Pathétique Copé

Quel cirque ! Quel bordel ! Quel plaisir !

Copé : s’il échoue à la tête de l’UMP, il pourra toujours postuler au FN.

L’UMP se déchire depuis dimanche et dévoile (ce que je considère être) son vrai visage : un parti de fraudeurs dont les membres sont plus préoccupés par les ors du pouvoir que par l’intérêt général. Au sommet de ce beau merdier culmine Jean-François Copé, dont l’élection au poste de président a été « remportée » à une centaine de voix prêt face à son rival François Fillon. Si les proches de l’ancien premier ministre semblent avoir triché aux quatre coins du globe, Copé, lui, pouvait compter sur ses soutiens qu’il a placé à tous les postes clés du parti (Cocoe, commission de recours…).

Je ne pensais pas qu’on puisse trouver pire que Nicolas Sarkozy. Pourtant, à côté de Jean-François Copé, l’ancien président de la République semble presque être un homme modeste, sympa. Copé, c’est celui qui rêve de 2017. Je n’apprécie déjà pas Fillon, mais celui-ci avait au moins un peu de carrure. Jeff, c’est autre chose ! Ce populiste assumé a su flatter les idées les plus nauséabondes de son parti et s’associer aux pires éléments du sarkozysme pour atteindre son but. C’est l’homme des « pains au chocolats », du rapprochement avec les idées du FN, celui qui affirmait le soir de son « élection » que son adversaire est à gauche « et pas ailleurs« , celui soutenu par Morano, Hortefeux, Guéant… Personne n’est pourtant dupe sur l’homme, et certainement pas les journaux espagnols (El Pais le considérait comme xénophobe dans son édition de lundi).

Dans tous les cas, Copé et Fillon ont sali l’image de la droite française – de la politique en général – et donné de nouveaux arguments au Front National qui n’en attendait pas moins. Je plains sincèrement mes amis de droite (si si, il y en a) d’être les otages de cette triste farce, ne servant que l’avidité de deux coqs de (très) basse-cour. Si Copé avait un once de dignité ou de morale, il aurait purement et simplement renoncé à sa pseudo victoire et réorganisé un nouveau scrutin. Mais je doute que probité, respect, honnêteté et dignité fassent partie de ses valeurs. Quand je pense que c’est ce même Jean-François Copé qui clame haut et fort à l’amateurisme du gouvernement, je rigole doucement.

Amis de droite, voilà à quoi votre parti va ressembler : celui d’un homme ayant triché pour obtenir la première place, celui d’un parti républicain se rapprochant encore et toujours des idées de l’extrême droite pour exister, celui d’un parti dirigé par un homme à l’ego démesuré, prêt à tout…  Oui, je vous plains (et je jubile au passage).

Mariage pour tous : je suis pour !

Les opposants au mariage pour tous, menés par « l’humoriste catholique » Frigide Barjot puis par l’association de catholiques intégristes Civitas, ont manifesté hier et aujourd’hui dans plusieurs villes de France. Parmi les slogans de la manifestation du 17 novembre, il y avait l’idée qu’un enfant, c’est « un papa et une maman ». Les catholiques, eux, rappellent leur attachement au mariage comme « fondement même de notre société ». Ces manifestations étaient l’expression d’une conviction. Dont acte.

Personnellement, je ne suis pas particulièrement enclin à me marier. À la différence d’un Xavier Bongibault, de « Plus gay sans mariage » (mon Dieu, mais où l’ont-ils trouvé celui-là ?), je n’en ai toutefois pas « rien à foutre ». J’ai été pacsé. Malgré l’avancée indéniable qu’il fut, le pacs reste un « sous-mariage », purement administratif, incomplet et surtout signé en cachette dans le tribunal d’instance du domicile. On a connu plus festif. Je soutiens donc les couples – tous les couples – souhaitant s’unir au regard de la loi, en mairie. Je soutiens ceux qui souhaitent que chaque couple uni devant les lois de notre République jouisse des mêmes droits. À ce titre, je soutiens le projet du gouvernement.

Non seulement beaucoup d’arguments des opposants à ce projet reposent sur des contrevérités, mais en plus, il s’agit souvent de convictions personnelles ou religieuses. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai autant de mal à comprendre ces mêmes arguments…

À la différence des opposants à cette loi, je pensais bêtement que le mariage concernait juste l’amour. Je vois le mariage comme un moyen de dire aux siens et à la société qu’on aime son compagnon et qu’on compte continuer à le faire « jusqu’à ce que la mort nous sépare » : c’est une preuve de stabilité, de désir d’aller de l’avant et de protection du couple. Il ne s’agit pas d’une histoire de parité, de sexes respectifs, mais bien d’amour.

Ouvrir le mariage à tout couple adulte et responsable, avec les mêmes garde-fous que le mariage actuel (âges minimum, interdiction d’ascendance ou de descendance, etc.), ne bouleversera pas notre société (et n’ouvrira pas les portes de l’enfer sur la France). S’opposer à cela, c’est s’opposer à l’amour que se portent deux personnes, quel que soit leur sexe, ni plus ni moins.

Je passe rapidement sur les arguments religieux comme quoi le mariage serait un « fondement de notre société » ou le garant de « l’ordre naturel« … hérésie absolue ! Non seulement le mariage n’a rien de naturel mais en plus d’autres sociétés ne tournent pas autour de lui. C’est une façon de voir les choses, ni plus ni moins. Ce n’est pas parce que le mariage n’a pas évolué depuis longtemps qu’on n’a pas le droit de le faire.

Concevoir un enfant est une chose, élever un enfant en est une autre

Vient ensuite le problème des enfants. Les catholiques et l’extrême droite française aiment invoquer la protection de l’enfant quand il faut faire passer des lois rétrogrades (voir l’exemple de l’article L227-24 avec lequel Christine Boutin s’illustrait déjà en 1994). Les opposants craignent principalement que les couples homosexuels puissent adopter. Pour eux, le mariage est avant tout une question de procréation, impliquant (forcément) un homme et une femme.

