Ras le bol des mensonges de la Manif pour tous

Derrière les couleurs chatoyantes de la Manif pour tous : la crème des associations intégristes et extrémistes du pays.

Depuis les premiers jours des débats, la Manif pour tous, mouvement contre le mariage pour tous, n’a cessé de jouer sur la corde sentimentaliste les mensonges et la caricature la plus outrancière. Ils ont d’abord prétendu « défendre les enfants », alors qu’ils ne défendent qu’une conception idéologique de la famille et de l’enfant, méprisant les milliers d’enfants élevés dans des familles ne correspondant pas au « modèle traditionnel ». Ils ont ensuite crié qu’ils étaient « le peuple de France contre une minorité bobo » (ou contre un pseudo « lobby gay »). Non seulement cette vision de l’affrontement ressemble aux « bons Français » contre « l’anti-France » chère à Pétain, mais c’est oublier rapidement qui se cache derrière les couleurs chatoyantes de la Manif pour tous : la crème des associations intégristes et néofascistes du pays. Du brun caché sous une patine de rose et de bleu. Ils hurlent ensuite au déni de démocratie, arguant qu’ils seraient bafoués et méprisés par le pouvoir… Pourtant, j’ai l’impression de les voir et de les entendre partout, sans aucune limite et sans aucun complexe. Ils s’énervent que la Préfecture de police de Paris leur interdit de défiler sur les Champs Élysée, alors qu’ils savaient ce « point de détail » dès le départ des discussions avec cette administration (leur courroux n’est donc qu’une manipulation de plus !). Ils encouragent « la morale » mais fraudent délibérément la SNCF en bénéficiant des tarifs mis en place pour Salon du livre. Leurs manipulations et leur caractère outrancier ne semblent plus avoir de limites, tant ils se croient dans leur bon droit. À tel point qu’ils semblent prêts à bafouer l’État de droit…

La démocratie s’est pourtant exprimée en mai et juin dernier. Nous avons voté. Un Président et une majorité se sont dégagés : c’est le fonctionnement de notre République. Je suis un citoyen français, fier de mon pays et de ses institutions. J’ai voté pour un programme de gauche et j’entends à ce que les représentants du Peuple l’appliquent. Même si François Hollande a été élu sur le rejet de Nicolas Sarkozy, il n’en reste pas moins le Président de la République, légitime. Je soutiens le projet de loi pour défendre TOUTES les familles et tous leurs enfants… pas seulement un modèle familial unique, idéologique, soutenu par des groupuscules extrémistes.

Cette manifestation est honteuse. L’argent qu’elle brasse – les centaines de milliers d’euros - aurait pu être utilisé pour aider réellement et concrètement les enfants : en finançant des causes justes et utiles comme les Restos du Coeur, le Secours Catholique et j’en passe. Mais la France bien pensante, manipulée par une poignée d’associations intégristes et extrémistes, préfère défendre une idéologie de haine et d’exclusion.

J’espère que la Manif pour tous saura accepter l’échec – car la loi passera – et redistribuera son trésor de guerre à des causes réellement utiles aux enfants. Que tout ce tintinmarre serve enfin à ceux qui sont privés de leur voix dans ce débat devenu aussi grotesque que Frigide Barjot et ses sbires.

La honte exprimée au travers d’un beau texte

Sophie Lannefranque (auteur), a très bien résumé ma colère. Je partage son texte :

« J’ai honte. Honte qu’il nous reste si peu d’esprit, si peu de sensibilité, si peu de fraternité. Honte comme un certain 21 avril. Honte depuis ce 21 avril que la bassesse succède à la bassesse. Que l’accumulation des jours ne leur ajoute rien. Honte de voir que sous le vernis d’une société moderne et libre sommeille un immense champ de mines réactionnaire. Honte pour tous les couples homosexuels de ce pays, obligés de supporter cette énorme marche de bêtise haineuse à venir, mais aussi honte pour toutes les familles traditionnelles « maman-papa-enfants » qui s’en iront défiler ce jour là, sans même avoir été effleurés une seconde par l’idée, par la possibilité qu’un de leurs enfants devienne lui-même homosexuel un jour. Et n’y puisse rien. Et tombe amoureux. Et n’y puisse rien. Contre quoi, bon sang, allez vous défiler ? Contre l’avenir ? Contre l’âme humaine ? Contre l’amour ? Contre la vie réelle ? Honte.

Sonia ne doit pas avoir le droit d’épouser Charlotte ? Stéphane ne sera jamais le mari de Bernard ? Vous allez défiler dans la rue contre leurs amours ? Pour le vôtre ? Parce que le vôtre, lui, est légal ? Respectable ? Honte. Car rien ne vous donne le droit d’interdire quoique ce soit qui ne vous nuise pas, relisez la constitution. Vous craignez que les mariages gays ne diminuent la natalité ? C’est vrai que nous ne sommes pas assez nombreux. Et en les interdisant, vous pensez quoi ? Que les homosexuels, enfin ramenés à la raison par un discours courageux et rationnel, rejoindront en pleurant les rangs de l’hétérosexualité ? En vous remerciant de les avoir sauvés du gouffre ? Honte. Honte de cette misère de la pensée qui va déferler dans Paris comme une boue d’un autre âge, comme une maladie. Car vous ne défilerez ni contre la maltraitance des enfants, ni contre les pères incestueux ni contre les mères tortionnaires ni contre les familles destructrices. Pourquoi ? Parce que cela a le droit d’exister à vos yeux. Parce que ça, c’est naturel. Parce qu’on préfère ne pas le savoir. Parce que c’est dans la famille et ça y restera. Honte. Honte. Absurdité. Profond mépris des hommes et des femmes. En quelle année sommes-nous déjà ? 2013 ?

Pauvre année qui commence. Et pauvres vies que les vôtres qui n’aurez trouvé dimanche aucun lieu de progrès de l’humanité où conduire vos enfants. »

Merci à elle et à toutes celles et ceux qui ont refusé de ce joindre aux forces de la haine qui défilaient masquées de bonnes intentions.

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Hétéros, homos : marchons ensemble le 27 janvier pour faire avancer notre société !

La manifestation qui aura lieu le dimanche 13 va bien au-delà de la simple opposition au « mariage pour tous ». Christine Boutin, bien connue pour naviguer dans le sérail des catholiques intégristes et des associations anti-IVG, a vendu la mèche hier sur Twitter.

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#manif13janv : c’est la france qui a ras le bol des valeurs libertaires de 68 ! C’est une manif d’ordre culturel ! Bcp plus fondamentale

L’opposition au mariage gay et la défense du « droit de l’enfant à avoir un papa et une maman » ne sont donc que des prétextes à un autre combat mené de longue date par des courants intégristes depuis des années. Ces mêmes courants qui ont tenté d’empêcher toutes les grandes avancées sociétales que nous jugeons normales aujourd’hui : IVG, droit de vote pour les femmes, contraception, divorce, etc.

