(les) Nains Portent Nawak

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mercredi 21 mars 2007

Autoritaire et incompétente

BayrouLes médias et les blogueurs influents ne cessent de marteler que Bayrou serait le seul à pouvoir vaincre Nicolas Sarkozy au second tour. Pour cela, ils s’appuient sur des sondages aussi fiables que ceux qui annonçaient la victoire de Jospin en 2002. Les Bisounours appellent donc au vote « utile » dès le premier tour en votant pour le candidat UDF, arguant que Ségolène Royal serait incompétente et autoritaire.

Je mettrais principalement en doute l’argument d’incompétence. Dès le début de la campagne, ses adversaires ont immédiatement usé de cette ficelle pour la déstabiliser. Ses moindres bourdes ont été rapportées sur la place publique. Aucun des autres candidats n’a eu droit à un tel traitement de faveur. Encore une fois, je pense que cette « incompétence » de la candidate socialiste vient surtout « qu’elle n’a pas les couilles »… Pour une incompétente chronique, je pense que Ségolène a tout de même un beau parcours.

Sur son caractère autoritaire, je confirme avoir eu régulièrement des échos confortant cette idée. Mais regardez bien les autres candidats. Sarkozy interdit la publication d’un livre, vire un directeur de publication, menace des journalistes et engueule ses collaborateurs. Bayrou est décrit par ses propres amis comme quelqu’un de buté et d’immodeste ! Le Pen… je ne ferai pas un dessin sur le culte du chef. Les dirigeants politiques sont plus ou moins autoritaires. Encore une fois, Ségolène en prend plein la poire… parce qu’une femme on les préfère quand elles ferment leur gueule !

Je continue de penser, donc, que le vote « Bayrou » n’est qu’un effet de mode pour bobos blasés par le système gauche/droite. Un truc hype pour faire branché devant ses amis ou collègues « moi je vote Bayrou, car je suis contre le système et qu’il propose des trucs réalistes, lui au moins, alors que Ségolène ben elle est nulle et promet tout pour tout le monde ». On ne peut pourtant pas dire que le bilan politique du béarnais soit particulièrement riche. Voulons-nous vraiment un Lecanuet-bis à la tête du pays ?

Je conçois que les militants de droite votent pour François Bayrou. À moins d’être aveugle, qui peut oser affirmer que Nicolas Sarkozy n’est pas une menace pour le pays ? Au-delà de son programme, il y a l’homme colérique, autoritaire (tiens ?) et volontiers populiste quand il faut chasser sur les terres du FN. Je veux bien croire qu’on souhaite faire gagner son camp et protéger ses acquis personnels, mais je trouve le tribut lourd à payer…

Pour les autres, militants et sympathisants de gauche, il faut arrêter la déconnade d’urgence. Bayrou n’est aucunement un produit novateur et branché. C’est celui qui a voulu abroger la loi Falloux pour permettre aux collectivités locales de gaver l’école privée. C'est lui qui a demandé à Christine Boutin de représenter l'UDF lors des débats sur le PACS (qu'importe qu'elle ai été virée depuis). C’est celui qui, au nom de son aventure personnelle, finira chef d’un radeau déserté par ses cadres (qui se barrent tous dans le navire de l'UMP). C’est celui qui a toujours navigué à droite avant de jouer les opposants au « système » pour la présidentielle.

Ségolène a ses défauts, mais s’appuie sur un parti et un programme. Qu’elle exaspère par sa façon de parler ou qu’elle fasse peur par son caractère n’est pas un problème - les autres sont pareil ! Elle porte des valeurs et un programme de gauche… Et j'ai pas envie de me taper 5 ans de droite dure ou de droite molle ! Je préfère aussi des promesses de gauche non tenues que des promesses de droite tenues !

Et je reste persuadé qu’on l’emmerderait moins si elle avait une paire de couilles entre les jambes… ;)

C'était mon petit coup de gueule du mercredi midi !

mercredi 21 février 2007

Juste une mise au point

La présidentielle est - avant tout - une question de personnes. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne font pas l'unanimité dans leur propre camp. Bayrou monte et Gros Pen ne dévoile pas encore ses cartes. Quel choix difficile... Pourtant, quand je pose les choses clairement, mon choix est rapidement fait !

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mardi 20 février 2007

Le grand oral

Ségolène RoyalHier soir, Ségolène a passé son grand oral devant un panel de français représentatifs, menés par un PPDA en forme. Beaucoup attendait cette émission avec un mélange d’impatience et de peur : comment allait-elle se comporter ? Les questions allaient-elles être piégées ?

