Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font
Par Zep le lundi 17 septembre 2007, 22:40 - Popolitique - Lien permanent
"Sexisme", "racisme". Les mots ne sont pas assez durs pour contrer la diatribe de Jospin à son encontre. A croire que Ségolène n'a pas compris que la technique que victimisation a été usée et usée encore pendant des années par Le Pen (puis par Sarkozy et elle-même). Aux dernières élections, elle est passée en tête car l'électorat avait besoin d'air. Les électeurs souhaitaient rompre avec les "éléphants" de gauche et dinosaures de droite. Nicolas et Ségolène ont tous deux joué les acteurs de ce renouveau en portant des espoirs nouveaux. Des espoirs...
Malheureusement, l'un préparait sa prise de pouvoir depuis de nombreuses années, avait patiemment tissé sa toile en ralliant les personnalités et les médias derrière son étendard et possède - avouons-le - un talent indéniable pour faire vibrer les foules. La beauté du Diable serais-je tenté de dire.
En face, Ségolène devait combattre avec un programme qu'elle n'a jamais voulu s'approprier, ignorant les conseils de son parti "pour préserver son indépendance". Cette indépendance, si chèrement voulue, l'a totalement isolée au centre de son cercle de fidèles. On se souviendra de ses discours inaudibles et sa voix épouvantable. Pourtant, le projet de société qu'elle proposait d'un côté et les idées du parti de l'autre aurait pu être un formidable tremplin si une synthèse compréhensible avait été voulue. Nicolas Sarkozy pouvait, lui, se permettre de ranger tout le monde derrière sa petite personne : il était le chef du parti, leader incontesté, grande gueule affirmée, etc. Ségolène était dès son intronisation critiquée dans ses propres rangs... Puis vinrent les cafouillages, le manque de clarté... Dommage, je me reconnaissais dans beaucoup d'idées... Je souhaitais vraiment une nouvelle donne sociale en responsabilisant toutefois tous les acteurs.
Les français, lassés ou par tant de complexité et de cafouillages, ont préféré le langage simpliste simple : "travaillez plus pour gagner plus", etc.
Ségolène n'a pas à se soustraire aux critiques des membres du PS sous prétexte qu'elle est une femme. Elle a merdé à plusieurs reprises. Reconnaissons-lui son moral d'acier car elle a certainement plus enduré que n'importe quel homme politique. Mais certains de ses choix personnels son discutables. Qu'elle assume !

Commentaires
comme l'a si bien dit arnaud montebourg, le PS ferait mieux de réfléchir, si, si, ça sert, pour proposer un projet intellectuel et politique afin de moderniser la société française au lieu de gaspiller temps et salive pour se tirer dans les pattes ! Les réglements de comptes se font en interne, sinon le PS fait le jeu de Sarkozy !!!
en + les critiques les plus virulentes viennent de personnes aigries, jalouses, dont un certain L.J., qui n'a même pas passé le 1er tour de l'élection de 2002. Pour mémoire la candidate de cette année a obtenu 2 fois plus de suffrages que lui au 1er tour et 3 fois + au second. Je crois que Lionel ferait bien de suivre son caprice de 2002, en se retirant définitivement de la vie publique, donc pas d'interviews, pas d'allocutions, pas de livres. Il a abandonné la gauche en pleine bataille en 2002, sa légitimité s'est éteinte à ce moment là. En + si on doit se coltiner ses vieux couteaux comme Vaillant, Aubry, Delanoe...non merci.
@clinda : le contexte de 2002 n'était pas celui de 2007... On peut difficilement comparer ces deux dates ! Etant feignant, je recopie ici le commentaire de XIII à ce sujet :
En 1995, Lionel Jospin est arrivé en tête au premier tour, avec 23,30 % des suffrages (soit 2,5 points de plus que Jacques Chirac, arrivé second), et a recueilli 47,36 % des voix au second. En 2007, Ségolène Royal est arrivée seconde au premier tour, avec 25,87 % des voix (loin, très loin derrière le premier, Nicolas Sarkozy, qui a recueilli 5,3 points de plus qu’elle) et a attiré 46,94 % des suffrages au second.
On a donc une bien meilleure performance de Lionel Jospin par rapport à celle de Ségolène Royal, dans une élection comparable (2002 est un accident de l’histoire). Un dernier petit “détail” : Lionel Josin a réalisé ces bonnes performances en 1995, après 14 ans de présence socialiste à l’Elysée, donc dans un contexte défavorable. Ségolène Royal, elle, a réalisé ces performances médiocres en 2007, après 12 ans de présence de Jacques Chirac à l’Elysée, donc dans un contexte nettement plus favorable.
Alors oui, Jospin est mort politique. ça n'empêche pas qu'il puisse donner un avis. Quant à Montebourg... bref... il est mal placé pour donner des leçons lui !tout ça me laisse sans voix...
ouais mais c'est qd meme une femme;)
Pas un pour racheter l'autre... on dirait le coeur des pleureuses de tous les côtés, c'est pathétique!
La controverse actuelle est pitoyable et indigne, pour moi Jospin n’a aucune leçon à donner : quelque soit le contexte de 2002 sa défaite dès le premier tour était un échec historique pour la gauche en plus d'être une défaite personnelle et son départ avant les législatives une faute qui a gravement nuit à son camps.
Quant à Royal elle s’est plantée à une élection que la gauche devait gagner, elle doit assumer sa défaite personnel sans minauder ni chercher des excuses. Il faut aujourd’hui aller de l’avant, se donner un projet et un leader à la hauteur des enjeux du pays: Jospin et Royal devraient plutôt se faire discret et jouer collectif plutôt que de donner le spectacle de ce week-end.
Juste une précision, si l'on prend les résultats en nombre de voix:
lionel Jospin au 1er tour 1995: 7.098.191voix/23,30%
puis au second tour : 14.180.644 voix/47,36%
Segolene royal au 1 er tour 2007 : 9 500 112 voix/25,87%
puis au second tour :16 790 830voix/46,94%
quant à 2002 Jospin a t-il une remarque à faire sur le candidat de l'époque?