La manifestation du 27 janvier prochain à Paris n’est donc pas seulement un soutien au projet de loi, mais une manifestation pour réaffirmer son refus d’un modèle de société imposé et hors de la réalité de notre époque. Elle ne concerne pas que les homos, mais tous les citoyens !

  • Tu te fous complètement du mariage, tu y es peut-être même opposé, mais tu conçois qu’un couple homosexuel veuille le faire ? Viens marcher le 27 janvier !
  • Tu veux participer à mon mariage un jour (on sait jamais, mais avant y en aura d’autres !) et ce sera l’occasion de faire la fête sans pour autant « détruire la famille et la société«  ? Viens marcher avec nous le 27 janvier !
  • Tu penses que tout ce bordel autour du mariage est ahurissant et qu’on ne devrait même plus débattre de ça en 2013, quand des gens crèvent de faim dehors ? Viens le leur rappeler le 27 janvier !
  • Tu penses que le mariage est une histoire d’amour et qu’un couple homo peut, comme un couple hétéro, souhaiter s’unir pour fonder une famille et élever des enfants ? Marche donc avec moi le 27 janvier !
  • Tu estimes que quand il y a écrit « Liberté, Égalité et Fraternité » sur le fronton de nos écoles, ce n’est pas rien ? Viens le rappeler le 27 janvier !
  • Pour toi, la famille ce n’est pas seulement « un papa et une maman », mais aussi plein d’autres combinaisons (familles monoparentales, recomposées, homoparentales) qui n’ont jamais empêché les enfants d’être heureux ? Viens le dire avec moi le 27 janvier !
  • Même si tu te fous du mariage (ou pas), tu penses que le souhait de vouloir marier deux mecs ou deux filles n’est pas le fruit d’un caprice ou d’un « lobby rose », mais du désir simple d’égalité dans une société moderne ? Battons le pavé ensemble le 27 janvier prochain !
  • Tu penses que deux mamans ou deux papas peuvent élever correctement et dignement un enfant ? Viens marcher le 27 janvier !
  • Tu penses que l’intolérance, le racisme, les idées reçues ou l’homophobie sont des dangers pour les enfants ? Viens les protéger avec nous le 27 janvier !
  • Tu as des convictions religieuses et penses que le mariage civil n’a rien à voir avec des principes religieux et que les autorités religieuses ont outrepassé leurs fonctions ? Viens le leur rappeler le 27 janvier !
  • Tu penses que la « loi naturelle » est un beau prétexte aux idées les plus douteuses ? Viens le dire avec moi le 27 janvier !
  • Tu as réellement des ami(e) homos et tu es dégoûté(e) par ce que tu entends et lit en ce moment de la part des opposants en ce moment ? Viens le leur dire le 27 janvier.
  • Tu ne penses pas que ton ami(e), ton frère/ta sœur, ton voisin, ta voisine, ton/ta collègue, ton père, ta mère soit un dégénéré parce qu’il (elle) est homosexuel(le) ? Montre-le-lui le 27 janvier !

Le mariage pour tous – ou mariage gay – fera partie des grandes évolutions sociétales. Elles se sont presque toujours toutes obtenues par la lutte des minorités et de leurs soutiens !

Ami(e), famille, proche, collègue… Nous avons – j’ai – besoin de vous. Je n’ai pas envie de me marier, mais je suis du côté de toute personne qui souhaite le faire. Parce que j’estime que c’est juste. Je soutiens tous les couples qui désirent sincèrement avoir un gosse et avoir la protection de l’Etat pour pouvoir l’élever sereinement, avec amour.

Face aux invectives abjectes que les gays et les lesbiennes se prennent chaque jour depuis le début des débats, j’ai besoin de vous, j’ai besoin de savoir que vous me soutenez. Je n’ai pas envie de tendre la joue gauche et d’attendre patiemment. J’ai besoin de sentir que ce combat n’est pas seulement celui des gays ou des lesbiennes, mais de toutes les personnes ne partageant pas la vision de la société que veulent nous imposer ces « bien pensants ».

Le 27 janvier 2013 à Paris, venez défiler pour l’égalité, pour une société belle et diversifiée, respectueuse des gens, des enfants et de leur droit au bonheur.

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Les ancêtres des manifs pour tous se sont toujours plantés !

Le mariage pour les personnes de même sexe n’en fini pas de faire couler de l’encre… et de la haine. Pourtant, pour toutes les grosses évolutions sociétales, ce sont les minorités qui ont fait bouger les choses en faisant face aux ancêtres des « manifs pour tous » qui prédisaient – le refrain est connu – la destruction de la société ou de la famille.

Les femmes ont partie liée avec ces valeurs supérieures que sont la nature, l’amour, le dévouement, la gratuité du don. Les «jeter brutalement dans l’arène politique» les exposerait à une contamination dommageable pour ces valeurs mêmes. (lien)

  • Contre la peine de mort, il y avait aussi une manif pour tous, une majorité de gens était d’ailleurs contre la suppression d’une pratique qui relevait de « l’évidence ».
  • Contre le fait d’accorder les mêmes droits civiques aux noirs qu’aux blancs, aux Etats-Unis, il y avait une manif pour tous.
  • Contre la légalisation de l’IVG, il y avait (il y a toujours, car ce sont les mêmes) une manif pour tous.
  • Contre la légalisation du divorce, il y avait aussi une manif pour tous.
  • Il devait même y avoir une manif pour tous du temps de Pétain, pour défendre sa vision joyeuse du modèle patriarcal.

À chaque fois, les avancées sociétales sont rentrées dans les mœurs, la famille et la société ne se sont pas effondrées et personne – à part quelques extrémistes – n’ont osé revenir dessus.

Cette même majorité de « bons français » qui réclame à tout va un référendum « pour plus de démocratie », n’a pourtant pas ouvert sa bouche lorsque Nicolas Sarkozy a touché aux retraites ; sujet qui, selon moi, méritait plus un référendum que le mariage.

Nous avons élu un président. Nous avons élu des députés et une majorité s’est dégagée. Ils sont nos représentants. C’est la base même de nos institutions. Le « mariage pour tous » faisait partie du programme et il sera voté.

Deal with it !

Une banderole qui aurait aussi bien pu être utilisée contre l'IVG, contre le droit de vote des femmes, contre l'autorisation des divorces, etc.

Une banderole qui aurait aussi bien pu être utilisée contre l’IVG, contre le droit de vote des femmes, contre l’autorisation des divorces, etc.

La protection de l’enfant, cache-sexe de l’homophobie

L’extrême droite et la frange dure catholiques aiment protéger l’enfant quand cela peut servir leurs intérêts. A la parution du nouveau Code pénal en 1994, au moment où l’outrage aux bonnes moeurs était supprimé, c’est derrière la « protection de l’enfant » que Christine Boutin (déjà elle) et Charles Jolibois avaient fait voter l’article L227.24.

Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.

Avouez que la protection de l’enfant avait bon dos… il s’agissait surtout pour des associations d’extrême droite d’attaquer des journaux comme Charlie Hebdo ou autres en se basant sur les termes flous comme la « dignité humaine ».

Aujourd’hui, c’est toujours la « protection – et le respect – de l’enfant » qu’invoquent ces mêmes personnes quand ils expliquent leur opposition au mariage gay. Selon eux, il faudrait forcément « un papa et une maman » pour que l’enfant se développe correctement. C’est comme ça depuis la nuit des temps. Dont acte.

Pour moi, sortir cet argument est le plus dégueulasse. C’est d’abord faire affront à tous les gosses qui ont été élevés dignement et correctement par une maman seule, un papa seul, voire un papa et une belle maman, une maman et un beau papa… La réalité de notre société a beaucoup évolué depuis le « travail famille patrie » cher à Pétain et son modèle patriarcal.

Considérer qu’un enfant a obligatoirement besoin « d’un papa et d’une maman« , c’est cracher sur une autre réalité : l’homoparentalité est déjà une réalité en France comme dans plein de pays dans le monde. Des enfants ont déjà deux papas ou deux mamans et sont élevés correctement, avec dignité. Des enfants élevés par des parents qui ont voulu construire une famille par amour, et non par caprice comme certains aiment à le penser. Qui expliquera à ces enfants pourquoi des gens défilent et insultent leurs parents dimanche ? Il était temps que le législateur intervienne. Les couples homos et les familles homoparentales sont déjà une réalité, entraînant déjà un risque juridique pour les enfants que ces gens prétendent défendre.

Personne n’est bête : chez les mammifères, il faut un mâle et une femelle pour concevoir un bébé. C’est (c’était) dans le programme de biologie en 6ème ! Mais pour élever correctement un enfant, je pense qu’il faut simplement de l’amour… et ça, il n’y a même pas besoin d’être en couple pour en donner. Et il serait faux de croire qu’un enfant ne sait pas faire la différence entre la conception et sa famille. L’important est d’expliquer, d’être présent… et le protéger des gens qui manifesteront dimanche prochain !

Une chose est certaine : j’aurai préféré que tous ces curés, ces associations familiales, ces gens bien pensants mettent autant d’énergie pour protéger les enfants contre les abus des prêtres pédophiles à l’époque. N’oublions pas que le cardinal qui tentait d’étouffer ces affaires à l’époque est d’ailleurs devenu pape…

J’en ai ras le bol de ces gens qui utilisent les enfants comme prétexte aux idées qu’ils n’osent pas assumer ! Un enfant n’est pas un caprice pour les couples homos… qu’il ne soit pas le cache-sexe de l’homophobie !

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Les opposants au mariage gay ne sont pas homophobes

Christine Boutin comme Frigide Barjot le clament haut et fort : elles ne sont pas homophobes ! Frigide exhibe fièrement son T-shirt du Banana Café et s’enorgueillit d’avoir été de toutes les Gayprides, Christine rappelle qu’elle a « des amis homos ». Evidemment, le mouvement qui refuse aux couples homosexuels le droit (simple) de se marier comme n’importe quel autre citoyen n’est pas homophobe…

Ils ne sont pas homophobes, mais ils craignent pour la société. Le mariage homosexuel risque simplement de l’entraîner dans la « décadence » (Serge Dassault) voire à sa destruction pure et simple.

Ils ne sont pas homophobes, mais le mariage gay est la porte ouverte à la polygamie ou à d’autres bizarreries. Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, y est allé de sa tirade : « Après, ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera« . L’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), des hommes de foi proches des Frères Musulmans, proclamait aussi son inquiétude : « Si le mariage entre deux personnes deviennent une norme, alors les revendications les plus incongrues peuvent le devenir. Qui pourra délégitimer la zoophilie et la polyandrie au nom du sacro-saint amour ? »

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Ils ne sont pas homophobes, mais deux mecs qui se marient, ça dénature l’esprit du mariage. De quel droit une minorité décriée par toutes les religions aurait-elle droit d’accéder aux privilèges des gens « normaux » ? Le Grand Rabbin de France n’est pas homophobe quand il ajoute que le problème de la loi, « c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble de notre société au seul profit d’une infime minorité ». C’est étrange, l’ensemble des pays ayant autorisé le mariage gay n’a pourtant pas sombré dans le chaos ou la décadence, mais passons.

Ils ne sont pas homophobes, mais le mariage ne peut concerner qu’un homme et une femme, parce que c’est l’ordre naturel des choses : permettre à l’espèce de procréer. Les couples mariés stériles ou trop vieux sont priés de se faire discrets.

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Ils ne sont pas homophobes, ils veulent juste protéger l’innocence des enfants et leur droit à avoir exclusivement un papa et une maman. Deux mamans ou deux papas risqueraient de compromettre le développement de l’enfant et de soumettre la petite tête blonde… aux invectives des homophobes. Qu’importe si de nombreuses expériences partout dans le monde battent en brèche cet argument. Qu’importe si l’hétérosexualité d’un couple n’a jamais protégé l’enfant d’abus ou de maltraitances. Qu’importe si la réalité des familles aujourd’hui compte un nombre incalculable de paramètres (familles mono/homo parentales, recomposées…).

Ils ne sont pas homophobes, mais il n’y a eu aucun débat public. Qu’importe si l’Assemblée Nationale a auditionné la plupart des professionnels, des religions présentes sur le territoire ou des enfants de familles homoparentales… sans que l’UMP n’y participe. Ils préfèrent venir mentir dans la rue.

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Ils ne sont pas homophobes, mais le mariage gay n’est qu’un caprice d’une minorité. Après tout, les gays sont bien capricieux : voilà qu’ils veulent aussi adopter des enfants (on a pensé à ces pauvres petites têtes blondes ?) ! Adopter un chien ne leur suffit donc plus ? Depuis quand une minorité doit-elle dicter sa loi à la majorité ? Depuis quand des citoyens payant des impôts comme les autres et participant à l’effort national comme tout le monde auraient-ils les mêmes droits que tout le monde ?

Ils ne sont pas homophobes, et l’Alliance pour les droits de la vie (maintenant Alliance Vita), Civitas, Génération identitaire ou le Front National sont des organisations militant pour le progrès et l’égalité dans notre société.

Ils ne sont pas homophobes, tout comme ceux qui refusaient le droit de vote aux noirs n’étaient pas racistes.

Ils ne sont pas homophobes… pourquoi ai-je donc envie de vomir à chaque fois qu’ils le disent la main sur le rosaire ?

