Un amour à taire
Par Zep le jeudi 7 février 2008, 07:14 - Les Numeurs - Lien permanent
Hier soir, nous avons regardé le téléfilm diffusé par France 2 sur les mésaventures d’un couple homo pendant l’occupation. Servi par d’excellents acteurs (dont la sublime Charlotte de Turckheim et Arnaud Binard), ce film m’a serré les tripes à plusieurs reprises.
Il s’agit évidemment d’une fiction. Je ne doute pourtant pas des sévices barbares que les nazis ont dû déployer pour « rééduquer » les « perversités » homosexuelles. Si certains officiers étaient conditionnés à devenir des sadiques, d’autres savaient certainement ce qu’ils faisaient et agissaient sciemment ! On y retrouve aussi tous les bons vieux comportements de cette bonne vieille droite conservatrice et pétainiste.
Avec du recul et malgré le devoir de mémoire qui continue de nous alerter sur les horreurs du passé, je pense que la condition des homos reste toujours aussi précaire. Nous avons beau avoir conquis des droits de manière acharnée au fil des années, il suffit d’un malade au pouvoir pour dévoiler au grand jour la haine qui subsiste chez certains.
Les Vanneste, les Boutin et tous ceux qui se drapent dans une « Vérité » divine n’attendent qu’un signal pour nous renvoyer légalement au rang des sous-hommes. Nos victoires passées ne doivent pas endormir notre vigilance.
Les pires lois sur l’homosexualité ont été votées pendant le régime de Pétain. À la Libération, personne n’a pensé (ou voulu) les abroger. Il aura fallu attendre 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir pour décriminaliser l’homosexualité… et attendre 20 ans de plus pour reconnaître officiellement qu’il y avait des homos parmi les déportés !
Plus que jamais, la haine de l’homo n’a pas disparu. Il ne lui manque qu’un terreau favorable pour pousser telle la mauvaise herbe… Vigilance donc…

Commentaires
Salut
j'ai revu ce film avec mon mec hier soir, et j'avais une boule dans le ventre depuis le début du film car je savais ce qui allait arriver. Et pour la scène du meurtre au lance flamme j'ai pas pu rester devant la télé, je me suis précipité aux toilettes. Tu dis que c'est une fiction mais effectivement il y a des gens tels Pierre Seel (voir mon billet sur mon blog http://nonodecodo.blogspot.com/2008...)
qui ont témoigné de ces horreurs.
Quant au retour un jour ou l'autre de telles abominations je suis d'accord avec toi, un rien peut retourner la situation : la haine est une chose terrible, surtout quand on mêle Dieu dans cette haine ( gays pendus en Iran, Boutin, droite italienne, espagnole, russe, polonaise, église évangélique américaine "God hate fags" etc...). Il faut être vigilant
nono
Oui très bon film, très bon scénario et très bons acteurs ! La parfaite alchimie d'une soirée réussie !
La reconnaissance officielle des déportés au triangle rose a encore du mal à prendre sa place. Pour preuve, le dépôt de gerbe que le Centre Gay et Lesbien du Mans réalise tous les ans depuis quelques années et qui reste en marge de la délégation officielle, malgré nos demandes. L'an passé il y a même eu des paroles fâcheuses qui sont sortis des portes drapeau des anciens combattants. Ces paroles auraient dû ne pas être entendues mais sont tombées dans l'oreille d'un journaliste. Par chance, je dirais, ça a permis de mettre en lumière la nécessité d'une véritable reconnaissance. On verra ce que donnera la prochaine cérémonie.
Pour une reconnaissance, il faudra attendre une autre législature ou une persistance de la chute sondagière de celui-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom.
Arrivé à moins de 30%, il consentira peut-être, à aller, se recueillir, la larme au groin, auprès des "effacés de l'histoire". Quand les temps son dure, il faut ratisser large, 200 euros aux retraités, des projets illusoires pour les cités, mais une pensé pour les martyres homosexuels, c'est trop cher payé.
Je l'avais vu lors de sa première diffusion, et je me souviens avoir été (agréablement) surpris par la montée en puissance du tragique son côté très trash et noir pour une heure de grande écoute.