"Sexisme", "racisme". Les mots ne sont pas assez durs pour contrer la diatribe de Jospin à son encontre. A croire que Ségolène n'a pas compris que la technique que victimisation a été usée et usée encore pendant des années par Le Pen (puis par Sarkozy et elle-même). Aux dernières élections, elle est passée en tête car l'électorat avait besoin d'air. Les électeurs souhaitaient rompre avec les "éléphants" de gauche et dinosaures de droite. Nicolas et Ségolène ont tous deux joué les acteurs de ce renouveau en portant des espoirs nouveaux. Des espoirs...

Malheureusement, l'un préparait sa prise de pouvoir depuis de nombreuses années, avait patiemment tissé sa toile en ralliant les personnalités et les médias derrière son étendard et possède - avouons-le - un talent indéniable pour faire vibrer les foules. La beauté du Diable serais-je tenté de dire.

En face, Ségolène devait combattre avec un programme qu'elle n'a jamais voulu s'approprier, ignorant les conseils de son parti "pour préserver son indépendance". Cette indépendance, si chèrement voulue, l'a totalement isolée au centre de son cercle de fidèles. On se souviendra de ses discours inaudibles et sa voix épouvantable. Pourtant, le projet de société qu'elle proposait d'un côté et les idées du parti de l'autre aurait pu être un formidable tremplin si une synthèse compréhensible avait été voulue. Nicolas Sarkozy pouvait, lui, se permettre de ranger tout le monde derrière sa petite personne : il était le chef du parti, leader incontesté, grande gueule affirmée, etc. Ségolène était dès son intronisation critiquée dans ses propres rangs... Puis vinrent les cafouillages, le manque de clarté... Dommage, je me reconnaissais dans beaucoup d'idées... Je souhaitais vraiment une nouvelle donne sociale en responsabilisant toutefois tous les acteurs.

Les français, lassés ou par tant de complexité et de cafouillages, ont préféré le langage simpliste simple : "travaillez plus pour gagner plus", etc.

Ségolène n'a pas à se soustraire aux critiques des membres du PS sous prétexte qu'elle est une femme. Elle a merdé à plusieurs reprises. Reconnaissons-lui son moral d'acier car elle a certainement plus enduré que n'importe quel homme politique. Mais certains de ses choix personnels son discutables. Qu'elle assume !