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Les cathos fachos manifestent devant l’hôpital Tenon

Vous ne connaissez pas SOS Tout-Petits ? Alors vous ratez quelque chose. Cette association anti-IVG présidée par le docteur Xavier Dor manifeste régulièrement devant les hôpitaux pratiquant des IVG… et évidemment, ses membres se lâchent sur tous les sujets de société. Voici un reportage édifiant d’une manifestation enregistrée en novembre 2012.

Les cathos intégristes ont le droit à la prière de rue, eux (Photo DR)

Les cathos intégristes ont le droit à la prière de rue, eux (Photo DR)

On regrettera que la police et les pouvoirs publics soient plus motivés à chasser les prières de rue quand il s’agit de tapis et non de rosaire. Pire ! Ils malmènent les personnes qui expriment leur simple mécontentement de subir ce genre « d’église de rue ». Enfin, je pense que certains propos (ignobles) tombent clairement sous le coup de la loi…


SOS TOUT PETIT – Contre l’avortement à l’hôpital… par Spi0n

Pathétique Copé

Quel cirque ! Quel bordel ! Quel plaisir !

Copé : s’il échoue à la tête de l’UMP, il pourra toujours postuler au FN.

L’UMP se déchire depuis dimanche et dévoile (ce que je considère être) son vrai visage : un parti de fraudeurs dont les membres sont plus préoccupés par les ors du pouvoir que par l’intérêt général. Au sommet de ce beau merdier culmine Jean-François Copé, dont l’élection au poste de président a été « remportée » à une centaine de voix prêt face à son rival François Fillon. Si les proches de l’ancien premier ministre semblent avoir triché aux quatre coins du globe, Copé, lui, pouvait compter sur ses soutiens qu’il a placé à tous les postes clés du parti (Cocoe, commission de recours…).

Je ne pensais pas qu’on puisse trouver pire que Nicolas Sarkozy. Pourtant, à côté de Jean-François Copé, l’ancien président de la République semble presque être un homme modeste, sympa. Copé, c’est celui qui rêve de 2017. Je n’apprécie déjà pas Fillon, mais celui-ci avait au moins un peu de carrure. Jeff, c’est autre chose ! Ce populiste assumé a su flatter les idées les plus nauséabondes de son parti et s’associer aux pires éléments du sarkozysme pour atteindre son but. C’est l’homme des « pains au chocolats », du rapprochement avec les idées du FN, celui qui affirmait le soir de son « élection » que son adversaire est à gauche « et pas ailleurs« , celui soutenu par Morano, Hortefeux, Guéant… Personne n’est pourtant dupe sur l’homme, et certainement pas les journaux espagnols (El Pais le considérait comme xénophobe dans son édition de lundi).

Dans tous les cas, Copé et Fillon ont sali l’image de la droite française – de la politique en général – et donné de nouveaux arguments au Front National qui n’en attendait pas moins. Je plains sincèrement mes amis de droite (si si, il y en a) d’être les otages de cette triste farce, ne servant que l’avidité de deux coqs de (très) basse-cour. Si Copé avait un once de dignité ou de morale, il aurait purement et simplement renoncé à sa pseudo victoire et réorganisé un nouveau scrutin. Mais je doute que probité, respect, honnêteté et dignité fassent partie de ses valeurs. Quand je pense que c’est ce même Jean-François Copé qui clame haut et fort à l’amateurisme du gouvernement, je rigole doucement.

Amis de droite, voilà à quoi votre parti va ressembler : celui d’un homme ayant triché pour obtenir la première place, celui d’un parti républicain se rapprochant encore et toujours des idées de l’extrême droite pour exister, celui d’un parti dirigé par un homme à l’ego démesuré, prêt à tout…  Oui, je vous plains (et je jubile au passage).

Mariage pour tous : je suis pour !

Les opposants au mariage pour tous, menés par « l’humoriste catholique » Frigide Barjot puis par l’association de catholiques intégristes Civitas, ont manifesté hier et aujourd’hui dans plusieurs villes de France. Parmi les slogans de la manifestation du 17 novembre, il y avait l’idée qu’un enfant, c’est « un papa et une maman ». Les catholiques, eux, rappellent leur attachement au mariage comme « fondement même de notre société ». Ces manifestations étaient l’expression d’une conviction. Dont acte.

Personnellement, je ne suis pas particulièrement enclin à me marier. À la différence d’un Xavier Bongibault, de « Plus gay sans mariage » (mon Dieu, mais où l’ont-ils trouvé celui-là ?), je n’en ai toutefois pas « rien à foutre ». J’ai été pacsé. Malgré l’avancée indéniable qu’il fut, le pacs reste un « sous-mariage », purement administratif, incomplet et surtout signé en cachette dans le tribunal d’instance du domicile. On a connu plus festif. Je soutiens donc les couples – tous les couples – souhaitant s’unir au regard de la loi, en mairie. Je soutiens ceux qui souhaitent que chaque couple uni devant les lois de notre République jouisse des mêmes droits. À ce titre, je soutiens le projet du gouvernement.

Non seulement beaucoup d’arguments des opposants à ce projet reposent sur des contrevérités, mais en plus, il s’agit souvent de convictions personnelles ou religieuses. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai autant de mal à comprendre ces mêmes arguments…

À la différence des opposants à cette loi, je pensais bêtement que le mariage concernait juste l’amour. Je vois le mariage comme un moyen de dire aux siens et à la société qu’on aime son compagnon et qu’on compte continuer à le faire « jusqu’à ce que la mort nous sépare » : c’est une preuve de stabilité, de désir d’aller de l’avant et de protection du couple. Il ne s’agit pas d’une histoire de parité, de sexes respectifs, mais bien d’amour.

Ouvrir le mariage à tout couple adulte et responsable, avec les mêmes garde-fous que le mariage actuel (âges minimum, interdiction d’ascendance ou de descendance, etc.), ne bouleversera pas notre société (et n’ouvrira pas les portes de l’enfer sur la France). S’opposer à cela, c’est s’opposer à l’amour que se portent deux personnes, quel que soit leur sexe, ni plus ni moins.

Je passe rapidement sur les arguments religieux comme quoi le mariage serait un « fondement de notre société » ou le garant de « l’ordre naturel« … hérésie absolue ! Non seulement le mariage n’a rien de naturel mais en plus d’autres sociétés ne tournent pas autour de lui. C’est une façon de voir les choses, ni plus ni moins. Ce n’est pas parce que le mariage n’a pas évolué depuis longtemps qu’on n’a pas le droit de le faire.

Concevoir un enfant est une chose, élever un enfant en est une autre

Vient ensuite le problème des enfants. Les catholiques et l’extrême droite française aiment invoquer la protection de l’enfant quand il faut faire passer des lois rétrogrades (voir l’exemple de l’article L227-24 avec lequel Christine Boutin s’illustrait déjà en 1994). Les opposants craignent principalement que les couples homosexuels puissent adopter. Pour eux, le mariage est avant tout une question de procréation, impliquant (forcément) un homme et une femme.

