Quand Mariton parle de la famille, on dégaine les révolvers !

Je reprends ci-dessous le contenu intégral du communiqué de presse de l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) publié en réaction aux propos de Hervé Mariton.

—-

Le monde revu et corrigé par Hervé Mariton

Dans une interview publiée le 20 juillet (http://lci.tf1.fr/france/societe/adoption-herve-mariton-preconise-la-preference-aux-couples-6592623.html), Hervé Mariton, Député UMP et coauteur du rapport proposant 30 propositions pour promouvoir « la famille durable » affirme des propos inquiétants :

« L’homoparentalité en France n’est pas établie par la loi ». Les juges reconnaissent de plus en plus les familles homoparentales. Très récemment dans le sud de la France, après le décès de la maman légale, un juge a confié la garde de l’enfant à sa partenaire survivante considérant qu’il était de l’intérêt supérieur de l’enfant de poursuivre son évolution avec la partenaire de sa mère légale plutôt que de le confier à un membre de sa famille biologique. Lorsque le législateur refuse de faire son travail, force est de constater que la justice ne botte pas systématiquement en touche…

« Une personne célibataire peut adopter et ensuite se trouver dans une relation personnelle homosexuelle ». Quid d’une personne se trouvant déjà dans une relation personnelle homosexuelle et souhaitant adopter ?! Depuis la condamnation de la France par la CEDH le 21/1/2008, aucune circulaire officielle envoyée aux Conseils Généraux n’a rappelé officiellement l’interdiction de faire état de l’orientation sexuelle du requérant d’un agrément pour adopter. Plusieurs instances sont toujours en cours pour contester des refus d’agrément basés directement ou indirectement sur l’homosexualité du requérant.

« Mais si demain la République reconnaissait des enfants nés de couples homoparentaux, est-ce qu’ils ne souffriraient pas, eux, d’une discrimination, celle de ne pas avoir de père et de mère ? ». Les enfants vivant dans les familles homoparentales vivent aussi bien que les autres et sont en effet discriminés mais par les députés qui refusent de permettre au second parent d’obtenir les mêmes droits et devoirs que leur parent légal.

«Dans le schéma de l’homoparentalité il y a en réalité plus de deux parents ; puisqu’il y a le couple qui veut l’enfant mais aussi la mère porteuse si ce sont des hommes, ou le père dit biologique si ce sont des femmes. Cela signifie une configuration où il y a 3 ou 4 parents ». Seule la confusion entre lien biologique et réalité familiale permet d’écrire une telle absurdité. Dans l’adoption plénière par exemple, il n’existe que deux parents dans le cas d’un couple hétérosexuel adoptant ou même un seul parent dans le cas d’un célibataire adoptant. Le lien biologique ne prime pas et est même ignoré. Dans les pays où la gestation pour autrui est légalisée, la mère porteuse ne réclame surtout pas le statut de parent puisqu’elle fait un don de gestation pour des parents intentionnels. Dans le cas des donneurs de sperme, aucun donneur ne réclame le statut de parent ! Le Député souhaite accorder le statut de parent à des personnes qui n’en veulent pas et refuse ce même statut pour des parents qui le sont de fait ! Paradoxe inquiétant.

« S’agissant d’homoparentalité, je ne sais pas s’il y a une évolution de la société ». N’étant pas spécialiste, nous comprenons l’hésitation du Député Mariton mais souhaitons lui apporter une réponse par la voix de Maurice Godelier, anthropologue qui déclarait le 4 décembre 2010 que « l’homoparentalité constitue une évolution irréversible ». A lire d’urgence pour certains, à relire pour d’autres.

Espérons que ces idées défendues par quelques parlementaires surfant sur une vague idéologique proche de celle du FN n’impliquent pas l’UMP toute entière et correspondent à une posture électoraliste. Espérons aussi que les cadres de ce parti saurons défendre la liberté individuelle d’aller, d’être et d’agir comme la République le permet. Ce n’est pas en remettant en cause des libertés acquises que la France se grandira. En voulant rayer d’un trait l’idée même des familles mono et homoparentales et en brandissant comme modèle un diktat familial, ces parlementaires prennent un chemin inquiétant qui rappelle certaines définitions de l’ordre moral, social et idéologique d’un passé récent.

