Legally Blonde (la revanche d’une blonde) a une part importante dans ma passion pour les comédies musicales : c’est le premier show que j’ai pu voir. Certes, je n’ai pas pu le voir sur scène, mais une diffusion exceptionnelle sur MTV permettait de découvrir – chose extrêmement rare – le spectacle en vidéo. Je me rappelle à l’époque avoir été époustouflé par le talent qui se dégageait : interprétation, chorégraphies, scénographie, décors… un véritable show ! J’ai donc été très enthousiasme quand j’ai appris l’arrivée de la version française sur les planches du Palace.
L’histoire est adaptée de celle du film : Elle Wood est une jeune fille superficielle, leader de la confrérie des Delta Nu. Lorsque son copain la plaque pour aller à Harvard, la jugeant pas assez sérieuse et incompatible avec ses ambitions, elle décide de tout faire pour le rejoindre… là bas, les ennuis commencent !
Que vaut « La revanche d’une blonde » VF ? Le bilan est, avouons-le, mitigé.
Les Français ne savent pas faire de musicals
Disons-le tout de suite : la France n’a pas la culture de la comédie musicale. Quand les shows de Broadway ou du West End londonien attirent les foules pendant de nombreuses années, nous avons, nous, du mal à remplir les salles. Les Français préfèrent le théâtre. Du coup, en dehors de quelques productions à Mogador (Le Roi Lion, Mamma Mia ou le futur Sister Act), les comédies musicales « à la française » manquent cruellement de moyens et/ou se jouent dans des salles inadaptées à ce type de spectacle. La comédie musicale façon Broadway est bâtie pour en mettre plein la vue : le talent des comédiens est une chose, mais le décorum fait aussi parti du jeu.
La revanche d’une blonde au Palace souffre donc d’un manque de moyen évident – soyons honnêtes – de tares à la limite de l’acceptable. Comment comprendre un spectacle quand les micros sont mal réglés, fonctionnent mal (ou pas du tout) ou quand l’orchestre couvre les voix des interprètes ? Comment être ébahi quand les décors sont aussi cheaps ? Même Cendrillon, production plus modeste dans laquelle un pote à joué, avait de plus jolis décors ! On est loin – très très loin – de la grandiloquence du show anglo-saxon. Ne parlons pas de la bande-son qui, sans être mauvaise (loin de là), souffre aussi de la comparaison !
Sur scène, les performances sont très inégales. Dans l’ensemble, j’ai trouvé le cast très jeune, y compris pour interpréter des rôles plus matures. Petite déception aussi sur les choix physiques… Certains rôles, dans le show original, étaient attribués à des interprètes canonissimes (j’ai un souvenir ému du « Hey everybody, it’s the spring fling beer bash extreme ! » dans la VO)… Le plaisir des yeux est moins soutenu ici (OK, c’est très pédale, mais complètement assumé !).
Tout n’est pas perdu !
Le spectacle est toutefois sauvé par l’interprétation de ses acteurs principaux. Aurore Delplace joue Elle Wood avec pêche et talent, que ce soit en chant, en jeu ou en danse. Présente dans quasiment tous les tableaux, elle porte à elle seule une partie du show. Deux interprètes ont aussi retenu mon attention : Lina Lamara dans le rôle de Paulette (la coiffeuse) et Julien Salvia dans le rôle d’Emmet. OK, j’ai surtout repéré Emmet au sourire… mais il assure aussi côté voix.
La revanche d’une blonde est, de surcroit, un show plein d’humour, d’idées et de références. On rigole de bon cœur tout au long des deux actes face aux réparties d’Elle, son décalage avec Harvard et sa candeur indécrottable. Les musiques « Gay ou Européen », « Cambre et claque » restent en tête bien après le spectacle. On rigole et on passe un bon moment… n’est-ce pas le but ?
Mais alors ? Tu as aimé ?
Si « La revanche d’une blonde » souffre de la comparaison avec son pendant anglo-saxon, il reste un show très agréable, mené avec dynamisme et humour. Certains aspects techniques, notamment le son, restent toutefois inexcusables et j’espère que la prod fera des efforts au fil des représentations. Bravo, un grand bravo à Aurore Delplace qui reprend brillamment le rôle joué à l’origine par Laura Bell Bundy à Broadway. Il serait bon que les producteurs gardent à l’esprit qu’une comédie musicale est un show à part entière… Mais malheureusement, à part Mogador, il n’y a quasiment aucun lieu à Paris comme en France peuvent accueillir de telles productions.












Nous y voici ! Le premier tour de l’élection présidentielle est là. Cette année, l’abstention semble – à juste titre – au coeur des débats. On l’évaluerait à 30%, soit 1/3 des électeurs. Dans un pays démocratique, je suis tenté de dire que ne pas assumer son devoir citoyen est une pure connerie. Le droit de vote a été acquis de longue haleine. C’est une chance, enviée par les peuples de nombreux pays. C’est peut être moralisateur, mais j’assume complètement mes propos. Vacances, mauvais temps, manque de motivation, désintérêt : rien ne saurait justifier l’abstention dans un pays comme le nôtre.




Ayé ! Enfin ! Notre cher (très cher) président-candidat a annoncé son programme hier devant un parterre de journalistes. Après avoir vu sa prestation, je comprends pourquoi il a mis tant de temps à l’annoncer ! Aucune surprise, pas de one more thing… rien. Si ce n’est quelques mesurettes ou effets d’annonce. L’élan de 2007 où Sarkozy dominait le débat et imposait ses idées est rompu.

