Marine Le Pen a remporté une première manche dans sa bataille pour réviser la loi de 1976 sur les parrainages nécessaires à tout candidat à la présidentielle. Elle réclame à cors et à cris que les parrains, élus de la République, puissent parrainer anonymement leur candidat. Selon elle, de nombreux élus craindraient des représailles en cas de tentation FN. Elle a peut être raison… toutefois, de nombreux élus ne la soutiennent pas pour d’autres raisons. Les valeurs de xénophobie portées par le parti nationaliste ne sont peut être pas du goût de tout le monde.
Personnellement, je reste favorable à la transparence totale. Parrainer pour l’élection présidentielle n’est pas voter. C’est un engagement public, qui devrait être assumé par tous les élus, obligatoirement. L’élu n’est un citoyen comme les autres dans ce genre de débats : il est une personne publique. Je veux savoir pour qui les élus de la République, élus démocratiquement, affichent leur soutien. Je serai le premier à vouloir sanctionner mon maire s’il accordait son soutien à un parti comme le Front National.
Au lieu d’éructer, geindre et menacer sur les plateaux télé, Marine Le Pen et ses cadres feraient mieux de réfléchir comment obtenir ces signatures : proposer un programme concret ou remporter des élections locales… Mais je ne me fais pas de souci pour elle. Marine Le Pen a ses signatures et, comme pour chaque élection, elle feint la comédie. A moins que sa stratégie soit plus fine : en ne pouvant participer à la présidentielle, elle obtiendrai de facto une sympathie populaire qui la propulserait aux prochaines législatives… Le Pen vise-t-elle réellement la présidence ?
