IncendieMon Toon se pose de questions sur le financement de la Sécu… Personnellement, je me préoccupe plutôt sur son sort ! Les mesures annoncées pour combler le déficit, alliées à la mise en place de franchises donnent un signe inquiétant pour l’avenir de cette vieille dame.

Ne nous leurrons pas : il y a dans les bancs de la majorité de nombreuses personnes qui rêvent de dépecer notre système de santé publique. Certains « amis » patrons pressent le gouvernement de substituer les assurances privées à notre Sécurité Sociale. Claude Bébéar, P.D.G. d’Axa et proche de Nicolas Sarkozy, le souhaite depuis plus de 10 ans. Malheureusement pour lui, la Sécu n’est pas encore assez en mauvais état pour lui imposer ce remède de cheval.

Pour y remédier et faire plaisir aux copains, notre gouvernement emploi la bonne vieille méthode du « laisser pourrir ». Une technique qui a déjà fait ses preuves dans le passé. Elle est très simple. Prenez un service public, privez-le de moyens, placez un encadrement incompétent, laissez s’installer un mauvais climat social et laissez pourrir. Rapidement l’élu claironnera ensuite que le service public est inefficace et que seul le privé pour rétablir la situation. Les usagers excédés crient "Amen !". Vous n’y croyez pas ? Comment croyez-vous que certains élus locaux ont concédé la gestion de l’eau au privé avec autant de facilité ? Les administrés ont rarement gagné au change !

Revenons à Dame Sécu. Le gouvernement annonce des mesurettes d’un côté, mais augmente les honoraires des médecins de l’autre. Pour laisser crever la Sécu, il n’y avait pas mieux !

Ensuite, pour mieux préparer la population aux joies de l’assurance privée, on instaure les franchises. Un euro pour commencer… puis plus… On conditionne progressivement le futur client à débourser de sa propre poche.

Au risque d’en énerver plus d’un, je ne suis pas sûr que le privé soit la panacée. De nombreux services municipaux en régie ont prouvé qu’ils pouvaient être aussi efficaces et rentables que le secteur privé… et sans être subventionnés ! Une grande ville du Morbihan propose une cuisine centrale dont le coût est inférieur que n’importe quelle entreprise privée. Cerise sur le gâteau : les gosses bouffent bio !

Le service public a de nombreux atouts. Encore faut-il que les élus prennent leurs responsabilités, embauchent correctement les bonnes personnes, managent leurs troupes… Bref, qu’ils se comportent en employeurs !

Je suis persuadé qu’on pourrait sauver la Sécu en cherchant bien… Encore faut-il que les élus du peuple le souhaitent vraiment !