Assemblée NationaleLe gros Le Pen était l’invité de France 2 jeudi soir pour un face à face avec le public. Comme d’habitude, il nous chante la même sérénade, années après années. Derrière le masque social qu’il tente de conserver, on retrouve des arguments très à droite… D’ailleurs, j’ai été surpris de voir que le candidat UMP n’était pas si éloigné de lui sur les sujets économiques.

Finalement, c’est quoi être de droite ou être de gauche ? Dans une vidéo diffusée sur le site de mon Toon, Laurent Ruquier expliquait qu’être de gauche, c’est accepter de partager son revenu pour faire vivre les services publics et aider ceux qui ont moins de chance. En face, il y a la droite qui prétend plutôt conserver un statut quo. Dès la Révolution, les bourgeois, enrichis grâce au commerce, ont voulu conserver (ou renforcer) leurs acquis. Ils se sont rapidement placés à la droite du premier hémicycle.

Au risque de paraître provocateur, que l’idéologie de droite prône avant tout l’hédonisme et le chacun pour soi. J’irai même plus loin en parlant de darwinisme : les plus forts s’enrichissent et accèdent au pouvoir car ils l’ont mérité. Les autres ne sont pas assez fort. L’Etat ne doit pas être mis à profit pour aider les gens et se concentrer sur ses missions régaliennes (justice, armée, police). Cette vision est frappante à la fois chez Le Pen et Sarkozy. Pour l’un et l’autre, les chômeurs sont considérés au mieux comme des assistés et au pire comme des feignants. De mon temps on se levait et allait au turbin beugle même Le Pen face caméra. Sarkozy, plus doucereux, préfère louvoyer en incitant les vilains assistés à accepter n’importe quoi. La valeur travail est louée et tous expliquent que n’importe qui, pour peu qu’il soit valeureux, est capable de réussir.

Pour moi, cette évidence est fausse. L’éducation, le milieu social ou la résidence géographique creusent les inégalités dès la naissance. On sait déjà qu’un enfant de cadre aura plus de chances de réussir dans la vie que celui d’un ouvrier (ou pire : d’un banlieusard du 93). Des exemples prouvent pourtant qu’on peut s’élever, mais ils sont peu nombreux.

Etre de gauche, c’est accepter qu’il existe des inégalités dans notre société et que l’Etat doit intervenir pour les réguler. C’est accepter la mise en place de services publics permettant à tous d’accéder à l’éducation, à la médecine ou à la culture dans des conditions acceptables. C’est se battre pour éviter de laisser des gens sur le chemin. Pour autant, être de gauche ne doit pas faire sombrer dans l’angélisme. L’Etat et les collectivités doivent intervenir dans la société mais de manière efficace et rigoureuse. C’est s’assurer que l’argent dépensé en allocation ou aides diverses n’est pas utilisé de manière frauduleuse. C’est se battre pour un impôt juste et correctement réparti.

Pourquoi redistribuer ce que j’ai durement gagné ? Après tout, j’ai fait des efforts pour avoir ce que j’ai et eux ils n’ont rien fait ! La ritournelle revient souvent au cours des repas avec les gens de droite. Parfois, il suffit de réfléchir pour s’apercevoir qu’ils doivent leur statut à leurs parents, à une bonne éducation, etc. et qu’ils n’auraient peut-être pas eu la même chance en partant dans la vie avec un jeu différent.

Pour faire court, je suis de gauche car je crois en une société solidaire. Le chacun pour soi est une valeur d’un autre temps…