Les sites de rencontre sont-ils des machines à exclure ?

En lisant Yagg, je suis tombé sur un article présentant « Douchbags of Grindr », qui recense les plus beaux connards du célèbre outil de rencontres. Si certains profils affichés sur cette application vedette chez les gays peuvent faire marrer, d’autres fleurent bon le racisme, le mépris et le narcissisme. « Suis un régime strict : pas de nems, de curry, de fallafels ou de chocolat. Recherche des jeunes hommes minces de 18 à 25 ans, si ce n’est pas votre cas, ne vous attendez pas à une réponse », fait notamment partie des profils répertoriés. So glam !

Un commentaire a attiré mon attention. Quelqu’un indique que Grindr n’est pas pire que n’importe quel tchat, qu’il devient « aussi difficile de prendre contact avec un mec, qu’une entreprise pour un job », et que si « les CV sont gonflés pour décrocher un premier entretien, les profils de certains le sont aussi pour attirer les profils exigeants ».… et c’est vrai ! Il suffit de me souvenir de ma propre expérience ou de suivre les histoires de mes amis pour s’apercevoir que ces sites sont devenus de véritables catalogues publicitaires, où chaque personne, chaque profil, n’est qu’un produit de plus dans un supermarché déjà bondé.

Concevoir son profil relève chez certains de l’opération marketing : photos de professionnels, informations de plus en plus précises comme la taille, le poids, la couleur de cheveux, la taille de la zigounette (évidemment !), la corpulence, le nombre de muscles au centimètre carré, l’origine ethnique, le salaire et j’en passe. Et surtout – SURTOUT – gommer toute originalité : faire la gueule sur des photos, torse nu, avec son iPhone et ses chiottes en arrière-plan. On finit par aborder quelqu’un comme on aborde une entreprise : en croisant les doigts pour que son CV tout lisse soit assez attrayant pour mener à un entretien (de débauche !).

Au final ? Des célibataires lassés de l’être, des mecs toujours plus exigeants, des dialogues considérés comme une perte de temps… et des rencontres gérées comme des ressources humaines, l’humanité en moins. On désire rencontrer un humain, mais on le cherche comme un produit. On ne perd pas de temps à découvrir l’autre. On ne laisse plus de place au hasard. Time is money.

Et je comprends, comme le commentateur, que bien des mecs se sentent perdus, qu’ils se sentent parfois lassés de recevoir un laconique « tu n’es pas mon genre » (et encore, ça, c’est quand le mec en face est poli !). Beaucoup cherchent pourtant l’amour sincèrement… mais rien sur ces sites ne favorise les relations humaines. Au mieux, l’intérêt est sous la ceinture.

J’ai pourtant trouvé mon homme sur l’un de ces sites. Mais celui-ci n’était pas formaté par ce système… Drôle, incisif, original : c’est sans doute ça qui m’a tout de suite plu chez lui. En plus, il y avait une petite forme de hasard dans cette rencontre. En tout cas, suis bien content d’avoir rencontré un être humain et de ne plus retourner au supermarché !

"Ne perdez pas votre temps, je cherche du comme moi. Ne m'écrivez pas si vous êtes petits, malfoutu, trop vieux. Je suis un mec chaud"... et très con... mais comme tant d'autres (photo Douchbags of Grindr)

Don du sang : fail pour l’ESF

Bastille, hier, une jeune fille toute souriante de L’ESF (Etablissement Français du Sang) me lance un « donnez votre sang!  » enjoué.

- Impossible, je suis gay et je n’ai pas le droit de le faire…
- Allons, on est en 2011, c’est ridicule comme histoire, si c’est tout ce que vous avez trouvé pour éviter la piqure…
- Si si, allez vérifier auprès de vos collègues.

Elle ne se laisse pas démonter et rentre dans le préfabriqué installé pour l’occasion. De l’extérieur, je le vois discuter avec un homme en blouse blouse blanche. Je sens les regards se tourner vers moi.

