Pouvoir d'achat : un an de réformes idéologiques et inutiles !
Par Zep le mardi 19 août 2008, 18:30 - Les Numeurs - Lien permanent
« Tout va bien ! Pas de panique braves gens ! Le pouvoir d’achat est en berne, mais nous allons continuer nos réformes parce qu’elles sont nécessaires ». Tel pourrait être le message de notre gouvernement. Qu’importe si les réformes pondues depuis plus d’un an sont coûteuses, inutiles et idéologiques.
« Les caisses sont vides », se plait à dire François Fillon. Pourtant, le gouvernement sait trouver de l’argent quand il faut arroser les contribuables les plus riches. Ainsi, la loi TEPA (plus joliment appelée « bouclier fiscal ») coûte la bagatelle de 12 milliards d’euros ! Une belle somme qui aurait certainement pu soutenir le pouvoir d’achat des Français. Même les économistes commencent à douter de l’efficacité de la mesure.
Le « travailler plus pour gagner plus » est une supercherie qui a réussi à mettre les cadres dans la rue ! La gestion des heures supplémentaires est dévolue au patron : beaucoup de salariés n’en verront jamais la couleur. De plus, la plupart des mesures prises pour favoriser la participation des salariés reste au bon vouloir dudit patron. Amen ! Pauvres, vous allez travailler plus, mais vous pouvez vous assoir sur les éventuels retours.
Les prix continuent de flamber ! Ce n’est pas la loi sur la modernisation de l’économie (LME), qui donne les pleins pouvoirs à la grande distribution, qui freinera la hausse ! Leclerc va pouvoir imposer son bon vouloir aux producteurs… pas sûr que le consommateur en profite ! Quant à la hausse « modérée » du prix de l’électricité et du gaz, c’est tout simplement honteux.
Avec la remise en cause de la loi SRU, le gouvernement s’attaque aux logements sociaux. La « France de propriétaires » rêvée par Nicolas Sarkozy balaie les ménages les plus modestes en quête d’un toit pas cher. De plus, pousser les Français à s’endetter au moment où les banques font payer la crise des subprimes, voilà qui est gonflé !
Enfin, la charge contre les services publics, initiée avec la RGPP, est tout simplement scandaleuse. En voulant tailler sans réfléchir dans les dépenses publiques, le gouvernement applique une logique comptable et idéologique. Pourtant, un service public de qualité est un gage d’égalité et de justice sociale. Dans des moments difficiles, il permettrait d’être un socle solide pour redonner confiance et ne laisser personne au bord du chemin.
La France n’a pas besoin de réformes stupides et idéologiques. Elle a besoin de confiance, de croire en l’avenir et de solidarités. Je crois en l’économie de marché, mais celle-ci doit être encadrée et les richesses redistribuées. Il est urgent de redonner confiance aux Français en tapant (enfin) là où l’argent se trouve.
