Boules de cristal et marc de café
Par Zep le jeudi 22 février 2007, 13:05 - Popolitique - Lien permanent
Oubliant (momentanément je l’espère) ses problèmes de bus, Timy aborde le sujet des sondages lors des élections. Avec la verve qu’on lui connaît, il démonte ces astrologues du chiffrage et leurs bourdes monumentales (à noter une réponse de la soeur de Timy dans ses commentaires que je trouve très pertinente !=. Ils prévoyaient la victoire de Balladur en 95 ? Raté ! Ils ont annoncé un match Jospin / Chirac en 2002 (avec avantage Jospin) ? Bam ! On se tape Gros Pen au second tour ! Après de telles erreurs, j’avais eu l’espoir qu’ils arrêtent enfin de polluer les esprits et la jouent profil bas.
Que nenni ! Ils persistent et signent ! La présidentielle 2007 leur offre, à nouveau, un terrain idéal pour leurs prédictions. Les médias s’arrachent leurs pronostiques dignes de Nostradamus : Ségolène monte, rattrapée par Sarkozy et ho surprise ! Voici Bayrou ! Il y a fort à parier que les marabouts Sofres ou CSA seront contredits par la réalité des urnes.
Je pense que les sondages ne devraient pas être autorisés en période d’élection. Ils influencent les électeurs et cannibalisent les idées des candidats. Je suis même persuadé qu’une grande majorité d’électeurs penchent « pour l’éventuel gagnant » prophétisé par les dernières enquêtes d’opinion. De plus, leur neutralité n’est absolument pas confirmée… Après tout, TF1 s’avoue être « neutre » !
Chaque citoyen majeur est censé pouvoir voter « en son âme et conscience » pour un homme (une femme) en fonction de ses opinions, du programme proposé, des idées, etc. et non en s’appuyant sur de la poudre de Perlimpinpin. Ok… quand on voit certains électeurs (notamment dans les émissions culturelles de TF1 comme « la roue de la fortune »), on a parfois envie de leur enlever leur carte d’électeur…
Qu’en pensez-vous ? Pour ou contre les sondages ?

Commentaires
On ne peut pas vraiment être "pour ou contre", parce que de toute manière ils continueront d'exister, d'être nécessaires dans le moral des gens, et que même s'ils se plantent car ne sont pas fiables, c'est encore ce qui parle le plus aux gens.
Imagine le désarroi du français de base, aujourd'hui, si nous n'avions AUCUNE idée chiffrée, même fausse, des potentialités éléctorales ?? Ce serait l'angoisse, ça rassure les gens de prévoir les choses.
C'est comme les horoscopes, ça ne sert à rien, mais ça rassure tous ceux qui les lisent
PS : et puis, ça crée de l'emploi, non ? :D Ok, je sors.
Contre, 1000 fois contre !
Les chiffres ne sont pas fiables en matière électorale (c'est démontré depuis des lustres) et sans chiffres, il serait toutefois possible de faire des analyses quant à la présence au non de tel ou tel candidat et de l'influence que cela pourrait avoir sur tel ou tel autre au moment de passer aux urnes, confronter les programmes par rapport aux attentes des citoyens, et surtout éviter d'infléchir le choix des indécis qui iront voter parce que c'est un devoir, mais voteront pas défaut : "tiens, x% des français votent pour Untel, je peux donc voter aussi sans honte pour lui" ou encore "Untel ne me plait pas spécialement et comme il y x% d'intensions de votes pour Autretel je vais marquer ma contestation en lui donnant également mes voies". Et quand on sait que la majorité des français n'a pas encore décidé de façon ferme pour qui voter, moi ça me laisse songeur, limite ça m'inqiuète (le premier tour c'est dans deux mois !)
Bref, à mon sens ce n'est pas le vent que brasse les candidats dans les médias qui fait tourner les girouettes mais la tempète des chiffres. Le pire, c'est que certains s'en contentent.
Mathieu > Tu ne crois pas justement que les candidats se cachent derrière les chiffres et tirent profit du fait que les français se contentent de chiffres pour ne pas se montrer plus pugnaces dans leurs programmes et leurs propositions ? Dormez bonnes-gens, dormez...
Ah mais moi je ne me fie pas aux sondages
Après, si les gens sont bêtes, manipulables et anxieux, "c'est leur problème"
Si ça existe, c'est qu'il y a une demande.
Mathieu > Le soucis, c'est que le choix fait par "les gens" influencera la vie de tous.
@Mathieu : les sondages auraient un effet anxiolytique pour tous les pauvres citoyens perdus dans la jungle électorale ? Intéressant comme théorie... Le pire, c'est que c'est certainement ça ! Ils ne servent qu'à rassurer et donner un cadre "stable" aux semaines précédent la campagne. Mais je suis partisant de leur suppression tout de même. C'est comme le vote obligatoire, faut parfois imposer des trucs pour faire avancer le débat !
Concrètement, il n’est pas possible de les interdire, donc vaut il mieux les réserver aux initiés (à l’establishment comme dirait Gros-Pen) ou en faire profiter tout le monde ?
A mon avis, ce n’est pas réellement les sondages en eux-mêmes qui posent problème, mais plus l’interprétation et l'importance que leur donne les médias et leur nombre (il en tombe tous les jours actuellement). A deux mois du premier tour, mise à part les français politisés (ils sont minoritaires et ne font pas l’élection) beaucoup d’électeurs ne savent pas réellement pour qui ils vont voter : ils ont bien d’autres sujets de préoccupation dans la tête pour se concentrer sur la question.