Deux heures d’exercice oral plus tard, Ségolène s’en sort plutôt bien ! Mobile et souriante, elle a répondu aux questions, exposé ses idées et réaffirmé sa capacité à être présidente. En effet, face à une femme lui demandant si elle avait la carrure pour ce poste, Ségolène Royal a exposé son parcours politique, non négligeable. Elle estime que n'importe quel homme qui aurait (son) itinéraire professionnel ne verrait pas constamment sa crédibilité remise en cause. Elle souligne toutefois son identité de femme et pense que le moment est venu pour la France d'avoir une femme à la présidence de la République.

Seul bémol lors de son intervention : merci d’avoir posé cette question ou vous avez raison répétés à tire-larigot ! Ségolène remercie tout le monde… même les plus virulents. Autre souci, lié aux intervenants : le festival des moi je. Mme Royal, je suis handicapé, que comptez-vous faire ?, Mme Royal, j’ai une sœur droguée, que comptez-vous faire ?, Mme Royal, mon chat urine sur mon canapé, que comptez-vous faire ?, Mme Royal, j’ai des corps aux pieds, que comptez-vous faire ?... Heureusement, le débat s’élève un peu plus par la suite.

Sa dernière tirade sur la moralité et les dépenses de l’État est exceptionnelle et clos magnifiquement l’émission. S’appuyant sur son exemple en région Poitou-Charente, elle affirme pouvoir incarner un pouvoir présidentiel moins coûteux et refuser désormais que les ministres et leur famille soient logés aux frais de la République. La femme d’un ancien ministre de l’économie devenu ministre de l’Intérieur a dû avoir quelques sueurs froides en entendant cela !

Exercice et résultat positifs, donc, pour moi (quoi qu’en dise l’UMP !).

lundi 19 février 2007

Le bonimenteur borgne

Gros Pen et le fou du Puy, en lice pour la présidentielle, lancent un appel solennel aux élus locaux pour obtenir les précieuses signatures - sésame nécessaire pour le dépôt des candidatures.

Si je pense que le Vicomte Philippe de Villier n’a pas encore toutes ses signatures, il en est tout autre pour le Gros Pen. Comme à chaque élection, Gros Pen nous fait son grand spectacle j’ai pas mes signatures, c’est le complot machin truc crypto-maçonnique, etc..

Je doute qu’un parti comme le Front National n’ai pas obtenu ses 500 signatures et pense, au contraire, que le président du parti ment. Le FN a ses signatures et les déposera peu de temps avant la date limite. En attendant, il peut continuer de se placer en victime d’un système visant les patriotes.

Mon appel solennel à moi serait qu’ils disparaissent tous deux dans les poubelles de la politique française. On peut toujours rêver…

La grande imposture

sarko.jpgComment la France peut-elle être dupe face à la plus impressionnante imposture politique de la Vème République ? Comment peut-on accepter de voir une telle manipulation de l'opinion se tramer ?

La machine de guerre UMP avance et le lavage des cerveaux, brillamment orchestré et relayé, fonctionne à tambour battant. Nicolas Sarkozy peut compter sur des soutiens de poids. Bush avait Fox News, Sarkozy peut s'appuyer (entre autres) sur TF1, propriété du groupe Bouygues, ne cache (presque) pas son soutien au président de l’UMP. Les autres rédactions suivent le pas.

Pourtant, les babillages de Ségolène sont peanuts face aux mensonges éhontés et incohérences de Nicolas… Même Chirac doit certainement admettre que l’élève a dépassé le maître. Remettons les pendules à l’heure s’il vous plait.

  • Sarkozy s’affirme comme le candidat de la rupture… Personne ne lui a demandé avec quoi il souhaitait rompre. M. Sarkozy est au pouvoir – Ministre d’État – depuis près de 5 ans. L’état catastrophique du pays, c’est à lui et ses copains qu’on le doit ! La totalité de ses soutiens est au gouvernement avec lui ! La dette du pays, la montée de la précarité : comment peut-il oser parler de rupture. IL Y EST EN CE MOMENT MEME !
  • Sarkozy, qui cite volontiers des héros socialistes dans ses discours, bataille depuis 30 ans pour défendre des idées de droite.
  • Sarkozy, qui souhaite un droit opposable au logement, n’a jamais fait construire de logements sociaux à Neuilly.
  • Sarkozy soutient Charlie Hebdo devant les caméras, mais fait virer le directeur de Paris Match quand des photos de Cécilia sont publiées. Quelle brillante conception de la liberté de la presse et de la démocratie. Que dire des propos rapportés par le journal de Genève sur les menaces que subissent les journalistes jugés trop à gauche ?
  • Sarkozy, qui critiquait hier les positions de Jacques Chirac pour flatter Georges W. Bush, réaffirme aujourd’hui son héritage du gaullisme ! Quel formidable retourné de veste acrobatique (avec double flip-flap vrillé).
  • Sarkozy, qui la joue modeste devant les caméras, avait fait entièrement refaire son appartement de fonction à Bercy alors qu’il était ministre de l’économie.
  • Sarkozy, cet ami de la France qui se lève tôt, n’a jamais fait que combattre des idées progressistes et sociales, sauf quand les sondages lui dictaient le contraire. Il traîne plus avec les groupes de pensées ultralibéraux qu’avec les travailleurs !
  • Sarkozy annonce un programme à 15 milliards et promet monts et merveilles. Quelques jours plus tard, ses amis le rappellent à l’ordre et rechiffrent les promesses à 102 milliards. La plupart des promesses sont déjà oubliées.

