Free Mobile a bien joué son coup !

Pas con le Niel ! Le patron de Free, en pleine tourmente au sujet de son réseau, affirme contre vents et marées que tout est opérationnel. Sur le terrain, pourtant, les antennes Free ne semblent pas fonctionner, surtout en région parisienne et dans les très grandes agglomérations. Conformément au contrat d’itinérance, c’est donc Orange qui prend le relais dans les zones non couvertes par Free. Pour l’abonné, c’est transparent !

Pour assurer une qualité de service impécable en zone dense, quoi de plus simple d'utiliser le réseau d'un concurrent, qu'on insulte au passage ?

Niel s’énerve et accuse les autres opérateurs de complot, renforçant son image de chevalier blanc… Il rappelle que l’Arcep, gendarme des télécoms et autorité indépendante, a validé l’ouverture du réseau après avoir constaté que 27% de la population était couverte par Free Mobile. Il y a peu de chances que l’Arcep se soit trompé.

Je pense plutôt que Free a joué un coup magistral : le quatrième opérateur couvre très certainement 27% de la population, mais je doute qu’il couvre les zones à forte densité, en termes d’abonnés. Pour Paris, la région parisienne et les grandes agglomérations, l’opérateur s’appuierait donc massivement sur Orange. 27% de la population peut-être, mais avec une majorité de ses abonnés – une grande majorité – vampirisant le réseau d’Orange. Free peut donc satisfaire les exigences de l’Arcep tout en offrant une qualité de service pour la grande partie de sa clientèle (majoritairement urbaine). Xavier Niel aurait donc beau jeu de railler ses concurrents, lui qui – selon toute vraisemblance – utilise massivement leur réseau dans les zones à forte densité, le temps de placer ses propres antennes.

Il s’agit bien sûr d’une hypothèse, mais celle-ci confirmerait bien des constats d’utilisateurs : il n’y a quasiment aucune antenne Free active à Paris, le service fonctionne bien (normal, c’est Orange, un réseau éprouvé), mais Free est pourtant dans les règles auprès de l’Arcep.

Vampiriser le réseau des concurrents tout en les insultant, Free aurait-il vraiment tout compris ?


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  • http://www.atypikrevient.fr Atypik

    Hypothèse mon cher. Car il y a une nuance certain à apporter. L’obligation porte sur la population et non sur le territoire. Heureusement pour Free. Sinon ce serait chose impossible. Car 27 % de la population est chose plus aisée à obtenir contrairement à 27% du territoire qui implique beaucoup plus d’antennes. Rien Paris + RP représente en gros 19 % de la population. Free a donc tout intérêt à couvrir cette région en premier, Lille ensuite et les grandes villes pour finir.

    Je ne pense donc pas que Free aura choisi ton hypothèse. Bien au contraire.

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    Et pourtant, c’est confirmé de toutes parts : Free ne couvre actuellement pas Paris et la région parisienne, ainsi que plusieurs grandes villes… Les abonnés passent par Orange dans ces zones là. Free peut sans problèmes atteindre 30% environ de la population en couvrant des zones de moindre importance en termes d’abonnés possibles, et activer une ou deux antennes dans les zones denses, pour le fun. On comprend désormais comment ils vont financer leur réseau… De toutes façons, le langage à la limite du populisme de la part de Niel était trop beau.

  • http://www.vinzniv.net vinzniv

    Atypik: détrompe toi. La stratégie de déploiement aujourd’hui est un déploiement partout où c’est possible, sans aucune cohérence. Il n’y a que des tâches éparses, sur les villes moyennes. Aucune « zone » couverte. Facilement vérifiable sur le site de l’agence nationale des fréquences.

  • XIII

    Comme le dit Atypik, il est bien plus simple (et plus économique), pour couvrir 27% de la population, de commencer par la région parisienne (et notamment Paris) et les grandes villes. Le problème, c’est qu’il est très difficile d’y implanter des antennes. Ainsi, en octobre dernier, la ville de Paris a suspendu les autorisations…

    Donc Zep, ne vois pas le mal partout, Free ne fait pas exprès de ne pas couvrir Paris, s’ils pouvaient, ils le feraient (l’itinérance coûte cher), ils ne le font pas parce qu’ils ne peuvent pas !