Bonne nouvelle : je suis d’accord avec eux sur leur approche de la reproduction humaine ! Je ne partage néanmoins pas leur opinion sur le mariage. Si le mariage était vraiment lié à la procréation, alors les couples stériles ou les femmes ménopausées ne devraient pas avoir le droit de se marier. Poursuivant leur logique, il conviendrait même de leur imposer le divorce. Non…

Concevoir un enfant est une chose. Élever un enfant en est une autre. L’homoparentalité est déjà une réalité en France. De nombreux couples homosexuels élèvent déjà des gosses dans le pays. L’un des principaux problèmes est le statut du conjoint. En cas de souci pour le parent « biologique » (accident, maladie, décès), le conjoint n’a absolument aucun droit sur l’enfant. On recense déjà des cas où des enfants élevés depuis de nombreuses années par des couples homosexuels sont arrachés à un parent survivant pour être placés, par exemple, chez les grands parents. Est-ce là l’intérêt de l’enfant ?

De plus, un couple hétéro n’a jamais protégé les enfants d’abus, de maltraitances et de la haine (Marc Dutroux était marié et catholique), tout comme une calotte n’a jamais repoussé les pires perversions. Les couples homosexuels ne feront pas forcément mieux… Toutefois, plusieurs études tendent à montrer que les enfants élevés par des homosexuels-elles s’épanouissent bien. Le principal problème d’enfants élevés par des couples homosexuels viendra des mêmes personnes qui défilaient dans la rue ce weekend. Le véritable ennemi de ces enfants, c’est l’intolérance, pas l’amour.

Au final, le « mariage gay » n’est pas la satisfaction d’une minorité ou d’un pseudo « lobby gay » (ha ha ha !), mais bien une chose normale dans une société moderne et juste envers tous ses citoyens. Il ne s’agit rien d’autre qu’une revendication d’égalité : celle de signifier l’amour d’un couple devant la loi, d’élever dignement un enfant pour celles et ceux qui le souhaitent… De nombreux pays ont déjà adopté le mariage pour tous sans que leur société ne s’écroule. La France ferait-elle exception, alors que les arguments des opposants à ce projet ne reposent sur rien, sinon de simples convictions ? Sommes nous encore si arriérés ? Allez Hollande, que cette loi passe et qu’on en rigole dans 10 ans, comme aujourd’hui avec le Pacs !

Quand Jeux O[CENSURE] riment avec totalitarisme

Pour les amateurs de SF, le monde du cyberpunk présente souvent des corporations privées surpuissantes, aux dirigeants douteux, disposant de pouvoirs d’exception, généralement transférés par les Etats démissionnaires. Ces entreprises disposent de leurs propres règles, leur propre police et leur propre territoire.

Cet article très intéressant détaille toutes les prérogatives que les pouvoirs publics anglais ont confié, l’espace de deux semaines, au CIO pour l’organisation des Jeux. Grâce au vote de l’Olympic Game Act, des intérêts privés disposent de pouvoirs d’exception, au mépris des libertés publiques.

Imaginez un instant qu’un parti politique par exemple ait la possibilité de contrôler les médias, de mettre en oeuvre une censure, de lever une police privée, de faire fermer des commerces, d’imposer à la population des règles concernant la nourriture et l’habillement, etc. Ne crierait-on pas à la dérive fascisante et n’aurait-on pas raison de le faire ? Le niveau de censure et de contrôle exercé en ce moment à Londres est-il si différent de celui qui pesait sur les populations arabes avant leurs révolutions ?

Encore une fois, derrière les beaux discours, la réalité des Jeux apparaît là, froidement : c’est le monde de l’argent qui, sous couvert d’un évènement exceptionnel, s’arroge les droits traditionnellement dévolus aux Etats.

Un article, donc, à lire d’urgence.

Jeux Olympiques ou monstre ultralibéral ?

Dans quelques jours, les jeux olympiques vont enflammer Londres. Des milliers de touristes, sportifs, journalistes et curieux vont converger vers les stades pour assister aux épreuves ou juste ressentir la frénésie de l’évènement. Pour que tout se passe bien « dans le meilleur des mondes », le CIO (Comité international olympique) a placé la capitale anglaise sous sa coupe… et celle de ses sponsors.

En effet, les jeux olympiques de ces dernières années n’ont plus grand chose à voir avec la vision de Pierre de Coubertin. Certes, les journalistes auront à coeur de reprendre à tue-tête les éléments de langage comme « valeurs du sport », « respect » ou « amitié entre les peuples ». Nous allons être bercé de messages très positifs… entre deux écrans publicitaires.

Car les JO de l’ère moderne sont malheureusement devenus ceux du fric roi, avec un sulfureux CIO à sa tête. C’est Juan Antonio Samaranch, tout-puissant seigneur des anneaux olympiques jusqu’en 2001, qui a fait basculer l’olympisme de l’amateurisme au professionnalisme. Le CIO est devenue une ONG de droit privé suisse, tentaculaire, qui règne sans partage sur les villes hôtes…

A Londres, ce sont les sponsors qui règnent en maître. Un contrat de 76 pages lie ainsi le CIO et la ville de Londres. Tout est fait pour protéger les intérêts des Mc Donalds, Visa et autres Coca Cola. D’ailleurs, beaucoup commencent à s’agacer de voir « le CIO décider et Londres s’exécuter« . Rien de véritablement étonnant : d’après Investir.fr, les onze plus grands sponsors ont rapporté près de 730 millions d’euros au CIO rien que pour la période 2010/2012.

Londres et sa zone olympique passent donc sous la juridiction d’entités privées, qui dictent des règles parfois ubuesques pour défendre leurs intérêts. Antoine Chéron, avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, affirmait ainsi à Slate.fr : « Pour les Etats candidats, le CIO impose qu’ils adoptent une législation spécifique pour la protection des symboles olympiques. Chaque ville candidate doit ainsi annoncer comment elle compte protéger la marque olympique, que ce soit en adoptant une nouvelle loi ou en amendant une autre. » Une véritable branding police veillera à ce qu’aucun resquilleur de vienne porter préjudice aux marques, jusque dans les tweets et les réseaux sociaux !

