Xavier BertrandLes municipales viennent de se terminer. Maintenant que l’enjeu électoral est passé, le gouvernement Sarkozy va enfin se mettre au travail et révéler leur vrai visage. Les ministres n’ont cessé de le répéter : ils vont « accélérer le rythme des réformes » car le pays « en a besoin ». Au jeu de la langue de bois, Xavier Bertrand décroche la palme d’or mention « démagogie ». Imaginons un petit entretien avec lui…



Zep : Bonjour Monsieur le Ministre. Alors ? Comment allez-vous après la branlée d’hier ?
Xavier Bertrand : Ce sont des élections à caractère local et déconnectées des enjeux nationaux.

Z : Oui monsieur le Ministre ! Les élections municipales sont généralement plus liées aux hommes qu’aux partis. Néanmoins, force est de constater que la droite se prend une belle branlée et perds certains bastions historiques pendant que la gauche renforce ses positions.
XB : Il s’agit d’un rééquilibrage. La droite avait gagné beaucoup de villes en 2001.

Z : Pourquoi ne pas les avoir su les conserver alors ? Avouez plutôt qu’il y a un fort mécontentement de la part des gens qui se sentent dupés. 9 mois après votre accession au pouvoir (et 6 ans après plusieurs gouvernements de droite successifs), rien n’a été fait pour les plus modestes.
XB : Avouez tout de même, cher Zep, que la plupart des ministres ont été réélus.

Z : Cher Bertrand, vous permettez que je vous appelle Bertrand, je n’ai jamais dit que certains ministres ne font pas de bons maires ! Juppé est un sacré exemple : calamiteux en politique nationale mais très apprécié à Bordeaux. Je pense tout de même que, à l’instar des législatives, les gens pensent qu’avoir un Ministre à la tête de leur ville va faciliter la mise en œuvre des projets locaux.
XB : De toute façon, tout cela n’invalide en rien l’action gouvernementale initiée par Nicolas Sarkozy, notre Maître bien aimé. Le taux de participation était faible cette fois-ci. Les Français attendent des réformes. Nous allons les renforcer et les accélérer.

Z : Bébert, tu as de la merde dans les yeux ou tu fais exprès de ne rien voir ? Les Français ont élu Nicolas Sarkozy parce qu’ils croyaient qu’il allait améliorer leur quotidien. Neuf mois après son arrivée au pouvoir, avoue que seule une certaine catégorie socioprofessionnelle aisée profite des largesses de l’Etat. Pour l’instant, la vie augmente partout, la santé coûte de plus en plus cher et le « travailler plus pour gagner plus » ne concerne que les catégories aisées.
XB : Allons, comme je l’ai dit à Laurent Fabius, vous pensez vraiment que les Français veulent remettre en place les droits de succession ? Non monsieur Zep, les Franç…

Z : Excuse moi Darling, mais ne parle pas des Français quand ton action ne concerne qu’un très faible pourcentage d’entre-eux. Utilise plutôt le terme « la partie aisée de mon électorat souhaite ardemment cette réforme ».
XB : Nous avons fait baisser les chiffres du chômage !

Z : Je préfère parler d’un mode de calcul différent, de radiations de l’ANPE ou de départs en retraite non remplacés. Le chômage baisse car il y a moins de monde à compter… toutefois, il n’y a pas pour autant plus d’actifs (et de recettes pour l’Etat).
XB : Vous avez parlé de la Sécurité Sociale. Nous avons tout de même lancé un plan ambitieux pour la sauver. Les franchises servent, après tout, à financer la recherche contre Alzheimer. Vous êtes contre les malades atteints d’Alzheimer ? Vous êtes un méchant alors !

Z : Ohhh ! Vilain démago va ! Nicolas t’a bien appris le truc !
XB : J’avoue… « Pour ou contre le terrorisme ? Si tu es pour, tu es avec moi, sinon, c’est que tu soutiens les terroristes ». Nicolas est un grand homme !

Z : Moui moui… passons. J’avoue qu’utiliser Alzheimer pour faire accepter la pilule des franchises médicales était une riche idée. Les gens s’habituent progressivement à payer pour leur santé. La première marche vers une Sécu privée se met progressivement en place !
XB : Il faut bien rendre l’ascenseur aux lobbies qui nous soutiennent ! (rires)

Z : Sérieusement, l’argent des franchises ira où ?
XB : Surprise surprise ! Tout le monde a en mémoire les vignettes auto !

Z : Pour finir, parce que je sais que vous êtes un homme pressé et que mes lecteurs ont certainement du décrocher depuis longtemps… y-aura-t-il une politique de rigueur ?
XB : Nous l’avons promis : NON ! Toutefois, si des événements extérieurs nous y oblige, on s’ra p’t’être obligés de relever la TVA. On accusera l’Europe ou les Chinois… De toute façon, on s’en branle ! On a le pouvoir pour encore quelques années !

Z : Monsieur Bertrand merci.
XB : C’est un plaisir, j’adore votre blog.