Un pas en avant, trois pas en arrière… La politique de Nicolas Sarkozy ressemble à une leçon de tango argentin : on avance le pied avant de reculer promptement ! À peine Nadine Moreno annonçait-elle la suppression de la carte familiale SNCF qu’elle fut réintroduite (et renforcée) suite à la contestation. Hier, Roselyne Bachelot humait à son tour l’air du vent avec son projet de désengagement de la Sécu pour les dépenses d’optique. Aujourd’hui, elle parle de « polémique ridicule » et recule par la même occasion.

Le gouvernement Sarkozy fonctionne comme une chaîne de télévision privée. En cas de chute d’audience, on change les programmes. La nouvelle série « Pas de lunettes pour les pauvres » fait peur à la ménagère de moins de 50 ans ? On déprogramme et on repasse le « Bigdil » ! Il y a certes des sujets sur lesquels notre Guide Suprême ne compte pas transiger… Mais il s’agit plutôt pour lui de garder une certaine crédibilité vis-à-vis de sa base. Pour des domaines moins importants, on hume l’air de l’opinion avant de sortir ou pas !

Toujours est-il que ces tâtonnements sont inquiétants et indiquent bien la direction prise par les think tanks de l’UMP. Dans la société de Nicolas Sarkozy, il vaut mieux avoir un emploi stable et gagner bien sa vie si on espère rester en bonne santé. D’ailleurs, certains sondages parus suite aux déclarations de Bachelot m’ont révolté. Pour beaucoup, porter des lunettes est synonyme de « confort ». D’autres estiment qu’ils sont en bonne santé et n’ont pas à payer pour les autres…

Beaucoup de gens adhérant aux idées de Sarkozy ne semblent pas avoir connu les « accidents de la vie ». Maladie, licenciement, accident… Une broutille peut parfois complètement ruiner une vie. Dans ces moments là, on est bien heureux de bénéficier des mécanismes de solidarité. D’ailleurs, certaines personnes ont habillement retourné leur veste quand les temps étaient plus difficiles… avant de cracher dans la soupe ensuite !

Avant de parler des « profiteurs » et des brebis galeuses, il serait grand temps de parler de la grande majorité de ceux qui en ont le plus besoin de solidarité… Arrêtons te toujours taper sur les mêmes : le marché produit des inégalités que seul l’État est à même de compenser !