Le premier tour à peine fini, voici que les forces en présence fourbissent déjà leurs armes pour espérer emporter la victoire finale dimanche prochain. Parmi les arguments déployés par la droite pour attirer les gogos, c’est Jean-François Copé qui remporte la palme d’or de la démagogie. A chacune de ses interventions sur France 2, celui-ci n’a cessé de marteler que les collectivités de gauche voyaient leurs impôts « augmenter de manière importante ». Il s’agit évidemment d’un raccourci simpliste comme la droite les aime…

Tout d’abord, l’augmentation des impôts locaux s’inscrit dans un désengagement massif de l’Etat qui transfère nombre de ses compétences aux collectivités locales. Nombre d’élus locaux déplorent l’absence totale de compensations financières (ou ridiculement basses) dans de nombreux domaines…

Ensuite, il y a la volonté politique : face à un Etat toujours plus chiche, une politique culturelle amoindrie ou un système de santé en cours de destruction, les collectivités locales ont leur rôle à jouer pour atténuer la politique de casse du gouvernement Sarkozy. Tout cela à un coût… Ne croyez pas que le secteur privé peut mieux faire partout : la Cour des comptes a sévèrement épinglé André Santini (Ministre de la fonction publique et Maire d’Issy les Moulineaux) pour sa calamiteuse privatisation des services RH.

Les mairies peuvent réellement être les laboratoires des politiques publiques de demain tout en maîtrisant la masse salariale de leurs employés. Souhaite-t-on une simple garderie ou un moment éducatif pour les enfants ? Doit-on livrer les gosses à la « malbouffe » ou ajouter un brin de développement durable dans les assiettes ? Doit-on réserver les arts aux plus riches ou permettre à tous d’accéder à la culture ? Quelles valeurs défendons-nous ?

Personnellement, je défends des valeurs d’humanisme, de partage, de progrès et de solidarité. Ces valeurs sont défendues par la gauche depuis des années. Notre société produit des inégalités : la gauche tente de les gommer… la droite s’en nourrit, et ce, depuis plusieurs décennies !

Quant aux impôts locaux, ils sont la conséquence de décisions prises par les gouvernements successifs depuis 2002… Tiens ? Y avait pas déjà Sarkozy à cette époque ?