Bonne nouvelle : je suis d’accord avec eux sur leur approche de la reproduction humaine ! Je ne partage néanmoins pas leur opinion sur le mariage. Si le mariage était vraiment lié à la procréation, alors les couples stériles ou les femmes ménopausées ne devraient pas avoir le droit de se marier. Poursuivant leur logique, il conviendrait même de leur imposer le divorce. Non…

Concevoir un enfant est une chose. Élever un enfant en est une autre. L’homoparentalité est déjà une réalité en France. De nombreux couples homosexuels élèvent déjà des gosses dans le pays. L’un des principaux problèmes est le statut du conjoint. En cas de souci pour le parent « biologique » (accident, maladie, décès), le conjoint n’a absolument aucun droit sur l’enfant. On recense déjà des cas où des enfants élevés depuis de nombreuses années par des couples homosexuels sont arrachés à un parent survivant pour être placés, par exemple, chez les grands parents. Est-ce là l’intérêt de l’enfant ?

De plus, un couple hétéro n’a jamais protégé les enfants d’abus, de maltraitances et de la haine (Marc Dutroux était marié et catholique), tout comme une calotte n’a jamais repoussé les pires perversions. Les couples homosexuels ne feront pas forcément mieux… Toutefois, plusieurs études tendent à montrer que les enfants élevés par des homosexuels-elles s’épanouissent bien. Le principal problème d’enfants élevés par des couples homosexuels viendra des mêmes personnes qui défilaient dans la rue ce weekend. Le véritable ennemi de ces enfants, c’est l’intolérance, pas l’amour.

Au final, le « mariage gay » n’est pas la satisfaction d’une minorité ou d’un pseudo « lobby gay » (ha ha ha !), mais bien une chose normale dans une société moderne et juste envers tous ses citoyens. Il ne s’agit rien d’autre qu’une revendication d’égalité : celle de signifier l’amour d’un couple devant la loi, d’élever dignement un enfant pour celles et ceux qui le souhaitent… De nombreux pays ont déjà adopté le mariage pour tous sans que leur société ne s’écroule. La France ferait-elle exception, alors que les arguments des opposants à ce projet ne reposent sur rien, sinon de simples convictions ? Sommes nous encore si arriérés ? Allez Hollande, que cette loi passe et qu’on en rigole dans 10 ans, comme aujourd’hui avec le Pacs !

Cette société qui me fait de plus en plus peur

A mesure que les mois passent et que je regarde les informations, un sentiment de malaise prend de l’ampleur… Une chose que j’imaginais impensable il y a 10 ans est en train de se mettre en place insidieusement… Cinq années de droite « décomplexée » et avec une guerre des chefs pour prendre le contrôle de l’UMP auront suffit à la droite républicaine pour glisser de plus en plus vers le Front National. A chaque « pain au chocolat » ou « racisme anti-blanc » lâché par un Jean-François Copé, les valeurs d’humanisme qui forgent notre société reculent. Sur Internet, les langues ses délient. Des propos haineux – inimaginables il y a quelques années – fleurissent dans les forums ou les commentaires d’articles. Le racisme, l’homophobie et la peur de l’autre deviennent monnaie courante… valeurs perverses encouragées par la crise, par une société de consommation basée sur la compétition et la performance toujours plus acharnée.

Au lieu de réfléchir aux vraies causes de nos malheurs, les gens commencent à accepter qu’on leur désigne des boucs-émissaires : musulmans, homos, roms et j’en passe. Dire qu’il n’y a pas de problèmes est un mensonge, mais répondre par le racisme ne fera qu’aggraver les choses. Penser que l’ultralibéralisme prôné par la droite (et par le Front National jusqu’à son ravalement de façade) améliorera notre quotidien est un leurre. Une douce utopie. Mais il est tellement plus simple d’accuser l’autre de tous les problèmes ! Les vrais coupables, eux, peuvent continuer à faire des affaires.

Quand Goldman Sachs ruine une partie du monde, on préfère parler d’immigration pour expliquer nos soucis.

Depuis que je travaille pour une ville qui brasse beaucoup de populations défavorisées, j’ai pu mesurer que malgré les trafics, la violence ou la drogue, la majorité des gens s’accroche – et pas seulement les « blancs ». De la gauche libérale, je me suis rapproché des idées du Front de Gauche (FdG). Pour moi, c’est cette société vantant toujours plus la performance et la consommation qui pousse à la frustration, et donc à la violence. On dit que les extrêmes se rejoignent, c’est faux. Quand le FdG propose un programme humaniste, l’extrême droite, celle de Copé, celle de Marine, tisse un projet de société basée sur le rejet de l’autre, sur l’individualisme. Malheureusement, les médias préfèrent axer leur temps d’antenne sur le match Mélenchon/Le Pen, ou sur les coups de colère de Mélenchon, masquant au passage l’argumentation du FdG, pourtant intéressante et pas si utopique qu’on veut bien le croire (pour qui prend le temps de lire le programme de quelques pages). En face, un Copé ou une Le Pen n’ont qu’à vomir leurs arguments primaires : « les étrangers sont la cause de vos soucis ». Comment lutter contre des arguments aussi simplistes quand les vraies causes de nos soucis nécessitent un peu de réflexion et de temps ?

Copé : s’il échoue à la tête de l’UMP, il pourra toujours postuler au FN.

Bisounours

En tant qu’homo, laïque, athée et profondément démocrate, j’ai peur de ce glissement général vers la haine, alimentée par des apprentis sorciers avides de pouvoir. J’ai envie de leur crier « est-ce ça l’avenir que vous voulez pour vos enfants ?« . Malheureusement, cette société consumériste et hédoniste n’a plus rien à faire de la solidarité, ne cherche plus à réfléchir… et accepte sa condition. L’utopie est morte.

On me dit parfois que je vis dans un monde de Bisounours… Pourtant, pour moi, ce sont ceux qui s’entêtent à continuer dans cette voie de garage qui me paraissent nourrir de doux rêves…

Quand Jeux O[CENSURE] riment avec totalitarisme

Pour les amateurs de SF, le monde du cyberpunk présente souvent des corporations privées surpuissantes, aux dirigeants douteux, disposant de pouvoirs d’exception, généralement transférés par les Etats démissionnaires. Ces entreprises disposent de leurs propres règles, leur propre police et leur propre territoire.

Cet article très intéressant détaille toutes les prérogatives que les pouvoirs publics anglais ont confié, l’espace de deux semaines, au CIO pour l’organisation des Jeux. Grâce au vote de l’Olympic Game Act, des intérêts privés disposent de pouvoirs d’exception, au mépris des libertés publiques.