    C’est quoi cette théorie du complot, encore ? :-)

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    La théorie du complot est l’arme préférée de Niel pour faire gober qu’il est victime d’un acharnement des trois… la vérité doit se trouver quelque part entre eux. Le fait est que même si ça coute cher, l’itinérance avec Orange permet à Free d’avoir l’assurance d’un réseau parfait et éprouvé pour démarrer. En termes d’image de marque, Free Mobile ne peut se permettre un mauvais réseau aux premières semaines d’exploitation. Comme le dit Vinzniv, le déploiement ne répond à aucune logique… sinon que les abonnés, eux, sont contents (et merci Orange !)

  • Max

    Pierre, je crains que tu te trompes lourdement. Comme le souligne les trois commentateurs précédents, Free a obligation de couvrir 27% de la population et non pas 27% du territoire. Également, l’accord d’itinérance avec Orange coûte cher, facturé au volume. Sans compter les trésors de technicité qu’il faut déployer car contrairement à la majorité des MVNO, Free agit en qualité de Full MVNO. C’est a dire qu’Orange loue seulement le passage sur le réseau d’antennes relais, Orange n’opère pas les services : c’est Free qui fourni l’accès à Internet, la voix, les SMS, l’authentification des SIM, les services propriétaires (iBudules, BlackBerry…) Louer ce seul réseau n’a que peut d’intérêt, sinon disposer dès l’ouverture d’une couverture nationale (se rappeler les débuts de Bouygues). Des villes manquent, Paris au premier chef, mais ce n’est effectivement pas une question de mauvaise volonté mais un blocage administratif. Quant au choix d’Orange, bien entendu qu’il y a une question de qualité. Sur ses propres relais, la qualité Free est excellente. Comment imaginer avoir une qualité médiocre des lors qu’il s’agirait de passer par le relais d’un tiers, et surtout comment l’expliquer aux clients alors que le basculement est invisible entre les deux ? XN ne s’en cache pas : les trois MNO ont fait une offre a Free, Orange a été choisi alors que ce n’était pas le mieux disant financièrement.

  • http://www.atypikrevient.fr Atypik

    Pour te donner une piste pour Paris et les grandes villes, j’avais lu que Free, pour être dans les temps,a développé ses antennes sur un réseau cuivré temporaire, le temps de pouvoir investir en profondeur sur la fibre optique. De fait, le réseau cuivré arrive rapidement en saturation et les clients en trop sont basculés chez Orange. Comme le dit très bien XIII, ils ont beaucoup, de freins des municipalités et sont obligés de bidouiller pour pouvoir s’installer en attendant. Quel serait l’interet commercial, économique et financier de développer le rural en premier. A Paris, tu mets une antenne et tu couvres d’un coup des milliers voir des dizaines de milliers de personnes. En province, t’en couvres combien ?

  • http://www.vinzniv.net vinzniv

    Max: correctif de taille, il n’y a que depuis une semaine que l’on raconte que les 3 MNO ont fait une offre à Free pour les accueillir. Il y a un an, la même personne à l’origine de cette rumeur avait déclaré que l’un des 3 MNO n’avait même pas répondu à sa demande. La déclaration d’Esser ces derniers jours, laisse penser que l’offre de SFR n’était pas à l’avantage de Free. Ce n’est pas la qualité du réseau qui a été choisi, c’est la santé du portefeuille.

    Atypik: On ignore les termes du contrat passé avec Orange pour l’itinérance, on sait qu’il est de 1 milliard d’euros sur je-ne-sais-plus-combien-de-temps. Imagine que ce contrat comporte une partie fixe indépendante du trafic (et une provision pour « trafic exceptionnel »). Une fois que tu as cela à l’esprit, que ferais tu si tu étais Free ? Je crois que j’utiliserais au maximum le réseau de mon hôte pour me laisser le temps de déployer mon propre réseau et tout en accumulant un maxim de chiffre d’affaire.

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    Territoire ou population, je reste persuadé que Free profite largement du réseau d’Orange pour assurer un démarrage sans encombres… Même si ça leur coûte cher, une mauvaise qualité de service au démarrage serait désastreuse pour l’image de marque du nouvel opérateur. Ils couvrent donc 27% de la population, mais certainement pas sur des zones comme Paris ou les grandes agglos : là où sont ses abonnés. Comme le dis Vinzniv, ça leur permet de monter leur réseau propre, négocier avec les riverains pour placer leurs antennes… et proposer une qualité de réseau impec là où est la majorité des abonnés : en grande agglomération.