Elle fini par revenir et me lâche un « je suis sur le cul, désolée… ». Je ne m’attendais pas à des miracles. Je lui lance un « c’est pas grave, bonne journée quand même ». Du coin de l’oeil, je la voit bien médusée.

Eh ouais ! Dans la France de Sarkozy et ses potes Vanneste, Mariton & co, les homos sont toujours pas considérés comme fiables.

Quand Mariton parle de la famille, on dégaine les révolvers !

Je reprends ci-dessous le contenu intégral du communiqué de presse de l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) publié en réaction aux propos de Hervé Mariton.

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Le monde revu et corrigé par Hervé Mariton

Dans une interview publiée le 20 juillet (http://lci.tf1.fr/france/societe/adoption-herve-mariton-preconise-la-preference-aux-couples-6592623.html), Hervé Mariton, Député UMP et coauteur du rapport proposant 30 propositions pour promouvoir « la famille durable » affirme des propos inquiétants :

« L’homoparentalité en France n’est pas établie par la loi ». Les juges reconnaissent de plus en plus les familles homoparentales. Très récemment dans le sud de la France, après le décès de la maman légale, un juge a confié la garde de l’enfant à sa partenaire survivante considérant qu’il était de l’intérêt supérieur de l’enfant de poursuivre son évolution avec la partenaire de sa mère légale plutôt que de le confier à un membre de sa famille biologique. Lorsque le législateur refuse de faire son travail, force est de constater que la justice ne botte pas systématiquement en touche…

« Une personne célibataire peut adopter et ensuite se trouver dans une relation personnelle homosexuelle ». Quid d’une personne se trouvant déjà dans une relation personnelle homosexuelle et souhaitant adopter ?! Depuis la condamnation de la France par la CEDH le 21/1/2008, aucune circulaire officielle envoyée aux Conseils Généraux n’a rappelé officiellement l’interdiction de faire état de l’orientation sexuelle du requérant d’un agrément pour adopter. Plusieurs instances sont toujours en cours pour contester des refus d’agrément basés directement ou indirectement sur l’homosexualité du requérant.

« Mais si demain la République reconnaissait des enfants nés de couples homoparentaux, est-ce qu’ils ne souffriraient pas, eux, d’une discrimination, celle de ne pas avoir de père et de mère ? ». Les enfants vivant dans les familles homoparentales vivent aussi bien que les autres et sont en effet discriminés mais par les députés qui refusent de permettre au second parent d’obtenir les mêmes droits et devoirs que leur parent légal.

«Dans le schéma de l’homoparentalité il y a en réalité plus de deux parents ; puisqu’il y a le couple qui veut l’enfant mais aussi la mère porteuse si ce sont des hommes, ou le père dit biologique si ce sont des femmes. Cela signifie une configuration où il y a 3 ou 4 parents ». Seule la confusion entre lien biologique et réalité familiale permet d’écrire une telle absurdité. Dans l’adoption plénière par exemple, il n’existe que deux parents dans le cas d’un couple hétérosexuel adoptant ou même un seul parent dans le cas d’un célibataire adoptant. Le lien biologique ne prime pas et est même ignoré. Dans les pays où la gestation pour autrui est légalisée, la mère porteuse ne réclame surtout pas le statut de parent puisqu’elle fait un don de gestation pour des parents intentionnels. Dans le cas des donneurs de sperme, aucun donneur ne réclame le statut de parent ! Le Député souhaite accorder le statut de parent à des personnes qui n’en veulent pas et refuse ce même statut pour des parents qui le sont de fait ! Paradoxe inquiétant.

« S’agissant d’homoparentalité, je ne sais pas s’il y a une évolution de la société ». N’étant pas spécialiste, nous comprenons l’hésitation du Député Mariton mais souhaitons lui apporter une réponse par la voix de Maurice Godelier, anthropologue qui déclarait le 4 décembre 2010 que « l’homoparentalité constitue une évolution irréversible ». A lire d’urgence pour certains, à relire pour d’autres.