—-

Contact Presse :

Association Des Familles Homoparentales (ADFH), Alexandre URWICZ, Coprésident, presse@adfh.net, tél : 0970 407 703 (prix appel local)

En savoir plus :
http://www.adfh.net

Ces gays qui détestent les gays

Dans deux jours, Paris va s’animer aux sons et aux couleurs de la Marche des fiertés LGBT, sous le slogan « En 2011, je marche, en 2012, je vote ». Dans deux jours, les vieux cons réacs vont devoir affronter, dans la rue et à la télé, la vue d’un nombre incalculable de pédés, gouines, travs, folles, dindes, cuirs (et j’en passe) venus montrer qu’ils existent et qu’ils réclament les mêmes droits que le citoyen lambda. J’aime ce côté choc de la Marche, quand certains aimeraient remettre tous ces pervers, toutes ces brebis égarées au placard.

Malheureusement, il n’y a pas que les hétéros à faire de l’homophobie. Certains gays peuvent déployer des trésors d’intolérance envers leurs semblables. Nous sommes censés être des mauvaises langues de première. Si je suis le premier à railler les lesbiennes « chemise à carreaux capables de monter une armoire Ikea en une heure », ça n’en reste pas moins une raillerie. Je n’ai strictement rien contre les lesbiennes, sinon qu’elles tiennent certainement mieux l’alcool que moi. Bref, on plaisante et il arrive d’être acerbe.

Mais chaque Marche marque le retour de ces fameux homos « hors milieu », épidermiquement allergiques à toute image ou représentation homo. Ils sont parfois plus homophobes que les pires réactionnaires. Leur crédo : « pour vivre heureux, vivons cachés » ou « surtout, ne pas faire de vagues ». Ils détestent tout un tas de choses – généralement des idées préconçues et véhiculées par les grands médias traditionnels – entourant l’image des gays. Sur les tchats, ils cherchent des mecs « normaux », « pas efféminés », qui n’écoutent pas Mylène Farmer, qui ne passent pas « tout leur temps dans le Marais »… etc. Pourtant, les tchats, ils les connaissent bien et ils sucent de la bite comme les autres. Mais non. Ils cherchent la « normalité » comme le Saint-Graal. La Marche est pour eux un calvaire car ils ne s’y reconnaissent pas ! Et ils le disent. Et ils en souffrent.

En tout premier lieu, chacun cherchera la définition de « normal », car ce genre de mec n’est pas plus normal que la folle qu’il critique… Nos convictions se forgent en fonction de notre milieu, de nos amis et de nos relations. Elles évoluent avec le temps, changent, s’adaptent… Il n’y a pas un « milieu », mais plusieurs.

J’ai souvent critiqué les stéréotypes qu’on croise régulièrement à Paris, mais ça ne m’empêche pas d’aller dans le Marais boire un verre. Je ne suis pas allergique aux dindes, même si ce n’est pas ma came. Quand j’en vois une, je critique (parce qu’on est une langue de pute ou on ne l’est pas, après tout !) et je continue mon chemin. Mais je n’ai pas de haine ou de ressentiment. Chacun fait comme il le sent.

Nous autres gays, bi, trans et lesbiennes devons être irréprochables en termes de tolérance. Nous sommes déjà « différents » de cette norme qui nous entoure. Pourquoi nierions-nous d’autres différences ? Pourquoi vouloir standardiser quelque chose ? Qui sommes nous pour décréter ce qui est normal, bien ou mal ? Nous sommes déjà la cible de trop de préjugés… Autant devenir hétéro, hein, quand on n’aime pas les gays ! Ne donnons pas plus d’armes à ceux qui voudraient nous renvoyer au placard. Ce ne sont pas ces « gays » que vous conchiez qui doivent changer, mais les mentalités qui nous entourent. C’est pas gagné, mais on a tous une part de responsabilité

Et pour cela, je serai fier, comme chaque année, d’aller marcher samedi ! Il y aura de la dinde, des mecs en cuir, des drag-queens… et moi ! Y aura même des sympatisants hétéros, qui savent s’amuser et nous apporter leur soutien. Le tout réuni dans une diversité qui s’exprime et revendique.

Lettre ouverte à Christian Vanneste

Cher Christian,

Je suis ton parcours politique avec un certain intérêt. Oui, je te tutoie. Le vouvoiement marque une forme de respect, et je doute que tu le mérites. Ok, c’est cash, mais tu ne prends pas de pincettes avec moi. Mardi dernier, lors du vote pour que le mariage soit légal pour les couples du même sexe, tu t’es illustré avec des propos haineux et d’un autre âge.