Traditionnellement, l’électorat conservateur plus discipliné se cristallise plus tôt que l’électorat progressiste qui se tâte plus longtemps, hésite entre logique de gestion et logique rupture, entre transformation sociale et révolution, qui brandit la menace du vote révolutionnaire pour faire payer les socialistes de ne pas avoir été suffisamment à gauche à leur dernier passage au gouvernement et qui veut encore faire monter la pression pour incliner un peu plus vers la gauche ceux que beaucoup considèrent comme trop libéraux.
Les sondages commencent à avoir un sens dans les derniers jours de la campagne, lorsque le vote utile à gauche est intégré, que ceux qui ont décidé de faire payer les sortants se sont décidé … bref lorsque le vote est devenu l’actualité de l’électeur et non seulement des politiques, de leurs supporters et de leurs observateurs. D’ailleurs le jour de l'election les sondages sortie des urnes sont d’une précision assez sidérante.
Je suis convaincu qu'au moment du vote du second tour, les électeurs ne cherchent pas réellement à être dans le camps des gagnants, les français aiment les ceux qui sont donner perdant, il cherchent l'équilibre et ne refuse de donner un carte blanche au gagnant.
Plutôt d'accord sur le fait que les leçons du passé n'ont pas été tirées. Aussi d'accord sur le fait de ne pas publier d'opinion pendant 2 semaines avant le jour de l'élection (je crois que pour 2002, on avait publié des sondages encore assez tardivement).
Cependant, pour défendre les stats (c'est mon métier), ce qui passe souvent à la trappe dans les médias (quels qu'ils soient) c'est la légende qui va avec la publication de ces chiffres. Ce qu'il faut y voir, n'est qu'une TENDANCE à un moment DONNE et non à t*, le jour de l'élection. Les modèles des instituts de sondage se trompent et ils s'en justifient de cette manière, tout en essayant d'améliorer leurs modèles. Toute la difficulté des stats est là et malheureusement les médias les interprètent mal : ce n'est pas de la prédiction, il s'agit d'une estimation, d'une tendance, avec tous les inconvénients (population non exhaustive, population indécise, échantillon non représentatif, strates mal estimées...). Même les instituts occultent ces définitions, c'est vrai que c'est inadmissible. Pour ceux qui ont le courage : les tenants et aboutissants des sondages d'opinion, ici : http://ikkkare.free.fr/Images/sonda... C'est un document qui circule chez nous en ce moment et dont la dernière partie est pile consacrée à ça... (le lien était dispo sur une revue de la CGT, mais ça m'a fait planté Firefox 2 fois)
@ Max > "Et quand on sait que la majorité des français n'a pas encore décidé de façon ferme pour qui voter, moi ça me laisse songeur, limite ça m'inqiuète (le premier tour c'est dans deux mois !)" >> Ce qui est inquiétant ce sont les débats accessibles au Français Lambda qui entraîne cette absence de choix. On vient à peine de rentrer dans la campagne, laissons les politiques les (nous) convaincre.
la fin de mon message est incompréhensible , je recommence :
Je suis convaincu qu'au moment du second tour, les électeurs ne cherchent pas réellement à être dans le camps des gagnants, les français aiment ceux qui sont donné perdant, il cherchent l'équilibre et la modération du score et refusent de donner carte blanche au gagnant.
Au risque de bcp te decevoir Zep... JE NE PREND PLUS LE BUS EN CE MOMENT !
Bah oui j'ai recuperé la voiture de ma soeur, et sinon vu qu'il fait beau je fais mes trajets a pieds ! (car je suis phobique de conduire et je suis un ecolo dans l'ame)
Je pense qu'en 2002, pas mal de votants FN l'ont fait avec l'idiote intention de faire peur au pouvoir en place et en se disant que, vu les sondages, LePen ne passera pas de toute manière... sauf que ... badaboum.
Au-delà de l'influence que les sondages peuvent avoir sur les electeurs, il y aussi celle provoquée chez les candidats : regardez comment Bayrou se fait démonter par PS/UMP depuis qu'il a dépassé les 15%. Je pense que le débat serait plus intéressant sans ces chiffres. L'ensemble des candidats, sans aucune vision des intentions de vote, serait bien obligé de faire leur boulot, c'est à dire apporter des réponses et des solutions à un maximum de questions et de problèmes. Et pas seulement orienter leur travail en fonction de statistique d'opinion.
Je partage un peu l'analyse de Mikem. Les sondahes en 2002 avaient prévus la montée de Le Pen mais on ne pouvait pas le dire. Je suis pour une "transparence totale" à ce niveau-là.`
Alors certes, les sondages font naître des sentiments anxiogènes parfois, on ne lit pas les légendes, on oublie que parfois les sondés ne donnent pas non plus leur vraie opinion... cela reste une tendance.
Mais je pense qu'il ne sert à rien de les cacher, i.e. 2002.
Ce ne sont pas les mêmes socialistes qui critiquent maintenant les sondages, alors qu'ils étaient, ces mêmes sondages, l'un de leurs principaux arguments pendant l'investiture interne au PS ? Pour montrer combien SR était aimé des français ?
Le problème, ce ne sont pas les sondages, plutôt bien faits dans leur ensemble, bien qu'on puisse les diriger. Mais plutôt les "analystes", les politiques, les journalistes pour qui les sondages sont devenus indispensables. Un journaliste ne devient plus qu'un commentateur de sondages, pas trop compliqué comme boulot, les analyses de fond attendront ! Les politiques ? Ceux de la nouvelle génération les adorent : les français font ressortir via les sondages qu'ils veulent du respect ? On balance le respect à toutes les sauces. Résultat : la gauche et la droite, sur la forme utilise les mêmes mots, le même langage, les mêmes mots-clés. La spontanéité dans tout ça ?