ACTA, IPRED : Megaupload n’était que le début

L’accord se prépare dans la plus grande discrétion par 39 pays. Nos dirigeants se gardent bien d’en faire la publicité, car ils auraient beaucoup de mal à nous le « vendre ». En effet, ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord qui créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet à surveiller et à censurer les communications en ligne. Sous prétexte de lutte contre les contrefaçons, ACTA forcerait les professionnels du Net a « coopérer » directement avec les industries du divertissement, sans passer par un pouvoir judiciaire. ACTA mettrait Internet et son contenu sous la coupe de quelques lobbyistes. Il autoriserait la mise en place d’une véritable police privée du copyright. Pire : il empêcherait les pays pauvres d’accéder à la culture ou à des médicaments génériques (la contrefaçon ne touchant pas que le net !).

Pendant ce temps, toujours en Europe, les têtes pensantes à la solde des majors et autres lobbyistes de tous poils prépare IPRED, une directive qui harmonise au niveau de l’Union européenne les sanctions civiles (et bientôt pénales) pour tout type d’atteinte à la « propriété intellectuelle » : droit d’auteur, brevets, marques, obtentions végétales, etc. Elle organise donc la répression contre les partageurs, remixeurs, codeurs et inventeurs en tous genres. Là encore, les représentants des industries de loisirs auraient tous pouvoirs pour forcer les FAI ou les partenaires techniques à supprimer des contenus, sans l’intervention d’un juge, sans procès équitable.

Les industries de loisirs, au lieu de réfléchir à de nouvelles formes de commerce ou à une évolution du droit d’auteur pour tenir compte de la réalité d’Internet, ont donc décidé de placer ce réseau globale en coupes réglées. La liberté d’expression, la capacité à innover et le respect des juridictions, elles s’en tapent. C’est la mise en place d’une véritable censure privée qui se profile, avec l’acceptation passive des citoyens, plus consommateurs qu’utilisateurs. Si la propriété intellectuelle se doit d’être défendue, elle ne doit se faire au mépris des peuples et de la liberté d’expression.

Renseignez-vous, alertez ou interrogez vos élus : l’accès à la culture et aux oeuvres se fait et se fera sur Internet. Ne laissons pas les marchands transformer la Toile en galerie commerçante et monter des milices privées pour la surveiller.

Lien : La Quadrature du Net

 


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  • http://www.atypikrevient.fr Atypik

    Les médicaments génériques ne sont en rien concernés par ACTA, contrairement à ce que tout le monde essaie de nous faire croire. Pour cela il suffirait juste de lire le traité où il est écrit noir sur blanc que seuls les produits dont le brevet n’est pas encore tombé dans le domaine public sont concernés. Donc, un médicament générique, qui est fabriqué uniquement à partir de Brevets du domaines public, n’est PAS CONCERNE. Mais comme tout le monde a peur de ne plus pouvoir télécharger gratuitement ses jeux, ses films, ses musiques gratuitement puisque le travail d’autrui tout le monde s’en fou, et bien on essaie de faire peur en racontant n’importe quoi…. Même Act-Up est tombé dans le piège et ne s’est pas renseigné, ce qui est grave à mon sens.

    Si tu veux voir l’extrait du traité, il est écrit noir sur blanc sur mon blog….

    As-tu lu le traité au moins ?????

    PS : Décidément en ce moment je ne suis plus jamais d’accord avec toi. lol Va falloir que ça change. Vote UMP :)

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    Après 5 ans de sarkozysme et un bilan comme le sien, je suis toujours surpris de voir des gens voter sciemment pour lui… Pour n’importe quel homme de droite, pourquoi pas… mais lui…

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    Quant aux génériques, c’est en effet plus compliqué : les pays pauvres et émergeants développent leurs propres « génériques », avant que le brevet ne tombe dans le domaine public… D’un point de vue légal, c’est de la contrefaçon, car les labos voient leur propriété intellectuelle pillée. D’un point de vue moral, c’est une toute autre histoire, car cela permet à des gens d’accéder à des soins plus abordables que ce que proposent les labos. Acta ajoutera un armada judiciaire pour casser ce type d’actions, bloquer les sites (si si, ils existent) où se partagent le savoir autour de ces médicaments et leurs précieuses formules.
    Au final, c’est une économie alternative qui va être démolie pour un prétexte légal (la propriété intellectuelle) mais dont le préjudice moral et sanitaire risque d’être impressionnant !