Rien. Aucun média ne viendra soulever toutes les incohérences du discours et/ou du personnage. Soit ils sont complices, soit ils ont peur. Critiquer la bravitude est plus hype que soulever la contradiction entre les promesses et le chiffrage du programme de l'UMP. Les seuls à oser braver les foudres de Nicolas Sarkozy sont les auteurs des guignols. Derrière les caricatures se cachent pourtant une bien triste réalité.

Il ment, il trahit, il navigue là où les sondages le portent, il manipule les médias et l’opinion… C’est énorme mais les gens gobent et y croient… C’est tout simplement déprimant !

mardi 13 février 2007

Le débat s'envenime...

Le match présidentiel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy prend une tournure particulièrement désagréable. Rarement les affrontements entre les partisans des deux camps auront été aussi virulents et violents. Les débats courtois finissent en pugilats et les commentaires dans les blogs sont de plus en plus acérés. Comment en est-on arrivés là ? À moins de 68 jours du moment fatidique, faisons une pause et tentons d’analyser ce phénomène.

Tout d’abord, cette campagne est marquée par les coups bas entre les candidats. Si Nicolas Sarkozy reste toujours poli face aux caméras, ses lieutenants ne se gênent pas pour dénigrer toute parole de la candidate socialiste : une véritable campagne à l'américaine. La grande gagnante à ce petit jeu de massacre est incontestablement Valérie Pécresse, porte-parole de l’UMP. La stratégie du parti de Nicolas Sarkozy est claire : dénigrer et semer le doute. Qu’importe si les ficelles sont énormes. Nou ké cassé ça, expression créole pour nous allons changer tout ça, avait été traduit par nous allons tout casser par la garde rapprochée du candidat. Certains médias complices ont évidemment relayé... Les militants socialistes rendent évidemment l’appareil. Mais force est de constater que la candidate est beaucoup plus fair-play que son concurrent. Cette politique des coups bas se reporte évidemment dans les discussions !

La bipolarisation de la politique française pourrait aussi être la cause de la virulence des débats. Deux candidats, deux équipes et deux tribunes de supporters qui feraient passer ceux du PSG et de l’OM pour des agneaux. Face à la menace fasciste de Jean-Marie Le Pen, les électeurs doivent voter utile et se rallier aux candidats majoritaires. Un bon score pour Bayrou permettrait peut-être de changer la donne (pour peu qu’il vole les voix de Sarkozy et qu’il passe devant Le Pen, bien entendu !). Tant qu'il y aura deux partis clairement majoritaires, le match opposera violemment des partisans de deux visions différentes... thème du prochain chapitre !

Enfin, jamais une élection n’aura été aussi décisive pour le pays : c'est un combat de valeurs. Nicolas Sarkozy représente un véritable tournant par rapport à la droite incarnée par Jacques Chirac. Il affirme lui-même représenter une droite décomplexée qui cache une vision ultralibérale de la société. L’affrontement Royal / Sarkozy est d’abord un combat de valeurs autour de l’intervention de l’État dans la vie de la Cité. État régalien ou interventionniste, le choix impacte considérablement la vie sociale et économique. Ségolène Royal réaffirme le rôle de l’État, en l’associant aux initiatives privées. L’État régulateur équilibre les droits des employés et consommateurs face aux entreprises. Il garantit le droit du travail, la protection des plus faibles et des services indispensables (sécurité sociale, éducation, etc.) garantis pour tous. L’impôt progressif est donc nécessaire pour financer tous ces programmes. Historiquement, la gauche est aussi plus ouverte sur les sujets de société : immigration, laïcité, droits de minorités. Nicolas Sarkozy, une fois le masque rassembleur enlevé, défendra plutôt un État en retrait. Le droit du travail s’effacera au profit des accords de branche ou des contrats privés. Les services publics rentables seront mis en concurrence avec le privé (quand ils ne seront pas supprimés). Certains assureurs privés attendent avec impatience, par exemple, de faire la peau de Dame Sécu... Les valeurs de droite sont plus individualistes et l’État n’intervient que pour réguler les cas les plus graves. L’impôt et les charges sont théoriquement en baisse, l’État ayant moins de programmes à financer. Difficile de débattre sur des convictions profondes… Le passionnel prend vite le dessus. La gauche craint particulièrement le virage de cette droite décomplexée. La droite n'aura jamais été aussi impatiente d'appliquer son programme et craint le retour de la gauche aux affaires. Jamais le combat n’aura eu autant d’importance.