Espérons que ces idées défendues par quelques parlementaires surfant sur une vague idéologique proche de celle du FN n’impliquent pas l’UMP toute entière et correspondent à une posture électoraliste. Espérons aussi que les cadres de ce parti saurons défendre la liberté individuelle d’aller, d’être et d’agir comme la République le permet. Ce n’est pas en remettant en cause des libertés acquises que la France se grandira. En voulant rayer d’un trait l’idée même des familles mono et homoparentales et en brandissant comme modèle un diktat familial, ces parlementaires prennent un chemin inquiétant qui rappelle certaines définitions de l’ordre moral, social et idéologique d’un passé récent.

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Contact Presse :

Association Des Familles Homoparentales (ADFH), Alexandre URWICZ, Coprésident, presse@adfh.net, tél : 0970 407 703 (prix appel local)

En savoir plus :
http://www.adfh.net

Ces gays qui détestent les gays

Dans deux jours, Paris va s’animer aux sons et aux couleurs de la Marche des fiertés LGBT, sous le slogan « En 2011, je marche, en 2012, je vote ». Dans deux jours, les vieux cons réacs vont devoir affronter, dans la rue et à la télé, la vue d’un nombre incalculable de pédés, gouines, travs, folles, dindes, cuirs (et j’en passe) venus montrer qu’ils existent et qu’ils réclament les mêmes droits que le citoyen lambda. J’aime ce côté choc de la Marche, quand certains aimeraient remettre tous ces pervers, toutes ces brebis égarées au placard.

Malheureusement, il n’y a pas que les hétéros à faire de l’homophobie. Certains gays peuvent déployer des trésors d’intolérance envers leurs semblables. Nous sommes censés être des mauvaises langues de première. Si je suis le premier à railler les lesbiennes « chemise à carreaux capables de monter une armoire Ikea en une heure », ça n’en reste pas moins une raillerie. Je n’ai strictement rien contre les lesbiennes, sinon qu’elles tiennent certainement mieux l’alcool que moi. Bref, on plaisante et il arrive d’être acerbe.

Mais chaque Marche marque le retour de ces fameux homos « hors milieu », épidermiquement allergiques à toute image ou représentation homo. Ils sont parfois plus homophobes que les pires réactionnaires. Leur crédo : « pour vivre heureux, vivons cachés » ou « surtout, ne pas faire de vagues ». Ils détestent tout un tas de choses – généralement des idées préconçues et véhiculées par les grands médias traditionnels – entourant l’image des gays. Sur les tchats, ils cherchent des mecs « normaux », « pas efféminés », qui n’écoutent pas Mylène Farmer, qui ne passent pas « tout leur temps dans le Marais »… etc. Pourtant, les tchats, ils les connaissent bien et ils sucent de la bite comme les autres. Mais non. Ils cherchent la « normalité » comme le Saint-Graal. La Marche est pour eux un calvaire car ils ne s’y reconnaissent pas ! Et ils le disent. Et ils en souffrent.

En tout premier lieu, chacun cherchera la définition de « normal », car ce genre de mec n’est pas plus normal que la folle qu’il critique… Nos convictions se forgent en fonction de notre milieu, de nos amis et de nos relations. Elles évoluent avec le temps, changent, s’adaptent… Il n’y a pas un « milieu », mais plusieurs.

J’ai souvent critiqué les stéréotypes qu’on croise régulièrement à Paris, mais ça ne m’empêche pas d’aller dans le Marais boire un verre. Je ne suis pas allergique aux dindes, même si ce n’est pas ma came. Quand j’en vois une, je critique (parce qu’on est une langue de pute ou on ne l’est pas, après tout !) et je continue mon chemin. Mais je n’ai pas de haine ou de ressentiment. Chacun fait comme il le sent.

