, Jean-François Copé balaie toute idée de front républicain pour faire obstacle aux élus frontistes et à leurs idées nauséabondes. Car Jean-François est contre le FN, mais il est aussi contre les idées du PS. Cruel dilemme. Il n’interdit rien mais « pas question de préconiser un vote pour un front républicain car c’est un vote pour le PS », ajoute-t-il.

Jean-François Copé refuse toute idée de front républicain pour barrer le chemin au FN. Normal, l'UMP partage les mêmes idées.
Pourtant, il y a urgence à remettre des valeurs républicaines au coeur de notre pays. Le FN a explosé hier lors du premier tour des cantonales et risque de faire un score important dimanche prochain. Mais comment l’UMP pourrait-il initier un front républicain quand ses propres lieutenants (et électeurs) virent au brun ?
Après quatre ans de Sarkozy au pouvoir, la France va mal. Les inégalités se sont creusées tandis que les fondements de notre pays s’effritent. Des ministres sont tour à tour accusés de racisme, soupçonnés de malversations, repérés à profiter de largesses de la part de dictateurs locaux… Paralèlement, Eric Zemmour est acclamé par les élus et militants, Chantal Brunel propose de remettre les immigrés « dans des bateaux » et Claude Guéant déplore que les Français ne se sentent plus chez eux à cause de « l’immigration incontrôlée », Jean-François Copé invente une « religion musulmane ». Une candidate UMP s’est même fait épinglée à mettre des blagues ouvertement racistes sur son profil Facebook. Comment combattre dignement le Front National quand on véhicule ses idées, ses propos ?

Brice Hortefeux, ex-ministre, condamné pour injure raciale, n'a jamais été désavoué par François Fillon ou Nicolas Sarkozy.
Non, les électeurs UMP ne sont pas seulement en colère. Les électeurs UMP sont racistes et ce racisme, jusqu’à présent camouflé -étouffé-, explose au grand jour. Hortefeux, Guéant, Brunel, Besson, Copé et même notre Président ont fissuré cette digue sanitaire qui retenait les plus bas instincts dans leurs propres rangs. L’UMP n’est plus si éloigné du FN, n’en déplaise à ses élus les plus « light ».
L’UMP et Sarkozy ont blessé notre république. Ils ont adopté des idées qui auraient dû rester celles de l’extrême droite. Mais, comme d’habitude, ils auront beau jeu de critiquer la gauche… C’est bien là leur seul argument !