Imaginez un instant qu’un parti politique par exemple ait la possibilité de contrôler les médias, de mettre en oeuvre une censure, de lever une police privée, de faire fermer des commerces, d’imposer à la population des règles concernant la nourriture et l’habillement, etc. Ne crierait-on pas à la dérive fascisante et n’aurait-on pas raison de le faire ? Le niveau de censure et de contrôle exercé en ce moment à Londres est-il si différent de celui qui pesait sur les populations arabes avant leurs révolutions ?

Encore une fois, derrière les beaux discours, la réalité des Jeux apparaît là, froidement : c’est le monde de l’argent qui, sous couvert d’un évènement exceptionnel, s’arroge les droits traditionnellement dévolus aux Etats.

Un article, donc, à lire d’urgence.

Jeux Olympiques ou monstre ultralibéral ?

Dans quelques jours, les jeux olympiques vont enflammer Londres. Des milliers de touristes, sportifs, journalistes et curieux vont converger vers les stades pour assister aux épreuves ou juste ressentir la frénésie de l’évènement. Pour que tout se passe bien « dans le meilleur des mondes », le CIO (Comité international olympique) a placé la capitale anglaise sous sa coupe… et celle de ses sponsors.

En effet, les jeux olympiques de ces dernières années n’ont plus grand chose à voir avec la vision de Pierre de Coubertin. Certes, les journalistes auront à coeur de reprendre à tue-tête les éléments de langage comme « valeurs du sport », « respect » ou « amitié entre les peuples ». Nous allons être bercé de messages très positifs… entre deux écrans publicitaires.

Car les JO de l’ère moderne sont malheureusement devenus ceux du fric roi, avec un sulfureux CIO à sa tête. C’est Juan Antonio Samaranch, tout-puissant seigneur des anneaux olympiques jusqu’en 2001, qui a fait basculer l’olympisme de l’amateurisme au professionnalisme. Le CIO est devenue une ONG de droit privé suisse, tentaculaire, qui règne sans partage sur les villes hôtes…

A Londres, ce sont les sponsors qui règnent en maître. Un contrat de 76 pages lie ainsi le CIO et la ville de Londres. Tout est fait pour protéger les intérêts des Mc Donalds, Visa et autres Coca Cola. D’ailleurs, beaucoup commencent à s’agacer de voir « le CIO décider et Londres s’exécuter« . Rien de véritablement étonnant : d’après Investir.fr, les onze plus grands sponsors ont rapporté près de 730 millions d’euros au CIO rien que pour la période 2010/2012.

Londres et sa zone olympique passent donc sous la juridiction d’entités privées, qui dictent des règles parfois ubuesques pour défendre leurs intérêts. Antoine Chéron, avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, affirmait ainsi à Slate.fr : « Pour les Etats candidats, le CIO impose qu’ils adoptent une législation spécifique pour la protection des symboles olympiques. Chaque ville candidate doit ainsi annoncer comment elle compte protéger la marque olympique, que ce soit en adoptant une nouvelle loi ou en amendant une autre. » Une véritable branding police veillera à ce qu’aucun resquilleur de vienne porter préjudice aux marques, jusque dans les tweets et les réseaux sociaux !

Enfin, derrière les discours pacifiques et mielleux, il y a la réalité de l’idéal sportif dévoyé par le monde de l’argent : dopage, concurrence effrénée entre les pays, publicité, entraînements intensifs, pressions psychologiques.

A l’image d’une FIFA hégémonique et mafieuse, le CIO de Juan Antonio Samaranch a complètement perverti ce que devrait être l’olympisme. Les belles paroles ne cachent qu’une vision ultralibérale de notre société, où les intérêts privés dictent leur loi aux Etats, où ces mêmes états se livrent une concurrence acharnée et où les citoyens sont réduits à de simples consommateurs de produits ou d’images… L’image d’une société qu’une poignée de puissants aimerait imposer.

Voici à quoi devrait ressembler le logo des JO de Londres…

Les Américains ont les Tony Awards… On a les Molières

Dimanche dernier avait lieu la 66e cérémonie des Tony Awards, récompenses théâtrales américaines fondées par l’American Theatre Wing et remises chaque année depuis 1947. Cérémonie consacrée aux arts dramatiques oblige, la plupart des grands musicals de Broadway viennent aussi ponctuer ce show exceptionnel. C’est grandiose, talentueux et plein d’imagination. Nous autres Français ne pouvons qu’avoir un goût amer quand nous comparons cet évènement avec nos vieillissants Molières ou nos « spectacles musicaux » tous plus pourris les uns que les autres… Mais c’est une différence de culture. Nous aimons le théâtre classique. Ils aiment faire des shows. Le talent est, certes, différent… mais quel dommage que je préfère leur talent à eux…

Bref, voici en vidéo les deux scènes d’ouverture par le cast de The Book of Mormon (primé l’année dernière) et Neil Harris Patrick en maître de cérémonie. Magnifique.

Et la suite avec la désopilante intro :

et je ne résiste pas au plaisir de vous remettre celle de 2011 (sous titrée !)

et merde… pourquoi on n’a pas ça en France… POURQUOI ?!!

Il est enfin parti…

6 mai, deuxième tour de l’élection présidentielle. Accessoirement, mon anniversaire.

Même à New York, mon mec et moi avons retenu notre souffle. Notre grand avantage était le décalage horaire : les premières tendances sont arrivées à l’heure du déjeuner, vers 12h30… En sortant du Shake Shack , nous savions ! Il ne restait plus qu’à attendre la fin de la journée pour fêter ça dignement.

Nous avions prévu la bouteille pour le 6 mai... soit pour fêter, soit pour se bourrer la gueule dignement.

Après l’amère défaite de 2007, j’ai eu le plus beau cadeau qui soit pour 2012 : le départ de Nicolas Sarkozy et de son équipe. François Hollande a pris les commandes depuis. Il est notre nouveau président. Nous verrons bien ce qu’il donnera « à l’épreuve du feu ». Sera-t-il à l’origine des cataclysmes annoncés par les prédicateurs de l’UMP ou sera-t-il assez bon pour apaiser les blessures du pays ? Il est encore trop tôt pour le dire…

Sarkozy est battu. Enfin. Les mensonges à répétition, l’instrumentalisation à peine cachée de la justice, l’arrogance, la xénophobie de son équipe… tout ceci est de l’histoire ancienne. Copé ou Morano peuvent continuer à mentir et critiquer à tout va la nouvelle équipe : ils sont désormais dans l’opposition. Ils ne représentent plus le pays. Le nouveau président va avoir la lourde tâche de redresser le pays… pas seulement économiquement, mais aussi moralement (le rayonnement de la France a grandement été dégradé en cinq ans). Sa tâche sera toutefois difficile. Hollande n’a pas gagné par adhésion a ses idées, mais par opposition à Sarkozy. Jamais un président en exercice n’aura attiré autant de foudres contre lui, y compris dans son propre camp.