Nous autres gays, bi, trans et lesbiennes devons être irréprochables en termes de tolérance. Nous sommes déjà « différents » de cette norme qui nous entoure. Pourquoi nierions-nous d’autres différences ? Pourquoi vouloir standardiser quelque chose ? Qui sommes nous pour décréter ce qui est normal, bien ou mal ? Nous sommes déjà la cible de trop de préjugés… Autant devenir hétéro, hein, quand on n’aime pas les gays ! Ne donnons pas plus d’armes à ceux qui voudraient nous renvoyer au placard. Ce ne sont pas ces « gays » que vous conchiez qui doivent changer, mais les mentalités qui nous entourent. C’est pas gagné, mais on a tous une part de responsabilité

Et pour cela, je serai fier, comme chaque année, d’aller marcher samedi ! Il y aura de la dinde, des mecs en cuir, des drag-queens… et moi ! Y aura même des sympatisants hétéros, qui savent s’amuser et nous apporter leur soutien. Le tout réuni dans une diversité qui s’exprime et revendique.

Lettre ouverte à Christian Vanneste

Cher Christian,

Je suis ton parcours politique avec un certain intérêt. Oui, je te tutoie. Le vouvoiement marque une forme de respect, et je doute que tu le mérites. Ok, c’est cash, mais tu ne prends pas de pincettes avec moi. Mardi dernier, lors du vote pour que le mariage soit légal pour les couples du même sexe, tu t’es illustré avec des propos haineux et d’un autre âge.

Pour ton information, je fais partie de cette frange de la population que tu considères comme une « menace pour l’humanité ». Selon toi, l’Assemblée Nationale n’a pas à s’intéresser à une « aberration anthropologique ». L’aberration te remercie. Tu refuses d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, car « la société s’intéresse au mariage dans la mesure où il est lié à la procréation dans la majeure partie des cas ». Et, tu as raison, c’est scientifiquement prouvé : deux hommes ou deux femmes ne peuvent avoir d’enfants.

Pourtant, cher Christian, permets-moi de ne pas être d’accord avec toi. À mon humble avis, le mariage tel que tu le conçois n’existe plus. Cette idée du mariage et de la famille appartient à d’autres temps, d’autres époques. Je ne considère pas le mariage comme une fabrique de bébés, avec papa qui bosse et maman qui change les couches. Tu le dis toi-même : « la société doit assurer sa pérennité par le mariage des hommes et des femmes ». Ta conception du mariage aurait dû disparaître avec l’État Français de Pétain.

Ma conception du mariage est plus simple. J’ai un grand respect pour l’institution du mariage. C’est un engagement de deux personnes s’aimant, un gage face à la société de stabilité et la reconnaissance d’une union par la République. En quoi cela te gène-t-il que tous puissions y avoir droit ? Pour « ne pas ternir l’image du mariage » ? Mais cher ami, tout évolue ! Même la Terre était censée être plate, fut un temps ! Désormais, elle est ronde…

Avec tes amis de droite, tu nous as ressorti les arguments les plus abjects… Pourquoi ne pas autoriser la polygamie ? Le mariage entre frères et sœurs ? Disons simplement que la société a reconnu l’union de deux personnes du même sexe par le Pacs. Il n’est donc pas illégal – immoral – de vivre ensemble quand on est deux personnes du même sexe… à partir de là, l’égalité entre tous les citoyens ne devrait même pas être débattue et le mariage ouvert à tout le monde. Ça me paraît tellement simple…

Cela doit simplement heurter tes convictions profondes, encore une fois. Une conception de la société complètement dépassée. De quel droit peux-tu affirmer que ta conception de la société est mieux que la mienne ? Qui es-tu pour penser cela ? Penses-tu, comme certains dictateurs de pensée en robe de bure, avoir la Vérité absolue ? Qui es tu, Christian Vanneste, pour oser affirmer que la société (et la nature) fonctionne comme tu l’as souhaité et pas autrement ?

Christian, permets-moi de te remercier quand même. Grâce à toi, mes convictions de gauche sont renforcées plus que jamais. Pour moi, il est plus que jamais indispensable de ne pas baisser la garde face aux propos moyenâgeux de certains hommes politiques. Ce n’est pas être « hétérophobe » que de s’opposer aux dictats de quelques arriérés, simplement motivés par leur haine et leur intolérance. De tout temps, il y a eu des Christian Vanneste au pouvoir pour freiner l’évolution de la société au nom de dogmes ou de traditions : le Peuple doit obéissance au roi, la Terre est plate, l’avortement est un crime… D’ailleurs, en parlant de dogme, j’espère que si Dieu existe et qu’Il est aussi bon et intelligent que tes potes le prétendent, qu’Il saura t’envoyer là où tu le mérites vraiment, le moment venu… Crois-moi, je doute que le Paradis soit la destination finale pour les gens haineux dans ton genre.

