Monsieur Leclerc salive à l’idée de vendre des médicaments dans ses magasins. Monsieur Leclerc profite donc de la crise du pouvoir d’achat pour revêtir à nouveau sa défroque de chevalier blanc… Sus aux médicaments trop chers ! Leclerc veut vendre les pilules non remboursées par la Sécu « à prix E.Leclerc ». Pour le plus grand bonheur des consommateurs, évidemment !

Monsieur Leclerc a donc fait une publicité pour demander de pouvoir vendre des médicaments. Le BVP a refusé sa diffusion. Qu’à cela ne tienne ! TF1 et M6 sont passés outre son avis et ont tout de même passé le clip. Les deux chaines privées respectent habituellement les avis du BVP, surtout quand les pubs abordent la prévention contre le Sida ou représentent l’homosexualité. Mais il n’était pas question pour eux de se fâcher avec Monsieur Leclerc. C’est un riche ami, Monsieur Leclerc !

Monsieur Leclerc s’est donc attiré les foudres des pharmaciens qui ont réagit dans la presse quotidienne. A grand coup de chiffres, ils rappellent à « M. L » quelques données sur l’évolution des coûts… Si je ne suis pas un grand défenseur des pharmaciens (qui sont des commerçants comme les autres) mais, force est de constater que leur réponse est virulente. Ils affirment notamment que la libéralisation des médicaments n’a pas entrainé de baisse des prix (les patients des pays frontaliers viendraient même en France s’approvisionner). Ils assènent ensuite la problématique des marges arrières de la grande distribution, évaluée à 30 milliards d’euros à l’année. Le message final est délicieux :

Oui, vous êtes riche de votre expérience dans la grande distribution. Mais avant de prétendre pouvoir baisser les prix des médicaments que vous n’avez pas, baissez déjà les prix des produits dont vous avez le quasi-monopole.

En d’autres termes « nettoyez devant votre porte avant ». Et je suis d’accord avec eux ! L’habit de justicier revêtu par Monsieur Leclerc et de ses copains de la grande distribution n’est qu’un pastiche. Monsieur Leclerc n’a cure de lutter contre la vie chère : seule les bénefs comptent !