Hollande n’était pas mon choix. Je voulais un président plus à gauche. Après avoir beaucoup gambergé, il me paraissait évident qu’il fallait rompre avec la politique que nous menons depuis 30 ans. La course au libéralisme effreiné n’a fait que creuser les inégalités, pendant que des pans entiers de nos services publics étaient sacrifiés au privé… Pendant que l’argent roi régente la planète, les peuples subissent et se taisent. L’heure n’est pas aux révolutions : il faut n’avoir plus rien à perdre pour oser réellement tout casser. Ne nous trompons pas : Hollande a soutenu cette politique et continuera. Certes, il apportera un peu de justice sociale (je l’espère). Mais, actuellement, seul le Front de gauche (par nature) et le Front national (par mensonge) prônent une rupture avec l’ultracapitalisme.

Ne boudons pas notre plaisir : les Français ont dégagé un homme dangereux pour le pays et son avenir. Un homme dont le camp n’a pas hésité à mentir de manière honteuse tout au long de la campagne. Un homme qui a fait exploser la digue sanitaire avec les idées du FN. Un homme qui aura certainement affaire à la justice dans quelques mois (aurons-nous, enfin, la lumière sur les affaires Karachi, Bettencourt…). Le remplacement peut avoir été placé là « par défaut », mais il est encore trop tôt pour critiquer. Quoi qu’il en soit, François Hollande a une obligation de résultat. Si venait à faillir, nous risquons, cette fois, d’avoir Copé ou Le Pen la prochaine fois. Wait & see !

Une campagne crasseuse

Ecoeuré, dégoûté… Je me demande encore jusqu’à quelles compromissions l’équipe de Sarkozy sera prête à faire pour tenter d’arracher la victoire. Aujourd’hui, le président-candidat a plus que jamais adopté les idées du Front National. Il nous a vanté les « frontières », son regret de ne pas avoir inscrit les racines « chrétiennes » dans le traité européen, a mis en garde contre le « vote des étrangers », s’est fait le chantre du « peuple » contre les « élites » et le « système »… De son côté, l’UMP affirmait (sans rire) que des « mosquées » soutenaient François Hollande. Nous en sommes donc là… Exalter la patrie, le drapeau, montrer du doigt les faibles ou les immigrés, accusés de mener la France à sa perte. On drague les cathos traditionalistes. On caresse le petit Jésus dans le sens de la barbe. On fait peur. On répète le mot « crise » à tue-tête, oubliant qu’il y a trois semaines, elle était « derrière nous », la crise. Evidemment, il oublie complètement les cinq années passées au pouvoir, plus les cinq autres lorsqu’il était ministre. Cet homme, cette équipe… ces idées… me révulsent. Si ce mec repasse, on va manger du nationalisme pendant cinq ans.

La droite « décomplexée » s’est révélée aussi sur la toile, réseaux sociaux obligent. J’ai même été étonné par certains propos tenus dans ma propre liste d’amis. Certains évoquent leur ras le bol de « payer pour des assistés« , que « Hollande va mener le pays à la ruine« , qu’il « ne parle pas aux travailleurs, mais aux assistés« , que « le droit de vote pour les étrangers sera la fin de la France« . Tous évoquent Mitterrand, accusé de tous les maux. Tous mettent en doute les capacités du « capitaine de pédalo » (merci Méluche…), sa gestion en Corrèze « département le plus endetté de France » (la faute à la gestion de droite avant, mais ça, ils s’en foutent).

J’avoue que cette fin de campagne me répugne de plus en plus. La peur, l’égoïsme, le rejet de l’autre et le repli identitaire sont des valeurs qui me révulsent, aux antipodes de mes convictions. Nous sommes là face à un véritable choix de société. D’un côté, nous avons un président sortant qui tente de faire oublier son bilan – économique et moral – désastreux en invoquant des peurs primaires, qui dénigre son adversaire à coup de suppositions et de prédictions, qui compose avec un parti avec lequel même Chirac, au plus bas des sondages, n’a jamais voulu négocier… De l’autre, nous avons un candidat, qui ne changera pas la société comme l’aurait souhaité Mélenchon, mais qui apportera un peu de justice sociale dans ses rouages. Un candidat qui appelle au rassemblement, quand l’autre divise…

Plus que jamais, le 6 mai, c’est la France de l’égoïsme et du repli contre la France réconciliée, tournée vers l’avenir.

Sarkozy a franchi une limite

Rien à dire de plus, ce mec m’écoeure et prouve qu’il est prêt à s’asseoir sur les racines même du FN juste pour gagner une élection. Une honte…

Non, monsieur Sarkozy, le Front National n’est pas compatible avec la République. C’est un parti d’extrême droite qui se nourrit de la détresse populaire pour mieux prendre le pouvoir… Regardez en Hongrie où l’extrême droite est au pouvoir. Regardez l’état de leurs libertés. Notre société a bien trop à perdre pour vous laisser jouer les apprentis sorciers.

Par pitié… cet homme est dangereux, plus que jamais.

Le rassemblement, c’est maintenant !

Le premier tour est terminé. Je suis un peu déçu par le résultat du Front de Gauche, surtout comparé à celui de Marine Le Pen, mais je suis heureux de voir que la folie du vote « utile » qu’on nous a rabâché depuis des semaines était bien une connerie. Hollande est au second tour, largement en avance. J’ai voté avec conviction, pour mes idées… et cela fait du bien ! J’ai aussi été soulagé par la réaction (rapide) de Jean-Luc Mélenchon :

C’est nous qui avons les clés du résultat. Je vous appelle à assumer cette responsabilité. (…) Notre famille politique, le monde du travail et de ses revendications, je vous appelle à vous retrouver le 6 mai sans rien demander en échange pour battre Sarkozy.

Le seul vote à même de battre Nicolas Sarkozy au second tour est un vote pour François Hollande. Tout vote blanc ou toute abstention d’une personne « de gauche » est une voix de plus pour Nicolas Sarkozy.

Hollande ne sera pas le candidat « de gauche » que certains voulaient… Mais il n’est pas Sarkozy. Le PS n’est pas l’UMP, Hollande n’est pas Sarkozy, quoi qu’en dise les nervis du FN. Le pays ne peut pas se permettre cinq années de plus avec Nicolas Sarkozy. Sans révolutionner notre quotidien, je pense qu’Hollande apportera un peu de stabilité et de justice sociale dans ce chaos qu’une équipe d’incompétents notoires a causé depuis ces dernières années.

Aujourd’hui, sans détours, pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, à sa politique dont le bilan médiocre (pour ne pas dire catastrophique) n’est plus à démontrer, je voterai François Hollande au second tour.