Amicalement,

L’aberration anthropologique.

Les gays sont-ils encore fun ?

Les gays sont-ils encore fun de nos jours ? Nous sommes pourtant réputés pour être des joyeux fêtards et des gens toujours en plein délire lors des soirées. Pourtant, après avoir écumé pas mal de soirées « classiques » (comprendre « hétéro »), je dois avouer que nos amis de l’autre bord se lâchent – et osent – beaucoup plus que nous.
Je vais être même très direct : aujourd’hui, il n’y a pas plus conformiste qu’un homosexuel. Les codes vestimentaires – éléments distinctifs par excellence –, l’iPhone soigneusement vissé dans la poche, les goûts, les références et même les attitudes ont tendance à nous standardiser. On est presque aussi facilement catalogables que les weshs-weshs de nos cités. Il suffit de faire une soirée gay pour le constater… Le gay parisien semble être sur la retenue constante en public, car, après tout, le futur mari (ou plan du soir) est peut être dans la salle et il serait dommage de le faire fuir en sortant du moule. Cette attitude ne se retrouve pourtant pas forcément en soirées privées. On retrouve cette standardisation à outrance sur les tchats où, depuis longtemps, on retrouve ces mêmes photos de mecs faisant la gueule, le torse nu photographié avec l’iPhone face à un miroir de salle de bain… et avec vue sur les toilettes derrière ! Parfois, il n’est pas forcément nécessaire de porter une plume dans le cul pour être original… Un sourire suffit…

Nous sommes standardisés par les entreprises, qui voient en nous des « prescripteurs de mode » et qui nous imposent des fringues, des lieux, des marques ou des chanteuses pop-dance. Qu’importe la qualité du truc qu’on nous met entre les mains ou dans les oreilles : s’il y a un drapeau arc-en-ciel, le gay sera prêt à payer plus cher et en faire la promotion. Il suffit de voir le succès de certains restos dans le Marais, qui préfèrent jouer sur l’image que sur la qualité des plats ou du service.

Où se trouve le fun ? Où se trouve l’excentricité et la folie qui, paraît-il, nous définit ? où se cache l’originalité (oui, il existe d’autres restaurants et bars hors du Marais) ? Comment peut-on encore dire que nous sommes les « rois de la fête » quand nos soirées sont aussi conformistes, coincées et hautaines ? Même la Gaypride devient chiante et commerciale !

Ce texte n’est évidemment pas un discours généraliste. Juste une impression. J’ai aussi quelques plantes rares parmi mes amis. Je pense notamment à Greg, exceptionnel en « total pute » sur la plage, courant avec une bouteille de Picon géante gonflable sous les yeux des badauds (oui, il en faut du courage !). J’ai Hervé et Aurélien, capables de chanter « ce rêve bleu » dans la rue complètements bourrés en sautillant. J’ai mon mec, qui n’a rien de la « culture gay »… sinon qu’il vit avec moi. Et les quelques autres. Ne généralisons surtout pas. Il reste encore pas mal de caractères qui ne se soumettent pas aux dictats. Mon petit coup de cœur final ira pour le Tango (la boîte à frissons) qui jouit encore d’une aura toute particulière à mes yeux ; un petit coin de folie furieuse – folle – échappant à la normalisation.

Sur la scène, on s’incline devant la Dancing Queen (Mamma Mia)

Mamma Mia, la comédie musicale de tous les succès, dont l’histoire repose sur les musiques d’Abba, se produit en ce moment à Paris, au théâtre Mogador. C’est la société Stage Entertainment, qui a déjà produit Le Roi Lion, qui l’a adapté pour l’Hexagone. Une fois encore, on ne peut qu’affirmer que les anglosaxons nous mettent la misère en terme de mise en scène, performance et scénarios. On est loin des production « made in France » à la Kamel Ouali. C’est rythmé, sans temps mort et c’est fun !