Enfin, derrière les discours pacifiques et mielleux, il y a la réalité de l’idéal sportif dévoyé par le monde de l’argent : dopage, concurrence effrénée entre les pays, publicité, entraînements intensifs, pressions psychologiques.

A l’image d’une FIFA hégémonique et mafieuse, le CIO de Juan Antonio Samaranch a complètement perverti ce que devrait être l’olympisme. Les belles paroles ne cachent qu’une vision ultralibérale de notre société, où les intérêts privés dictent leur loi aux Etats, où ces mêmes états se livrent une concurrence acharnée et où les citoyens sont réduits à de simples consommateurs de produits ou d’images… L’image d’une société qu’une poignée de puissants aimerait imposer.

Voici à quoi devrait ressembler le logo des JO de Londres…

Le programme de Sarkozy, c’est Hollande !

Ayé ! Enfin ! Notre cher (très cher) président-candidat a annoncé son programme hier devant un parterre de journalistes. Après avoir vu sa prestation, je comprends pourquoi il a mis tant de temps à l’annoncer ! Aucune surprise, pas de one more thing… rien. Si ce n’est quelques mesurettes ou effets d’annonce. L’élan de 2007 où Sarkozy dominait le débat et imposait ses idées est rompu.

Nicolas a donc attaqué François Hollande et a tenté de décrédibiliser son programme supposé « dépensier ». Le programme de Sarkozy, c’est Hollande. Le programme de Sarkozy, c’est agiter le spectre de la crise censée s’abattre sur la France si les électeurs votent pour le candidat du PS. Nicolas a même ressorti le champ lexical qui animait la droite avant 1981 et l’élection de Mitterrand : votez pour lui et le pays sera mis à feu et à sang.

A l’inverse, Nicolas se pose en protecteur et affiche son sérieux. Il fait évidemment l’impasse sur son bilan et les 630 milliards d’euros qui s’accumulent après cinq ans de règne. Rappelons à Monsieur le Président que seulement 110 milliards sont imputables à la conjoncture, laissant 520 milliards directement liés à sa mauvaise gestion et à ses choix discutables. Nicolas fait quelques clins d’oeil à la France sécuritaire et xénophobe avec quelques mesures sur l’immigration, le regroupement familial…

Les Français seront-ils assez bêtes pour y croire ? « L’inexpérience » de François Hollande est-elle si mauvaise ? Obama ou Merkel n’étaient-ils pas des petits nouveaux ? Peut-on brandir la menace d’un pays ruiné quand on affiche un bilan et une gestion aussi calamiteuse ? On verra bien. Toujours est-il que l’angle d’attaque du président, à défaut de proposer des choses, est de faire peur aux gens en discréditant son adversaire. On a connu plus belle façon de faire de la politique. Pour une fois, je suis bien content que François Hollande ne se soit pas abaissé à ce niveau.

Vivement le 6 mai !

A 17h, le Conseil constitutionnel tranchera « l’affaire » des parrainages

Le Conseil constitutionnel rendra aujourd’hui une décision capitale. Il va dire si la règle imposant de rendre publics les 500 parrainages d’élus nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle est conforme à la Constitution. Le Front National attend beaucoup de cette décision, le parti d’extrême droite peinant à obtenir les 500 sésames indispensables pour présenter un candidat. Je ne reviendrai pas, une fois encore, sur le mensonge éhonté que constitue cette mascarade organisée à chaque élection par le FN…

Le Conseil constitutionnel rend aujourd'hui une décision capitale

L’absence du FN à cette élection ne serait pas « le rêve de la classe politique » comme le suggère Marine Le Pen. Au contraire : le Front National pourrait confirmer son rôle de martyr du « système » aux yeux de son électorat. Le vote FN pourrait alors exploser aux législatives. De plus, le candidat élu aurait une moindre légitimité si 20% du corps électoral  (et non 20% de Français comme se plait à le répéter Mme Le Pen) ne pouvait s’exprimer.

Etre élu doit être synonyme de transparence

Je reste néanmoins fermement opposé à l’anonymat des parrainages : c’est une décision prise par une personne élue par le peuple – nous. Cette même décision doit donc être assumée avec transparence, dans le respect des citoyens. L’élu a des comptes à rendre devant ses électeurs et il me paraît donc normal de savoir pour qui mon maire (ou tout autre politique) accorde son parrainage. Si l’élu a peur pour son poste et de la réaction de son électorat, c’est peut-être parce que les idées véhiculées par le FN posent problème… il est certain que je sanctionnerai mon maire si d’aventure il allait flirter avec ce parti.

La loi électorale peut certainement être améliorée. Mais sauf à confier à une fraction de citoyens le soin de parrainer eux-mêmes les candidatures (idée du comité Balladur en 2007), les choix d’élus de la République doit être transparent, expliqué et assumé. De plus, est-il opportun de modifier les règles du jeu alors que la course est déjà lancée ?

Lettre ouverte de Serge Letchimy à Claude Guéant

Voici la lettre ouverte adressée par Serge Letchimy, député de Martinique, à Claude Guéant, après ses propos navrants sur les civilisations. L’originale se trouve sur le blog de M. Letchimy.

M. le Ministre,

Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous  rappeler que cette  terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques.

Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque.

Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort  du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes.

Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter.

Toutes les civilisations ont produit, et de manière équivalente, des ombres et des lumières. Mais si les ombres n’ont jamais triomphé très longtemps, si beaucoup d’entre elles ont disparu dans les oubliettes de l‘histoire (en compagnie de régimes politiques ou religieux quelque peu lamentables), c’est simplement parce que des hommes de bon sens, pétris d’humanisme et de haute dignité, ont exalté les parts lumineuses que toutes les civilisations de l’homo-sapiens ont mises à notre disposition.
Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux.

M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences.

Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici.
C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous.

Qu’ajouter de plus, sinon un grand bravo.

Il est candidat

En passant

Après avoir ruiné le pays, engagé des réformes coûteuses, inutiles et partisanes, laissé l’insécurité exploser, laissé son parti draguer les thèses du Front National… Notre Président devient officiellement candidat… Après cinq ans de gesticulations à la tête de la France, j’ai hâte de voir comment il va s’en sortir pour faire croire qu’il a compris notre pays.

