Je préfère annoncer la couleur : ce billet est un délicieux instant de polémique ! Amis de droite, inutile donc de m'engueuler !
S. fait partie de cette jeunesse dorée à laquelle tout sourit ! Son richissime père, un valeureux entrepreneur, ne peut rien refuser à sa petite princesse qui en profite et brûle la vie par les deux bouts. S. ne va pas à l’école publique. Depuis la grande purge du Mammouth
initiée par Nicolas Sarkozy après son élection à la présidence de la république, l’Éducation Nationale n’attire plus les enseignants qualifiés qui préfèrent rejoindre les écoles privées. Le père de la petite S. a donc inscrit sa princesse dans un institut privé pour les filles, dirigé par deux sœurs qui affirment former de futures dames du monde
.
Le début de scolarité se passe sans trop d’encombres. Les cours sont difficiles et le niveau élevé. S. trouve heureusement un peu de récréations auprès de ses amies des Jeunesses de l’UMP
. Tous les soirs, elles regardent Nicolas Sarkozy répéter, sur chaque chaîne télévisée, tous les miracles qu’il accomplit depuis la grande rupture
. Elles aiment particulièrement jeter des œufs sur les vagabonds passant sous les fenêtres de l’institut et raillent les domestiques chargés de l’entretien.
La vie aurait continué à s’écouler tranquillement si l’entreprise de son père n’avait pas été rachetée par les chinois. La libéralisation totale du marché, en accord avec l’OMC, a en effet permit à un grand groupe de prendre le contrôle de l’industrie familiale. Ruiné et fou de douleur, le père tue sa femme et se met fin à ses jours.
Les choses se gâtent à l’institut. Ne pouvant payer les factures (éhontées) de l’école, la directrice tente d’abord de virer S. Heureusement pour elle, les lois de protection de l’enfance, ardemment défendues par Christine Boutin (qui a interdit la commercialisation d’aiguilles à tricoter, allez savoir ce qu’elle prépare ?!), la mettent momentanément à l'abri. Elle peut rester à l’institut, mais devra exécuter les tâches domestiques pour payer sa chambre. Rapidement mise à l’écart de ses camarades, la petite princesse découvre les joies du ménage et du nettoyage. Elle fait désormais partie de la France qui se lève tôt
et multiplie les heures supplémentaires (libéralisées) pour tenter de se faire un minimum d'argent de poche. Comme tout le monde fait de même, les prix augmentent et il faut alors travailler encore plus, cumuler les boulots. Vu son jeune âge, elle ne peut encore penser à la prostitution mais y réfléchit sérieusement : il y a un marché pour ça !
Elle découvre qu’il existe une pire condition que la pauvreté : celle de DEVENIR pauvre. Ses anciennes amies du Club des amies de Nicolas lui tournent le dos et la brutalisent parfois dans des jeux de plus en plus brutaux. Elles l'obligent ainsi à lire le livre Témoignages
ou d'écouter sans rire un discours de Patrick Devedjian. S. trouve réconfort auprès de P., un ami roumain sans-papiers tentant d’éviter les contrôles de police devenus de plus en plus fréquents.
Heureusement pour elle, l’histoire se termine bien. Son père a maquillé son suicide et profite de son parachute doré dans un pays d’Afrique. Grâce aux nouvelles lois de défiscalisation, il a réussi à sortir l’ensemble du patrimoine familial hors de France. Tout est bien qui finit bien !. La petite princesse va pouvoir redevenir gâtée pourrie !
D’ailleurs, S. projette d’assassiner son père ! Depuis la suppression des droits de succession, elle pense pouvoir se faire un peu d’argent !
Cette politique-fiction, retrouvez-la dans ce merveilleux dessin animé :
Quoi ? J'ai rien fumé !