Ce Musical repose sur un scénario simple : sur une ile grecque, Sophie va se marier. Elle souhaite inviter son père, qu’elle ne connait pas. Problème : sa mère, Donna, était une croqueuse d’hommes il y a 20 ans et il y a trois papas possibles. Qu’importe ! Tous seront de la fête ! Les soucis ne font que commencer. Le scénario, basique, sert surtout à placer les musiques d’Abba tout au long du show. Plus d’une vingtaine !

Abba traduit en Français ? Oui madame ! Et avec plaisir ! Si l’idée d’écouter les grands classiques de ce groupe dans la langue de Molière me hérissait le poil, je dois avouer que j’ai été très agréablement surpris dès la première mélodie « I hav a dream », rebaptisé « j’ai fais un rêve ». La traduction, sans être littérale, « colle » au rythme connu : même nombre de syllabes, mêmes tonalités. Le sens est, évidemment respecté. Au final, musique aidant, on finit toujours par claquer dans les mains et remuer du croupion.

Ajoutons une mise en scène pêchue, pleine de couleurs et de mouvements, de beaux garçons torses-nus (quoi ???) et d’humour (parfois en dessous de la ceinture) et vous obtiendrez un mix particulièrement vivifiant ! C’est bien simple, on ressort en fredonnant les musiques…

Petits bémols, car tout n’est pas parfait. Tout d’abord, certains interprètes. Si l’actrice jouant Donna est tout simplement exceptionnelle, d’autres ne font pas preuve du même talent. Nous autres frenchies avons toujours autant de mal à danser, chanter et jouer la comédie en même temps. Mais le niveau reste exceptionnel. Les décors font légèrement cheap, surtout face à ceux, mobiles, utilisés à Broadway ou Londres. C’est bien dommage, surtout quand on connait le prix d’entrée, très cher.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Mamma Mia est une réussite. Un bol d’air vivifiant, que le Français ne ternit en rien. C’est un spectacle de qualité, servi de bons interprètes et d’une mise en scène excellente. On rigole, on remue des lèvres… et on applaudit à tout va devant le final à couper le souffle ! A voir absolument, si vous êtes parisien, ce serait dommage de ne pas se faire plaisir.

Non, je ne suis pas mort !

Pas de billet depuis samedi 19 ? Mais que c’est-il passé ? Rassurez-vous, je ne suis pas mort ! Ni tombé dans une faille spatio-temporelle. L’envie et le temps d’écrire n’étaient décidément pas au rendez-vous.

Il faut dire que je sors d’une petite semaine de vacances aussi agréable que remplie… J’ai tout d’abord passé quelques jours au pays de Queenie, là où poussent les Burger King. Au programme : farniente dans les parcs royaux, pubs, balades, Camden Market, Tube, London Eye et… Avenue Q ! Oui ! J’ai enfin pu voir ce musical exceptionnel. Drôle, créatif, déjanté, rythmé, subversif : les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce show où les marionnettes arrivent presque à faire oublier les marionnettistes, pourtant sur scène. La salle hurlait de rire. Moi aussi. Un vrai grand moment ! Je n’oublie pas cette superbe ville qu’est Londres. Le beau temps était au rendez-vous.


Interview de l’un des personnages d’Avenue Q – Trekkie Monster

Le retour sur Paris n’a pas laissé beaucoup de temps au repos. Samedi dernier, j’ai évidemment rejoint les participants pour la Marche des Fiertés LGBT. Comme tous les ans, c’est coloré, plein de chars, plein de beaux mecs… et le message politique est toujours bien présent. La Marche, ou Gaypride, reste toujours ce petit poil à gratter qui agace les conservateurs. Beaucoup d’entre eux apprécient les gays, les lesbiennes, les bis ou les trans lorsque ceux-ci restent au placard et n’exigent rien. Eh bien messieurs dames, la Marche vous rappelle que nous existons. Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. Nous avons le droit de vote, nous consommons ou nous payons nos impôts comme tout le monde Nous exigeons de jouir des mêmes droits que n’importe quel citoyen de ce pays. Egalité, bordel !