Être de gauche, c’est refuser de laisser gagner Sarkozy le 6 mai. Le rassemblement, c’est maintenant !

L’abstention rend la démocratie stérile : VOTEZ !

Nous y voici ! Le premier tour de l’élection présidentielle est là. Cette année, l’abstention semble – à juste titre – au coeur des débats. On l’évaluerait à 30%, soit 1/3 des électeurs. Dans un pays démocratique, je suis tenté de dire que ne pas assumer son devoir citoyen est une pure connerie. Le droit de vote a été acquis de longue haleine. C’est une chance, enviée par les peuples de nombreux pays. C’est peut être moralisateur, mais j’assume complètement mes propos. Vacances, mauvais temps, manque de motivation, désintérêt : rien ne saurait justifier l’abstention dans un pays comme le nôtre.

Malgré les apparences, rabâchées à longueur de temps (« ça ne sert à rien », « ils se ressemblent tous »…), l’élection du président de la République est capitale dans notre quotidien. Cette année, nous avons même des candidats proposant des ruptures fortes avec les choix de société que nous avons vécu depuis de longues années. Vous n’avez aucune excuse. Tout vote non exprimé dans un camp joue en faveur de l’autre !

Vote blanc, vote gâché

Quant au vote blanc, je me contenterai de reprendre les paroles de Maître Eolas :

Tout ça pour venir nous dire que ces candidats ne sont pas assez bien pour vous, pauvres bichons, je vous assure que votre geste n’est vraiment pas regardé comme civique par les scrutateurs. Non, franchement, si vous n’êtes pas fichu de faire un choix, allez pêcher, abstenez-vous mais n’allez pas perturber les opérations électorales.

L’objet d’une élection est de choisir.(…) . Le choix doit être fait, même si aucun ne vous plaît, car ne pas choisir est le pire des choix. La République a besoin d’un président, pour promulguer les lois, négocier les traités, nommer les ministres, commander l’armée. Et non, elle n’attendra jamais que vous ayez enfin trouvé un candidat assez beau pour vous plaire.

Pour avoir tenu des bureaux de vote plusieurs fois dans ma vie, je ne peux qu’être d’accord : le vote blanc retarde inutilement le travail des scrutateurs lors des dépouillements. S’il est comptabilisé, il ne sert à rien puisque seuls les suffrages exprimés comptent.

Au risque de paraître extrémiste, je pense qu’il serait bon pour notre société de conditionner certaines aides ou prestations à l’acte civique qu’est le vote : « si tu ne participes pas à la vie de la Cité, une fois tous les cinq ans, alors la Cité ne te doit rien« . C’est rude, certainement excessif (c’est tout moi, donc !)… mais, encore une fois, pensez à toutes celles et ceux qui aimeraient avoir un choix. Car oui, vous avez le choix ! Oui, voter est une chance ! Voter est utile.

Alors votez, pour n’importe quel candidat, mais votez !

Pourquoi ? Parce que…

Parce que…

  1. le monde dans lequel on vit marche sur la tête, qu’une minorité de gens se partage la quasi totalité des richesses, s’engraissant sur la misère des autres ;
  2. le système que les gouvernements successifs ont servi va droit dans le mur, entraînant des millions de gens dans la pauvreté, la résignation et la soumission ;
  3. 10% de la richesse est passée, en 30 ans, des poches du travail à celles du capitale, soit 200 milliards d’Euros !
  4. la société de consommation pousse au gaspillage tout en pillant les ressources naturelles et qu’une planification écologique est indispensable pour préserver notre planète ;
  5. cette même société de consommation nous pousse à en vouloir plus, entraîne des frustrations et finit par provoquer insécurité et violences ;
  6. les Etats ont abdiqué face au pouvoir de la finance et des banques, au point de faire payer aux peuples les conneries d’une poignée de puissants (ceux du point 1) ;
  7. l’économie devrait être au service de l’homme et non l’inverse ;
  8. des salariés heureux et en bonne santé sont aussi productifs, sinon plus, que des salariés-esclaves bafoués et sous-payés ;
  9. j’ai connu des patrons de gauche, humanistes, dont les sociétés étaient en bonne santé et compétitives ;
  10. des secteurs stratégiques comme l’énergie, la recherche fondamentale, la santé ou l’éducation ne devraient pas être soumis à des considérations pécuniaires ;
  11. l’homme n’est pas un produit et n’est donc pas brevetable ;
  12. je ne pense pas qu’il soit « réaliste » ou « courageux » de laisser des gens vivre avec un salaire ou une pension de 1000 euros ;
  13. l’Europe est une grande et belle idée, mais qu’elle n’est pas au service des peuples et qu’un mécanisme comme le MES ne leur profitera pas ;
  14. il est nécessaire de changer de voie pour ne pas finir comme les Grecs ;
  15. la droite « dure » reviendra au pouvoir si un président de gauche poursuit la même politique d’austérité, sans tenter de changer les choses en profondeur ;
  16. Dieu est une affaire personnelle et que la chose publique ne devrait pas demander l’avis des curés, imams ou rabbins sur des choses concernant notre vie ;
  17. la laïcité n’est pas une idée secondaire et qu’elle est un pilier de notre République ;
  18. je rêve d’utopie et que le monde dans lequel on vit mérite qu’on ait de l’espoir ;
  19. je n’ai pas abdiqué et ne compte pas accepter passivement qu’on décide pour moi ;
  20. le vote « utile » ne tient pas la route : la configuration de l’élection en 2012 est totalement différente de 2002 (16 candidats dont 8 à gauche) ;
  21. je veux voter par choix et non par rejet ou par peur ;
  22. le vote « utile » est antidémocratique : une élection est avant tout un moment de choix ;
  23. de toutes façons, beaucoup mes amis voteront « utile » à ma place, par conviction ou par peur (du communisme comme de la réélection de Sarkozy) ;
  24. je ne veux pas seulement « voter contre » mais aussi « voter pour » ;
  25. je voterai pour le candidat de gauche au second tour, car il y aura un candidat de gauche (merci le point 23 !) ;
  26. le PS a participé à la ratification du traité de Lisbonne, en contradiction totale avec le vote des Français. Ce même PS s’est contenté de s’abstenir pour le MES (point 13) ;
  27. je suis de gauche, épidermiquement, et que je crois en l’humain ;
  28. un seul parti à réussi à réveiller la révolte chez les gens et à intéresser ceux qui perdaient espoir en la politique en proposant un projet basé sur une vision humaniste de la société… et non un programme basé sur la peur et le rejet de l’autre.

… mon vote pour le 22 avril ira à Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche. On pourra critiquer le risque, je l’assume. Quoi qu’il en soit et quel que soit votre candidat : allez voter. Ne laissez pas l’abstention décider pour vous, surtout si vous êtes de gauche. L’abstention fait le jeu de la droite…