Les gens de droite méritaient quand même mieux que ça…

Avec le MES, l’Europe va-t-elle devenir une dictature ?

Avec le MES, l'Europe invente une institution aux pouvoirs extrêmes, sans possibilité de contrôle et jouissant d'une immunité juridique totale.

Comme pour le traité ACTA, l’Europe et quelques édiles nationaux préparent un nouveau traité – qui s’imposera donc aux Constitutions nationales – dans la plus grande discrétion : MES (ou Mécanisme européen de stabilité). Cette nouvelle institution, prévue pour juillet 2013, remplacera le Fond européen de stabilisation financière et soutiendra les États membres de la zone euro sur lesquels pèsent des difficultés financières importantes. Pour y parvenir, le MES bénéficiera d’une garantie de 500 milliards d’euros apportée par l’ensemble de ces États. Il sera dirigé par le Conseil des gouvernements, composé des ministres des finances des pays de la zone Euro.

D’après le communiqué de presse, rien de bien choquant. Et pourtant…

Pour parvenir à mobiliser ses 500 milliards d’Euros, le MES va se constituer un capital total de 700 milliards d’euros, composé de 80 milliards d’euros de capital libéré et de 620 milliards d’euros de capital appelable. Comment va-t-il trouver cet argent ? C’est là que l’histoire devient intéressante… Le MES aura autorité pour réclamer un financement aux États nationaux, « irrévocablement et sans conditions » et sous sept jours ! Les parlements et les banques centrales n’auront pas leur mot à dire… Voilà une belle façon d’associer les peuples à des décisions d’importance ! Bien entendu, le capital pourra être augmenté à tout moment. Pour les récalcitrants, le MES aura autorité pour imposer des sanctions…

Une fois l’argent récupéré, il pourra être distribué aux États en difficulté. Le MES deviendra créancier à la place des autres États membres. Mais comme pour tout prêt d’argent, il sera accompagné de conditions particulières… Ainsi, le MES travaillera avec le FMI pour élaborer les programmes de remboursement, avec toutes les dérives qu’on  connait vis à vis des services publics, des programmes sociaux et du quotidien de millions de gens…

Une institution intouchable

Le pire reste à venir. Le MES, ses dirigeants et son personnel jouiront d’une immunité juridique totale. Comprenez : ils ne pourront être inquiétés par les lois et la justice d’une quelque manière, quelque soit leur action. Les documents produits par cette entité seront confidentiels et, encore une fois, les citoyens de chaque pays membre n’auront pas la possibilité de lever le petit doigt.

Cette immunité est presque un aveu des choses désagréables qui vont nous arriver si nous ne réagissons pas. En effet, cette institution sera autorisée à réclamer des sommes colossales aux États comme le nôtre,  »irrévocablement et sans conditions », sans être responsable devant les parlements ou la justice… Même s’ils nous tondent (légalement), le message est clair : « restez calmes, vous ne pouvez rien faire ». Est-ce là une forme démocratique, respectueuse de la souveraineté des États de la zone Euro ou est-ce la création d’une entité hégémonique aux pouvoirs conséquents, irresponsable et incontrôlable ?

Nous votons en mai-juin 2012 pour choisir nos représentants nationaux… mais en juillet 2013, quel pouvoir leur restera-t-il vraiment si ce traité est adopté ?

Réagissez !

Merci Megaupload !

Merci Megaupload ! Voici plus de deux ans que je renouvelle mon abonnement trimestriel à ce service. La justice américaine affirme – sans doute à raison – que l’entreprise cachée dernière les noms de domaine « Mega » blanchi de l’argent, commet des malversations… mais, finalement, je trouve cette entreprise bien plus sympathique que les majors qui ont obtenu sa peau.

Car Megaupload n’a fait que s’insérer dans une faille laissée béante par l’inconsistance et l’incompétence des lobbys des ayants-droits. Alors qu’Internet offre de nouvelles manières de vendre, de distribuer et d’échanger, ils préfèrent faire tenir un business model digne du siècle dernier le plus longtemps possible.

Megaupload m’a permis de télécharger des vidéos en VOSTFR impossibles à trouver légalement sur le marché français. Megaupload m’a permis de télécharger des vidéos jouables sur n’importe quel média : télévision, ordinateur, tablette ou portable. Megaupload m’a permis de découvrir plein de choses que la plupart des chaines françaises ne diffuseront jamais. Megaupload était une solution centralisée me permettant d’échapper à la connerie des studios préférant vendre leur catalogue séparément. Megaupload m’a permis de voir des films qui ne méritaient même pas un paiement à l’unité.

A mon sens, les majors prouvent encore une fois leur bêtise et leur méconnaissance des nouveaux usages liés à Internet. L’internaute d’aujourd’hui va au cinéma, mais il se fout des supports physiques comme le DVD ou des plateformes VOD, trop restrictives. Il veut récupérer un fichier, pouvoir le jouer comme il le veut et sur le support qu’il veut. Non seulement Megaupload travaillait avec les majors (les liens douteux étaient immédiatement supprimés), mais je pense que les majors auraient tout intérêt à créer un Megaupload-like, légal, proposant un catalogue complet et accessible… Mais la gestion des droits malheureusement est un véritable frein à cette utopie. Pourtant, l’internaute moyen est prêt à dépenser de l’argent pour des solutions simples, complètes et offrant un maximum de libertés : le succès de Spotify est un exemple de réussite pour la musique !

Merci Megaupload ! Et merci d’avance à ceux qui reprendront le flambeau, car force est de constater que nous ne sommes pas prêts de voir des offres légales égaler ce que l’Internet « underground » propose. En attendant, je continue à rêver d’une offre légale et intelligente sur Internet.

Le « sale mec » qui fâche… pour rien !