Voilà. Déjà lundi et déjà la tête dans les prochains moments d’évasion. Cette semaine était attendue de longue date. En plus, j’ai eu le plaisir de la passer en très bonne compagnie : avec mon mec ! Nos premières vacances ensemble, premiers temps forts qui – je l’espère – sont le début d’une longue série.

Et maintenant… au boulot !

Le Tournois International de Paris 2010 est terminé !

La 7ème édition du Tournois International de Paris s’est terminée en beauté ! Cette année encore, cet événement a réuni plus de 1500 sportifs venus des quatre coins du monde pour concourir dans une vingtaine de disciplines (foot, volley, aviron, natation, etc.). La Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL) fédère les clubs sportifs LGBT et leurs adhérents sur tout le territoire national. C’est cette association qui organise l’événement (réservation des espaces, organisation des soirées, publicité, etc.). Après, chaque association sportive parisienne organise sa propre discipline directement.

J’ai donc aidé Contrepied, l’association de volley où j’ai pas mal d’amis, durant deux jours. Mission pour Zep : tenir la buvette ! Un lieu ultra-stratégique. Voilà bien longtemps que j’avais prévu ces deux jours et que je m’étais engagé. Je n’avais pas prévu, à l’époque, d’être en couple à ce moment-là. (ben oui… plein de beaux sportifs venant me demander des cafés, j’avais forcément une idée derrière la tête en devenant volontaire !)

Avec ma keupine la Schtroumphette qui a pris un coup de soleil !

Pas de problèmes toutefois ! Les deux jours ont été mémorables ! J’ai découvert comment faire du café grâce à la méthode « avec un filtre tu fais trois tournées – tu rajoutes juste un peu de café à chaque fois » initiée par Grand Mère Feuillage l’année dernière. J’étais au taquet avec mes deux cafetières et les litres de jus de fruit. Néanmoins, la bonne humeur et la bonne ambiance étaient toutes deux au rendez-vous. J’ai même osé laisser mon horrible jumelle diabolique faire une partie du service… Inutile de vous dire qu’elle a eu un franc succès !

Au TIP

Klamydia Cordula, ma jumelle diabolique, le temps d'un week-end

Et ne parlons pas de la soirée TIP le dimanche soir à l’Élysée Montmartre, un moment de folie, pour changer ! Sur scène, les clubs ont présenté un spectacle haut en couleur et en musique pour clore le week-end. C’est amateur, mais les mois de travail, de répétition et de volonté de montrer quelque chose de qualité a, une fois encore, payé ! C’était fun, rythmé et… chaud !

Soirée TIP Party 2010 @Elysée Montmartre
Runtime
3:06
Vues
426

Après Gare !, j’ai eu le plaisir de m’investir pour une association. C’est toujours intéressant d’apporter un coup de main dans ces moments là. Le milieu associatif est souvent difficile, car les bonnes volontés manquent. Se lever à 7 heures du matin un week-end demande une certaine forme d’abnégation ! Je salue l’organisation exceptionnelle de ce tournoi : aucune fausse note ! Les volleyeurs en déplacement sur Paris auront – à coup sûr – apprécié.

Et pour l’année prochaine ? Je rempile bien sûr !

Quand Citegay s’énerve

Voilà plus de deux mois que je n’ai pas mis les pieds sur Citegay, le célèbre site de rencontre pour nous les hommes qui aiment les hommes. J’ai laissé en plan les discussions en cours et n’envisage pas de les continuer (croisons les doigts pour que ça continue encore longtemps).  Ce genre de site réagit généralement automatiquement lorsqu’un abonné s’absente trop longtemps.