On verra la tournure que prendront les débats avec l’annonce des programmes des candidats. J’ai clairement fait mon choix. Ségolène Royal n’est pas la candidate que j’aurai souhaitée, mais elle représente des valeurs auxquelles je crois. Pour moi, Sarkozy est tout aussi nocif qu’un Le Pen… Quand la France qui se lève tôt, qui sue, qui travail dur (etc.) aura connu son programme, les réveils seront plus difficiles !

samedi 10 février 2007

De droite ou de gauche ?

Assemblée NationaleLe gros Le Pen était l’invité de France 2 jeudi soir pour un face à face avec le public. Comme d’habitude, il nous chante la même sérénade, années après années. Derrière le masque social qu’il tente de conserver, on retrouve des arguments très à droite… D’ailleurs, j’ai été surpris de voir que le candidat UMP n’était pas si éloigné de lui sur les sujets économiques.

Finalement, c’est quoi être de droite ou être de gauche ? Dans une vidéo diffusée sur le site de mon Toon, Laurent Ruquier expliquait qu’être de gauche, c’est accepter de partager son revenu pour faire vivre les services publics et aider ceux qui ont moins de chance. En face, il y a la droite qui prétend plutôt conserver un statut quo. Dès la Révolution, les bourgeois, enrichis grâce au commerce, ont voulu conserver (ou renforcer) leurs acquis. Ils se sont rapidement placés à la droite du premier hémicycle.

Au risque de paraître provocateur, que l’idéologie de droite prône avant tout l’hédonisme et le chacun pour soi. J’irai même plus loin en parlant de darwinisme : les plus forts s’enrichissent et accèdent au pouvoir car ils l’ont mérité. Les autres ne sont pas assez fort. L’Etat ne doit pas être mis à profit pour aider les gens et se concentrer sur ses missions régaliennes (justice, armée, police). Cette vision est frappante à la fois chez Le Pen et Sarkozy. Pour l’un et l’autre, les chômeurs sont considérés au mieux comme des assistés et au pire comme des feignants. De mon temps on se levait et allait au turbin beugle même Le Pen face caméra. Sarkozy, plus doucereux, préfère louvoyer en incitant les vilains assistés à accepter n’importe quoi. La valeur travail est louée et tous expliquent que n’importe qui, pour peu qu’il soit valeureux, est capable de réussir.

Pour moi, cette évidence est fausse. L’éducation, le milieu social ou la résidence géographique creusent les inégalités dès la naissance. On sait déjà qu’un enfant de cadre aura plus de chances de réussir dans la vie que celui d’un ouvrier (ou pire : d’un banlieusard du 93). Des exemples prouvent pourtant qu’on peut s’élever, mais ils sont peu nombreux.

Etre de gauche, c’est accepter qu’il existe des inégalités dans notre société et que l’Etat doit intervenir pour les réguler. C’est accepter la mise en place de services publics permettant à tous d’accéder à l’éducation, à la médecine ou à la culture dans des conditions acceptables. C’est se battre pour éviter de laisser des gens sur le chemin. Pour autant, être de gauche ne doit pas faire sombrer dans l’angélisme. L’Etat et les collectivités doivent intervenir dans la société mais de manière efficace et rigoureuse. C’est s’assurer que l’argent dépensé en allocation ou aides diverses n’est pas utilisé de manière frauduleuse. C’est se battre pour un impôt juste et correctement réparti.

Pourquoi redistribuer ce que j’ai durement gagné ? Après tout, j’ai fait des efforts pour avoir ce que j’ai et eux ils n’ont rien fait ! La ritournelle revient souvent au cours des repas avec les gens de droite. Parfois, il suffit de réfléchir pour s’apercevoir qu’ils doivent leur statut à leurs parents, à une bonne éducation, etc. et qu’ils n’auraient peut-être pas eu la même chance en partant dans la vie avec un jeu différent.

Pour faire court, je suis de gauche car je crois en une société solidaire. Le chacun pour soi est une valeur d’un autre temps…

dimanche 28 janvier 2007

L'UMP fait son FUD !

L'UMP use de méthodes de désinformation éprouvées pour écorner la crédibilité de la candidate socialiste... Une façon comme une autre de cacher la véritable teneur de leur programme !

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