Ouf ! L’UMP, en mal d’idées pour masquer l’échec de 5 ans de sarkozysme, vient de trouver un nouveau cheval de bataille. François Hollande aurait qualifié le président-candidat sortant de « sale mec ». Immédiatement, les portes-flingues de Nicolas Sarkozy, Morano et Guéant en tête, ont accablé le candidat socialiste de critiques : « indigne d’un candidat à cette fonction » et j’en passe.

En réalité, les propos de François Hollande sont plus mesurés, même si le « sale mec » apparaît en effet. Lors d’un déjeuner, les journalistes lui demandent de se mettre dans la peau de son concurrent. Hollande réplique « Il va se présenter devant les Français et leur dire : Je suis un président en échec depuis cinq ans, je suis un sale mec, mais réélisez-moi parce que, dans cette période difficile, je suis le seul capable. »

Tant pis, la droite va s’approprier ses propos et faire feu de tout bois. Cette même droite oubliera certainement les saillies de son poulain à l’égard de ses homologues internationaux, des journalistes « Amis pédophiles, à demain », à ses concurrents… et même des Bretons !

Alors, chers amis de droite, arrêtez de jouer les pleureuses et nettoyez soigneusement devant votre porte. Non seulement les propos de François Hollande sont tirés de leur contexte, mais en plus votre chouchou de candidat a fait bien pire alors qu’il était déjà confortablement installé dans la fonction présidentielle. La seule vérité que j’en retire, c’est que vous n’avez rien à dire, aucun bilan à défendre… et que vous n’avez que l’invective pour exister. J’espère que les urnes vous enverront promener loin du pouvoir tant vous ne le méritez plus.

Pour le printemps arabe, contre l’hiver des fanatiques

Les locaux de la rédaction de Charlie Hebdo ont été incendiés au cocktail Molotov dans la nuit de mardi à mercredi. On ignore encore qui sont les auteurs de ce forfait. Le journal satirique a déclenché la fureur de la communauté musulmane en titrant « Charia Hebdo » et en illustrant la première page d’un Mahomet promettant « 100 coups de fouet si (nous ne sommes) pas pliés de rire« . La rédaction souhaitait ainsi « fêter » l’arrivée au pouvoir du parti Ennahda en Tunisie et l’application de la charia. Le site internet du journal a aussi été hacké.

Quoi qu’on puisse penser de Charlie Hebdo, une attaque d’une telle ampleur contre un titre de presse n’est pas anodin. Il est encore trop tôt pour accuser qui que ce soit. Mais déjà, les récupérations crasseuses se multiplient, notamment de la part de ceux qui associent facilement islam et islamistes. L’attaque est ainsi du pain béni pour les Marine Le Pen et consorts. Dans une déclaration à l’AFP, la rédaction de Charlie Hebdo a assuré « être contre tous les intégrismes religieux, mais pas contre les musulmans pratiquants » [...] « Nous sommes pour le printemps arabe, contre l’hiver des fanatiques ».

Interrogé sur i-Télé ce matin, Charb – rédac chef – s’est exprimé sur l’affaire,« Quand on traite de Nicolas Sarkozy, personne ne le dit, parce que c’est notre métier d’aller trop loin. Il y a un traitement particulier qui doit être réservé à l’Islam et ce n’est pas normal du tout ! Les musulmans radicaux en France représentent peu de gens, en plus on a à faire à une minorité qui croit parler au nom de l’islam mais c’est surtout au nom de la connerie ! »

Notons que les mêmes « soutiens » de Charlie Hebdo n’ont guère bronché quand les manifestations « vigoureuses » de catholiques intégristes ont gêné la représentation du spectacle de l’Italien Romeo Castellucci intitulé « Sur le concept du visage du fils de Dieu » : jets d’oeufs, introduction d’armes blanches dans le théâtre du Châtelet, insultes et invectives.

Le Figaro, premier porte-parole de l’Elysée

Avec un rédacteur en chef ouvertement de droite comme Etienne Mougeotte, il ne faut pas s’étonner que l’objectivité de la ligne éditoriale du Figaro se détériore à l’orée des présidentielles. Le directeur de la rédaction du Figaro avait pourtant annoncé la couleur il y a quelques semaines en déclarant à ses troupes : « On n’est pas là pour emmerder la droite, c’est comme ça. Si ce que vous voulez, c’est qu’on aille gratter sur ces affaires, c’est non. […] Pour être bien au Figaro, il faut épouser les idées du Figaro.«  Amen !

Etienne Mougeotte, directeur des publications au Figaro, a clairement choisi de soutenir Nicolas Sarkozy, même si cela doit en coûter la respectabilité d'un grand titre de presse.

A partir de là, comment croire un seul instant l’objectivité d’un tel titre de presse ? Aujourd’hui, c’est un sondage OpinionWay, commandé par le Figaro, fait scandale. « Selon 58% des Français, le style Sarkozy a changé en bien« , titre le journal. Sauf qu’à bien regarder les chiffres, on découvre rapidement un pipeautage grandiose… Pipeautage qui va même jusqu’à mettre la rédaction dans l’embarras, selon le Post, à tel point que le titre à depuis été modifié sur le site internet. En fait, le Figaro avait juste omis un détail dans le titre, qui aurait dû être : « Pour les 49% de Français jugeant que le président exerce sa fonction de manière différente, 58% pensent qu’il a changé en bien« . Avouez que, d’un seul coup, l’information n’est plus la même.

Qu’importe, le message est passé… Le Figaro, journal de droite dont la qualité a rarement été démentie, affiche donc clairement son soutien à un candidat à la présidentielle, au point d’en gêner certains journalistes en interne. A partir de ce jour et jusqu’au jour de la proclamation des résultats le 6 mai, je considérerai donc les informations concernant la majorité et son candidat comme erronées, mensongères et partiales. Qu’elle est belle, la France de Sarkozy !