Régulièrement, je reçois ce mail, m’indiquant « Salut zepretender ! Tu as XX messages en attente sur http://www.dialh.com. Nous espérons te revoir bientôt chatter avec tes nombreux amis sur nos services de dialogues www.dialh.com ! »

J’aime ce concept de « nombreux amis« …

Aujourd’hui, M. Citegay s’énerve et m’envoie un message avec comme objet « T ou ? » (sic). Le contenu est tout simplement croustillant :  »Ca fait un moment qu’on ne t’a pas vu sur CiteGAY… Depuis ta dernière visite, il y a plein de nouveaux mecs bien chauds prêts et motivés pour des plans Q bien och sans blabla ! Rejoins-les dès maintenant. »

A défaut de me récupérer par une info simple voire courtoise, on tente une approche plus radicale. J’ai très apprécié ce langage SMS tout à fait adapté au site (ironie). D’un côté ils jouent la carte de l’amûûûr toujûûûr, de l’autre… voilà à quoi ils réduisent eux-mêmes leur site.

Au moins, ça m’a fait rire ce Citegay qui se met au niveau de Keumdial (sans les fautes d’orthographe).

Ma sexualité porte à droite

[((/blog/public/images/.sarkozygaypridevillepinxj9_s.jpg|Gay pride à l'UMP|L))|/blog/public/images/sarkozygaypridevillepinxj9.jpg][Ikare|http://ikkkare.free.fr/|fr], qui commente régulièrement mes billets, s’affirme {{pédé et de droite}} et __réfute l’idée qu’un gay doive obligatoirement voter à gauche__. [Il expose ses convictions sur le sujet|http://ikkkare.free.fr/index.php/2007/02/16/je-suis-pede-de-droite/|fr]. Personnellement, j’ai toujours été étonné de voir des noirs, des arabes, des juifs ou des homos voter pour le Front National. Je compare souvent cela aux crocodiles qui investiraient dans une maroquinerie… Je pense qu’il est tout à fait possible d’être homo et de droite si on a une approche économique de la société et que le sujet de l’homosexualité n’est pas prioritaire. Mon activité quotidienne me permet de côtoyer régulièrement des élus locaux. Certains, pourtant à gauche, ont un avis particulièrement tranché (tranchant ?) sur la question. D’autres, pourtant à droite, accepteraient sans broncher de {{marier}} un couple homo. __Sur ce genre de sujet, où les convictions profondes entrent en jeu, il est difficile d’établir une frontière claire entre les habituels clivages gauche/droite__. Je me souviendrai toujours de la première lecture du PACS où de nombreux députés de gauche n’avaient même pas pris la peine de rejoindre l’hémicycle pour voter la loi. Quelle honte ! Heureusement, le PS avait sonné le clairon et avait donné des consignes pour la seconde lecture. Car s’il existe les convictions des hommes, __l’alchimie animant celle d’un parti est différente__ ! Les élus peuvent avoir des convictions, ils n’en suivent pas moins les directives de leur groupe. Et, pour moi, c’est là que le bas blesse. L’UMP, parti regroupant une ribambelle de {{familles}}, doit compter avec des libéraux, des conservateurs, des très conservateurs, des ex-fachos, etc. De ce mélange doit transpirer la position officielle du parti. __La position officielle de l’UMP sur l’homosexualité n’évoluera pas beaucoup tant qu’il y aura des Christian Vanneste, des Christine Boutin__ et d’autres plus anonymes (mais qui n’en pensent pas moins) pour faire contrepoids face aux modérés. Tant que cette {{certaine partie de la droite}} (comme le dit Ikare) continuera d’animer des réseaux comme ceux ayant défilé lors des débats sur le PACS, je considèrerai l’UMP comme un parti pas franchement  »gay friendly  ». De plus, je n’ai pas tendance à vivre sur des acquis… Il suffit de voir la remontée d’un certain Ordre moral aux USA pour s’inquiéter. Une telle régression est tout à fait possible dans l’hexagone. Les convictions évoluent. Parfois dans le bon sens (Bayrou, pourtant très croyant, n’est pas du tout opposé au mariage gay), parfois dans le mauvais… et parfois on ne sait pas (Sarkozy est une girouette sur le sujet !).  »Voilà, tu vois M. Ikare que je ne suis pas forcément toujours blanc ou noir ! »