  • https://plus.google.com/103432069351201228862/posts Max

    Vinzniv, le fait que les trois MNO aient fait une proposition à Free va au delà des racontars. Il s’agit d’une affirmation de XN lors de son audition devant l’Assemblée Nationale, audition qui est par ailleurs disponible en intégralité en vidéo. Et ce qui s’est passé il y a un an est sans doute vrai aussi. Stratégiquement, ça se tient. Quel MNO viendrait spontanément proposer son réseau à un nouvel entrant et futur concurrent pour lui faciliter la tâche ? Sauf à se rendre compte qu’il y a un engouement énorme pour le nouvel opérateur alors même que rien n’est dévoilé sur les offres, que de toutes les façons, à défaut d’accord commercial, un accord serait imposé par l’ARCEP, l’itinérance faisant partie des clauses de la licence, et que quitte à perdre des abonnés, il est préférable de compenser le manque à gagner en louant son réseau. Pour la suite, d’un point de vue toujours stratégique, louer son réseau à ce nouvel entrant est un bon moyen pour affaiblir ses concurrents tout en sortant son épingle du jeu, financièrement parlant. Les 3 MNO avaient intérêt à se prononcer, même si les propositions ont pu être tardives. Pour rappel, cet accord d’itinérance n’était à l’origine prévu uniquement pour la 2G. Orange et Free ont signé en mars dernier un accord qui portait tant sur la 2G que la 3G. Vu l’absence d’obligation sur la 3G, on peut estimer qu’il s’agit bien d’un choix stratégique de la part d’Orange. Et pour finir de s’en convaincre, il n’y a qu’à voir l’absence d’animosité entre Orange et Free, les excellentes relations techniques entre les deux. Orange y gagne, Free aussi. Bouygues et SFR sont lésés et font tout pour dénigrer Free, et dans une moindre mesure Orange. En conclusion, Free a fait le choix de contracter avec un MNO plus cher, mais qualitativement meilleur, avec une vision à court, moyen et long terme : pas question de se gaufrer au démarrage (Pierre je rejoins ton analyse, sans toutefois vouloir faire tomber Free de sa position : sans cet accord, sans cette volonté, nous ne connaîtrions pas le bouleversement qui se joue actuellement dans la téléphonie mobile. Free reste pour autant une entreprise, pas une oeuvre caritative. Toutefois, il me semble qu’elle agit plus justement en privilégiant ses clients), besoin de gonfler son porte-feuille de clients pour stabiliser les investissements de départ (en particulier les switchs et autres plateformes de MMS), continuer l’investissement dans le réseau d’antennes relais à l’aide du cashflow (endettement minimal), dégommer la concurrence ou au moins la pousser dans ses retranchements avec de nouveaux services innovants.

    Atipik : le soucis de Free Mobile pour Paris n’est pas de passer de la fibre, Free et la ville de Paris disposes d’un accord pour faire usage des égouts pour le déploiement horizontal. Le réseau Free Mobile et le réseau de fibre de Free ne faisant qu’un, ce n’est pas le soucis. Le soucis c’est le blocage par la ville de Paris depuis octobre dernier, lui même déclenché par la Fédération Française des Télécom refusant de s’accorder sur le renouvellement de la charte parisienne de la téléphonie mobile, allant jusqu’à menacer le démantèlement de près de 200 antennes relais, tous opérateurs confondus. Pour revenir à la fibre, il suffit de jeter un oeil à la carte du déploiement pour se rendre compte que les points de présence à Paris intra-muros sont nombreux.

  • Yoyo

    Paris n’est pas la France ! Et si Free n’est effectivement pas présent à Paris à cause de blocages de la municipalité. Il est évident que Paris est en théorie la partie la plus facile, la moins couteuse et la plus rentable de la France.
    Seulement, Free (et aussi les autres) n’ont plus le droit de poser d’antennes ! Ce qui limite beaucoup le déploiement.

  • http://nainsportentnawak.net Zep

    heu… la décision du Conseil de Paris d’interdire de mettre de nouvelles antennes est très récent… Free avait largement le temps, avant, de poser ses antennes…