La Finance s’invite aux prochaines élections

La nouvelle est tombée dans la nuit : la célèbre agence Moody’s met la France sous surveillance pour quelques mois. Le pays pourrait ainsi voir sa note souveraine abaissée, faute de convaincre les ronds de cuir privés…

Immédiatement, les portes fusils UMP ont réagi. Roselyne « Crocs roses » Bachelot a martelé ce matin que cette surveillance incluait aussi le programme PS et les déclarations de François Hollande. Elle en appelle à plus de responsabilité et de vérité (bla bla bla…). Elle ne fait que répéter les arguments de langage issus de la cellule « riposte » de l’Elysée : décrédibiliser le programme PS et son candidat. C’est faire oublier bien vite le bilan désastreux de Sarkozy et ses décisions inconséquantes… mais passons…

La Finance s’invite donc dans notre campagne. Car celle-ci va scruter attentivement l’évolution législative du pays… et on sait pour qui elle roule, la Finance. On connaît son aversion pour les services publics, par exemple. C’est presqu’étonnant que Moody’s se réveille juste après la nomination de Hollande – comme un message aux socialistes : « Nous sommes la Finance, abaissez vos boucliers, vos opinions seront intégrées à notre collectif, vos vies serviront les nôtres. Toute résistance est inutile. »

La Bachelot, en bon petit soldat, a déjà prédit des jours plus difficiles. Sarkozy va être amené à prendre des décisions rudes et impopulaires alors qu’il sera en campagne : une première. Elle exhorte le PS à revenir « à la réalité », avant de sortir un violon et nous jouer le couplet de son engagement pour le pays.

En face, comment réagira le PS ? Vont-ils assumer leur (bon) programme, vaille que vaille, face aux mises en garde « courageuses » du camps d’en face ? L’UMP ne manquera pas, en effet, de se poser en acteur « réaliste » face à une gauche « à côté de la plaque ».
J’espère que Hollande et le PS tiendront le coup. La France – et notre économie – a tant besoin de justice sociale. Elle mérite mieux que ces cinq dernières années… n’en déplaise à Moody’s !

Contre le « ni ni », votez Martine dès dimanche prochain !

Plus que deux candidats en lice… et un beau succès pour le premier tour de ces primaires citoyennes. Deux millions de personnes se sont déplacées pour élire leur candidat qui représentera le PS aux élections présidentielles de 2012. C’est un beau score et la preuve que la population s’intéresse à la chose politique.

Le deuxième tour s’annonce serré avec un François Hollande à 39% et une Martine Aubry à 31%. Si Manuel Valls (6%) a d’ores et déjà annoncé son rattachement à Hollande et Ségolène Royal (7%) à Martine Aubry, l’arbitre du second tour sera assurément Arnaud Montebourg et ses 17% de voix. Que décidera-t-il ?

Deux candidats s’offrent à lui. Deux bons candidats dont les discours d’hier soir ont marqué deux personnalités très différentes.

François Hollande s’est placé en rassembleur prompt à « battre Nicolas Sarkozy ». L’index vif, il l’a martelé à plusieurs reprises. Il félicite vivement ses adversaires et fait même un peu de pied à Arnaud Montebourg en souhaitant une « nouvelle République » (Arnaud Montebourg est un fervent défenseur d’une VIe République). C’est un discours politique, d’homme politique, de séduction.

Martine Aubry, elle, s’est montrée plus vindicative et concrète. Elle rappelle son cap, tacle Hollande en rappelant qu’elle a toujours gardé une même ligne directrice (Hollande a changé d’avis plusieurs fois concernant Hadopi ou le cumul des mandats, par exemple) et qu’elle est contre le cumul des mandats (un problème propre à Hollande, mais aussi Montebourg). Elle souhaite affirmer une « gauche forte » face à Nicolas Sarkozy. Là encore, la critique est dirigée contre son concurrent, accusé parfois d’être le chantre d’une gauche molle…

Hollande, nouveau candidat du « ni ni » ?
François Hollande est un candidat sans surprises et certainement le plus à même de battre Sarkozy… maisla Francea-t-elle réellement besoin d’un candidat « normal » ? Hollande me donne la même impression que le « ni ni » de Chirac. Souvenez-vous : après la débâcle de la dissolution de l’Assemblée, Chirac avait tout fait pour ne plus faire de vagues. Hollande me paraît être pareil. Or, un chef d’État ne doit-il pas aussi avoir de la poigne ? Être capable de décisions rudes, à contre-courant des autres ? En onze ans à la tête du PS, Hollande a surtout prouvé ses capacités d’équilibriste. Pas de vagues… Je comprends le côté rassurant d’un tel profil après cinq ans de gesticulations. Cela donnerait-il raison à Sarkozy, quand il affirme quela Francea peur des réformes ?

En face, et malgré ses « casseroles » (elle ne souhaitait pas se lancer dans la course et c’est la dame des 35 heures), Martine Aubry a démontré qu’elle était une femme pugnace, affirmée et convaincue. Elle avoue elle-même ne pas être dans une forme de séduction pour gagner et c’est sur son programme et ses convictions qu’elle se base. Ça tombe bien. Il est clair que face à Nicolas Sarkozy, elle a peut-être moins de chances de gagner… et pourtant, sur le personnage, sur la manière dont elle a mené sa campagne et sur le fait qu’elle n’a pas varié dans ses opinions depuis le début par rapport à son concurrent, je pense qu’elle fera une meilleure candidate de la gauche. J’espère qu’Arnaud Montebourg verra aussi que la « gauche forte » est plutôt dans le camp d’Aubry.

J’espère donc que Martine Aubry sera la candidate du PS pour 2012. Dimanche, les urnes diront qui a gagné.

Tristane… tais toi !

Tristane, loin de moi l’idée de ne pas compatir à ce qui a pu t’arriver si les faits venaient à être avérés, mais pourrais tu arrêter de t’afficher constamment sur les plateaux télé ou dans les journaux ? Ta figure et tes complaintes àla MimiGeignarde(personnage hautement lacrymal de la saga Harry Potter) commencent à devenir lassantes… elles tranchent surtout avec le récit presque « potache » que tu contais chez Ardisson en 2003. Huit ans après, tu passes du rire aux larmes ? Pourquoi un tel changement ? Un bouquin qui se vend mal ? L’appât d’un gros magot ?

