Jean-François Coppé, voix de son Maître, n'a cessé de marteler cette « avancée démocratique majeure » qu'est le référendum d'initiative populaire accompagnant la réforme constitutionnelle. En réalité, l’initiative « populaire » vient plutôt du Parlement. Jugez plutôt :

« Un référendum (…) peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales »

Nous parlons plutôt d’un référendum à l’initiative de 184 parlementaires soutenus par 4 millions de personnes ! Avouez que ça limite un peu le champ d’action de cette formidable opportunité démocratique.

Pire ! La proposition de loi doit d’abord passer la case des deux assemblées, qui peuvent le rejeter (ce n’est une « proposition ») et du Conseil Constitutionnel… Il y a toujours des volontaires ? Enfin, le référendum ne peut abroger une mesure législative publiée il y a moins d’un an. Il n’y a donc aucune possibilité que le peuple sanctionne « a chaud », une mesure liberticide, par exemple.

Ce référendum d’initiative populaire est donc un mensonge de plus. Mais je pense qu’on commence à être habitués. Après tout, être contre Sarkozy revient à faire partie du camp de l’immobilisme… Étrange, le programme social du gouvernement me fait pourtant penser aux romans d’Émile Zola. D’ailleurs, maintenant que le texte est voté, les médias complaisants parlent désormais de « référendum d'initiative parlementaire et populaire ». Ouf… L’honneur est sauf ! Heureusement que les Français ont la mémoire courte !