L’actuel numéro de Têtu dévoile, au hasard des innombrables pages de publicité, un article intéressant sur le grand retour des croisés de l’Ordre Moral en Europe. L’apparente évolution des mœurs a endormi la vigilance… Pourtant, ils ne désespèrent pas de revenir au pouvoir pour appliquer leurs idées.

En France, l’Eglise n’a jamais digéré la naissance de cette République laïque. Certes, de nombreuses personnalités catholiques s’en accommodent parfaitement, mais les hautes sphères aimeraient bien renouer le spirituel et le temporel… Ils savent que la société a changé et ne souhaite pas revenir en arrière. Alors, ils avancent à pas feutrés, noyautant les élites et plaçant les fidèles aux postes stratégiques.

Le Vatican s’appuie pour cela sur ses réseaux politiques et son bras armé : l’Opus Dei. Cette mouvance ultra-catholique, « Œuvre » née sous le règne du général Franco en Espagne, gère un véritable trésor de guerre et s’emploie à rétablir le pouvoir de l’Eglise au cœur des états. L’Opus Dei compte dans ses rangs des décideurs, des chefs d’entreprise ou des universitaires de renom… Il possède journaux, chaînes de télévision, universités et des contacts dans les rouages politiques.

CB_Tuileries_petite-2.jpegEn France, outre l’Opus Dei, les croisés de l’Ordre Moral peuvent compter sur l’engagement de personnalités telles que Christine Boutin. La passionnara anti-Pacs, nommée consulteur du Conseil pontifical pour la famille au Vatican et sympathisante de l’Oeuvre, compte de nombreux combats à son actif : elle s’oppose fermement à l’avortement, à l’adoption pour les couples homosexuels et prône le retour de Madame derrière les fourneaux…

En Europe, les croisés prennent le visage de Lech Kaczyński en Pologne ou le Patriarche de Moscou et de Toutes les Russies Alexis II (qui s’est opposé fermement à l’organisation d ‘une gay pride à Moscou). Aidés par les réseaux de l’Eglise catholique romaine, ils tentent d’infléchir la politique des états en s’emparant de l’Europe.

Récemment, ils se sont cassé les dents sur le texte de la Constitution en tentant d’inclure les « origines chrétiennes du continent Européen ». Ils placent toutefois, patiemment, leurs hommes au cœur des institutions européennes. Bien qu’il ne soit plus président de la Pologne, Kaczyński a placé un homme au sein de la Cour Européenne de Justice. Cette juridiction est parfois le dernier rempart pour les gays et lesbiennes ayant des soucis avec leur pays…

Ils détestent notre société. Ils conspuent tout ce qui s’écarte de leur dogme. Ils rêvent de remettre les femmes au foyer, relancer le modèle de famille patriarcal ou cacher les homos… Pendant que nous profitons de la vie et de nos libertés, ils avancent leurs pions discrètement. Ils n’abandonneront pas leur soif de reconquête… Femmes, gays, lesbiennes ou toute personne avide de liberté : ne relâchons jamais notre vigilance et apprenons à mieux les connaître pour mieux combattre leurs idées d’un autre âge !