Désolé, Tristane, mais le viol est un acte grave. Nombre de femmes (et même d’hommes) ont déjà subi cette souillure physique et morale… peu en ont toutefois fait un fond de commerce. Ce battage médiatique qui gravite autour de toi est dérangeant. Non ! Je ne dis pas qu’il faut fermer sa gueule quand on se fait violer… mais avoue que ce revirement face à un personnage public comme DSK est suspect. Il alimente un doute autour de tes intentions. Les plus féministes diront que c’est faux, qu’on met toujours en doute la parole de la femme… personnellement, ce n’est pas mon cas. Des doutes il y a aussi sur la version de DSK… mais avoue qu’il représente un joli paquet d’euros s’il devait cracher au bassinet.

Tristane, tu souhaiterais t’ériger en icône pour toutes les femmes violées de France et de Navarre. Prends garde ! Si tu tombes, c’est une noble cause qui va s’en trouver affaiblie. Car que vaudra la parole d’une femme violée ensuite ? On dira « c’est comme Tristane Banon, elle veut se faire du fric » ? Réfléchis bien.

Soit toutefois assurée d’une chose : si la justice confirme le viol, alors tu auras mon soutien. En attendant, tais-toi, taisez vous DSK et toi et laissez la justice faire son job loin des journalistes. Vous serez sympas !

Xavier « Gentil » Bertrand et ses curieuses priorités

La lutte contre « l’assistanat » est actuellement le fer de lance dela Droite populiste, xénophobe, rance, homophobe, pétainiste, poujadiste Populaire. Xavier Bertrand, gentil ministre dela Santé, a accordé une oreille amicale aux propositions vaseuses de ce courant de l’UMP concernant la fraude sociale (environ 20 milliards d’Euros !).

Le gentil ministre UMP a annoncé vouloir taper sur les vilains doigts des allocataires qui détournent les prestations sociales, en créant un fichier unique. Pourtant, les chiffres officiels sont clairs : la fraude aux cotisations patronales et salariales non versées en raison du travail au noir représentent entre 8 et 15,8 milliards et celles aux prestations (indemnités d’arrêts maladie, allocations familiales, RSA, etc.) entre 2 et 3 milliards. Belle leçon de priorités que nous offre là Xavier Bertrand !

Depuis quand l'UMP devrait-il se soucier de l'intérêt général ?

Pourtant, le rapport rendu par la « Commission des affaires sociales en conclusion des travaux de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale sur la lutte contre la fraude sociale et présenté par Dominique TIAN » ne laisse aucun doute : l’Etat manque clairement de volontarisme pour lutter contre le travail illégal mené par les entreprises. Les fraudes réalisées par les allocataires sont réelles, mais considérées comme minimes.

Encore une fois, l’UMP a clairement choisi son camp. Pour faire plaisir à sa base de fachos qui s’ignorent populaire, on va mettre en œuvre des moyens conséquents pour récolter quelques peccadilles, tout en stigmatisant les pauvres. Pendant ce temps là, les copains entrepreneurs (du BTP, notamment) continueront de dormir sur leurs deux oreilles… et sur les milliards qu’ils doivent à la nation !

Pour en finir avec les agences de notation

Après nous avoir cassé les couilles avec le  plafond de la dette US, voici qu’une agences de notation vient de dégrader la note de l’Oncle Sam. Les dirigeants du monde entier ont serré les fesses durant tout le weekend.

Mais qui sont ces agences qui font la pluie et le mauvais temps sur la finance mondiale ? Sur quelle légitimité s’appuient ces entreprises privées, sachant que leurs décisions peuvent mettre à genoux des États ?

Plusieurs choses m’exaspèrent dans ces entreprises. Tout d’abord, elles ont des actionnaires – investisseurs qui demandent des retours sur investissement, des dividendes. Ils interviennent sur les marchés, on des stratégies sur le long terme… Autant la notation de crédits privés ne me pose pas de souci, autant la légitimé de fonds de pension, d’entreprises privées ou de banques ne me parait pas fondée face aux crédits souverains. Surtout que la mentalité ultra libérale qui anime ces entreprises va plutôt dans le sens de la casse des services publics. Comme par hasard, l’abaissement de la note doit – encore et toujours – être payé par les peuples, par l’abandon des services publics, etc. D’après un texte trouvé sur les blogs du journal Le Monde, ce sont même les banques qui financent les agences de notation… peut-on être réellement juge et partie ?

Quid de la transparence du travail des agences ? Après leurs bévues qui ont causé la crise des subprimes – elles n’avaient rien vu venir ! – on est en droit d’attendre à plus que des déclarations tonitruantes. Comment travaillent-elles ? Se justifient-elles ? Quelle objectivité ? Je ne suis pas assez spécialiste pour répondre, mais nombre d’experts semblent pointer du doigt de sérieuses carences dans ce domaine.

Plus que jamais, les États européens doivent se réunir, créer leur propre agence de notation publique, rendant des avis souverains et indépendants, et s’affranchir de ces oracles de mauvais augure. Les Chinois l’ont bien compris. D’ailleurs, leur propre agence avait déjà abaissé la note des US avant que Standard & Poor’s le fasse. Ou alors, que des personnalités publiques reconnues viennent siéger aux conseils de gouvernance de ces entreprises, notamment dans le cas de crédits souverains.

S’il faut nécessairement un baromètre pour aiguiller les décideurs, ce baromètre-là donne-t-il réellement et objectivement les bonnes mesures ?

Oslo : les incendiaires s’offusquent

Quatre jours après le massacre en Norvège, l’extrême droite européenne tente de faire profil bas et d’attribuer l’acte barbare de Anders Behring Breivik à un pur problème psychologique. En France, Marine menace de porter plainte contre toute personne osant faire l’amalgame entre le FN et cet évènement.

Pourtant, je rejoins le MRAP qui attribue une part de responsabilité aux partis et mouvements qui répandent leur haine de l’autre. Ôtez moi d’un doute, mais la résistance à l’islamisation de la société ne ferait-elle pas partie de l’idéologie de l’extrême droite franchouillarde ? A force de seriner ce discours fielleux à longueur temps, il fallait bien qu’un esprit faible s’en empare et y donne corps.

