Le Roi Sarkozy

« Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ? (...) Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (...) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment ! »

Cette joyeuse citation de Nicolas Sarkozy, proférée entre les deux tours de l’élection présidentielle et relatée par Yasmina Reza dans son livre L'Aube, le soir ou la nuit, n’en finit pas de faire parler les Bretons. La vague rose qui s’est répandue en Bretagne dès le premier tour n’est sans doute pas étrangère au courroux de notre Président bien aimé.

Je n’ai pas un esprit particulièrement chauvin et trouve que les frontières comptent certainement parmi les inventions les plus stupides de l’Humanité. L’exaltation de la patrie m’agace et je rêve plus d’un monde utopique où les Hommes se sentiraient avant tout humains avant d’être français, américains ou chinois… Quand j’observe le chauvinisme exacerbé qui entoure les grands événements sportifs, je me dis qu’on en est encore (très) loin.

J’aime la Bretagne, mais ne me sens pas particulièrement breton dans l’âme : la cornemuse détruit mes oreilles et le grand retour de la langue bretonne me fait chier. J’ai gardé un fort attachement pour Lorient qui, malgré sa laideur de ville reconstruite, a un certain dynamisme. De plus, c’est la ville qui m’a vu grandir.

Pourtant, cette déclaration me heurte. Je n’ai pas de fierté particulière d’être Breton mais, quand on attaque ma région, je montre les dents. Si en plus c’est Nicolas Sarkozy qui est à l’origine de l’attaque, je ne vais pas fermer ma gueule.

Cher Président, les élus locaux UMP auront beau vous trouver toutes les excuses possibles et imaginables, votre perte de sang froid et vos propos orduriers sont indignes d’un homme d’État, garant de l’unité de la nation. Je réagis en Breton, mais j’aurais soutenu un basque ou un ardéchois si vos propos leur avaient été destinés. Je ne sais même pas quel but vous poursuivez en laissant filer de tels propos dans un livre presque « officiel »…

Une chose est sûre : le « connard » de breton que je suis vous CENSURE et je suis certains qu’une bonne partie de la Bretagne pense de même. Nous vous attendons avec plaisir lors de votre prochain déplacement sur nos terres.

note : officiellement et d'après l'Elysée, Nicolas Sarkozy "n’a jamais tenu ces propos. Il aime la Bretagne et il apprécie les Bretons.". On se demande alors comment l'Elysée a pu laisser passer une telle énormité dans un livre...