D’ailleurs, n’en déplaise à Marine, la « fachosphère » n’est pas si outrée qu’elle. Jacques Coutela, candidat FN aux cantonales de mars dans l’Yonne, présente Breivik comme un « résistant, une icône, un nouveau Charles Martel, luttant contre l’invastion musulmane » sur son blog.

La raison de l’action terroriste du nationaliste norvégien : combattre l’invasion musulmane,
Faisons de ce résistant une icône

Laurent Ozons, proche de Marine Le Pen, tweete de son côté :  »Expliquer le drame d’Oslo : explosion de l’immigration: X6 entre 1970 et 2009« . Les forums liés à l’extrême droite gravitent entre humour gras, théorie du complot… voire l’admiration pure et simple.  »Parabellum » explique ainsi qu’il « espère bien que le prochain sera français et qu’il fera un carnage dans une mosquée ou des prières de rue. Qu’on en finisse. »« Tous les Européens de Souche ne sont pas des ‘impérialo-materialo-agnostico-athées’ faibles et endormis : il me semble qu’un Norvégien de Souche vient de le démontrer », ajoute « Invaders go home ». Amen !

Non, Marine, tu ne peux balayer la responsabilité de partis comme le FN d’un geste de la main. Breivik était un esprit faible. C’est gavé de théories comme celles que le FN et tous les parties xénophobes européens distillent depuis des années qu’il est passé à l’acte : contre un parti qu’il suspectait de favoriser l’islamisation.

Ceux qui craquent l’allumette meurent rarement dans l’incendie. 

Une bonne tête vide et peu de jugeotte : le terreau idéal pour les idées les plus dangereuses

Quand Mariton parle de la famille, on dégaine les révolvers !

Je reprends ci-dessous le contenu intégral du communiqué de presse de l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) publié en réaction aux propos de Hervé Mariton.

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Le monde revu et corrigé par Hervé Mariton

Dans une interview publiée le 20 juillet (http://lci.tf1.fr/france/societe/adoption-herve-mariton-preconise-la-preference-aux-couples-6592623.html), Hervé Mariton, Député UMP et coauteur du rapport proposant 30 propositions pour promouvoir « la famille durable » affirme des propos inquiétants :

« L’homoparentalité en France n’est pas établie par la loi ». Les juges reconnaissent de plus en plus les familles homoparentales. Très récemment dans le sud de la France, après le décès de la maman légale, un juge a confié la garde de l’enfant à sa partenaire survivante considérant qu’il était de l’intérêt supérieur de l’enfant de poursuivre son évolution avec la partenaire de sa mère légale plutôt que de le confier à un membre de sa famille biologique. Lorsque le législateur refuse de faire son travail, force est de constater que la justice ne botte pas systématiquement en touche…

« Une personne célibataire peut adopter et ensuite se trouver dans une relation personnelle homosexuelle ». Quid d’une personne se trouvant déjà dans une relation personnelle homosexuelle et souhaitant adopter ?! Depuis la condamnation de la France par la CEDH le 21/1/2008, aucune circulaire officielle envoyée aux Conseils Généraux n’a rappelé officiellement l’interdiction de faire état de l’orientation sexuelle du requérant d’un agrément pour adopter. Plusieurs instances sont toujours en cours pour contester des refus d’agrément basés directement ou indirectement sur l’homosexualité du requérant.

« Mais si demain la République reconnaissait des enfants nés de couples homoparentaux, est-ce qu’ils ne souffriraient pas, eux, d’une discrimination, celle de ne pas avoir de père et de mère ? ». Les enfants vivant dans les familles homoparentales vivent aussi bien que les autres et sont en effet discriminés mais par les députés qui refusent de permettre au second parent d’obtenir les mêmes droits et devoirs que leur parent légal.

«Dans le schéma de l’homoparentalité il y a en réalité plus de deux parents ; puisqu’il y a le couple qui veut l’enfant mais aussi la mère porteuse si ce sont des hommes, ou le père dit biologique si ce sont des femmes. Cela signifie une configuration où il y a 3 ou 4 parents ». Seule la confusion entre lien biologique et réalité familiale permet d’écrire une telle absurdité. Dans l’adoption plénière par exemple, il n’existe que deux parents dans le cas d’un couple hétérosexuel adoptant ou même un seul parent dans le cas d’un célibataire adoptant. Le lien biologique ne prime pas et est même ignoré. Dans les pays où la gestation pour autrui est légalisée, la mère porteuse ne réclame surtout pas le statut de parent puisqu’elle fait un don de gestation pour des parents intentionnels. Dans le cas des donneurs de sperme, aucun donneur ne réclame le statut de parent ! Le Député souhaite accorder le statut de parent à des personnes qui n’en veulent pas et refuse ce même statut pour des parents qui le sont de fait ! Paradoxe inquiétant.

« S’agissant d’homoparentalité, je ne sais pas s’il y a une évolution de la société ». N’étant pas spécialiste, nous comprenons l’hésitation du Député Mariton mais souhaitons lui apporter une réponse par la voix de Maurice Godelier, anthropologue qui déclarait le 4 décembre 2010 que « l’homoparentalité constitue une évolution irréversible ». A lire d’urgence pour certains, à relire pour d’autres.

Espérons que ces idées défendues par quelques parlementaires surfant sur une vague idéologique proche de celle du FN n’impliquent pas l’UMP toute entière et correspondent à une posture électoraliste. Espérons aussi que les cadres de ce parti saurons défendre la liberté individuelle d’aller, d’être et d’agir comme la République le permet. Ce n’est pas en remettant en cause des libertés acquises que la France se grandira. En voulant rayer d’un trait l’idée même des familles mono et homoparentales et en brandissant comme modèle un diktat familial, ces parlementaires prennent un chemin inquiétant qui rappelle certaines définitions de l’ordre moral, social et idéologique d’un passé récent.

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Contact Presse :

Association Des Familles Homoparentales (ADFH), Alexandre URWICZ, Coprésident, presse@adfh.net, tél : 0970 407 703 (prix appel local)

En savoir plus :
http://www.adfh.net