Pour ton information, je fais partie de cette frange de la population que tu considères comme une « menace pour l’humanité ». Selon toi, l’Assemblée Nationale n’a pas à s’intéresser à une « aberration anthropologique ». L’aberration te remercie. Tu refuses d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, car « la société s’intéresse au mariage dans la mesure où il est lié à la procréation dans la majeure partie des cas ». Et, tu as raison, c’est scientifiquement prouvé : deux hommes ou deux femmes ne peuvent avoir d’enfants.

Pourtant, cher Christian, permets-moi de ne pas être d’accord avec toi. À mon humble avis, le mariage tel que tu le conçois n’existe plus. Cette idée du mariage et de la famille appartient à d’autres temps, d’autres époques. Je ne considère pas le mariage comme une fabrique de bébés, avec papa qui bosse et maman qui change les couches. Tu le dis toi-même : « la société doit assurer sa pérennité par le mariage des hommes et des femmes ». Ta conception du mariage aurait dû disparaître avec l’État Français de Pétain.

Ma conception du mariage est plus simple. J’ai un grand respect pour l’institution du mariage. C’est un engagement de deux personnes s’aimant, un gage face à la société de stabilité et la reconnaissance d’une union par la République. En quoi cela te gène-t-il que tous puissions y avoir droit ? Pour « ne pas ternir l’image du mariage » ? Mais cher ami, tout évolue ! Même la Terre était censée être plate, fut un temps ! Désormais, elle est ronde…

Avec tes amis de droite, tu nous as ressorti les arguments les plus abjects… Pourquoi ne pas autoriser la polygamie ? Le mariage entre frères et sœurs ? Disons simplement que la société a reconnu l’union de deux personnes du même sexe par le Pacs. Il n’est donc pas illégal – immoral – de vivre ensemble quand on est deux personnes du même sexe… à partir de là, l’égalité entre tous les citoyens ne devrait même pas être débattue et le mariage ouvert à tout le monde. Ça me paraît tellement simple…

Cela doit simplement heurter tes convictions profondes, encore une fois. Une conception de la société complètement dépassée. De quel droit peux-tu affirmer que ta conception de la société est mieux que la mienne ? Qui es-tu pour penser cela ? Penses-tu, comme certains dictateurs de pensée en robe de bure, avoir la Vérité absolue ? Qui es tu, Christian Vanneste, pour oser affirmer que la société (et la nature) fonctionne comme tu l’as souhaité et pas autrement ?

Christian, permets-moi de te remercier quand même. Grâce à toi, mes convictions de gauche sont renforcées plus que jamais. Pour moi, il est plus que jamais indispensable de ne pas baisser la garde face aux propos moyenâgeux de certains hommes politiques. Ce n’est pas être « hétérophobe » que de s’opposer aux dictats de quelques arriérés, simplement motivés par leur haine et leur intolérance. De tout temps, il y a eu des Christian Vanneste au pouvoir pour freiner l’évolution de la société au nom de dogmes ou de traditions : le Peuple doit obéissance au roi, la Terre est plate, l’avortement est un crime… D’ailleurs, en parlant de dogme, j’espère que si Dieu existe et qu’Il est aussi bon et intelligent que tes potes le prétendent, qu’Il saura t’envoyer là où tu le mérites vraiment, le moment venu… Crois-moi, je doute que le Paradis soit la destination finale pour les gens haineux dans ton genre.

Amicalement,

L’aberration anthropologique.

Homophobie immobilière

Nooz et moi avons repris les recherches d’appartement. Et c’est un coup de coeur trouvé sur PAP qu’il m’envoie par mail. « 50m² à Vincennes, refait à neuf, calme, proche métro »… Chouette ! Parfait. J’appelle illico le propriétaire. La dame me pose tout un paquet de questions et me donne le numéro de portable de son mari parti faire visiter.

Vincennes – 21 juin 2011 – 15h24

Je suis en bas de l’immeuble. Un jeune couple attend aussi. Nous discutons un peu. C’est leur premier appart. Moi le deuxième si on compte la merde que nous avons vu à Guy Moquet (17e) il y a un mois. L’ambiance est cool. On est en concurrence, mais on ne va tout de même pas se taper dessus. Un vieux monsieur passe la tête au troisième et nous annonce le code. On monte.

La visite se passe bien. L’appart est génial. Spacieux, bien pensé, au calme, très ensoleillé… des prises partout, le répartiteur France Télécom juste à côté (un ami habite même juste en face et se tape un score hallucinant chez Free en termes de débits) et la prise Numéricable au cas où. Parfait.

Le monsieur ponctue la visite avec beaucoup d’humour. C’est bon enfant. Vient le moment de prendre congé. Nous le suivons et il dégaine sa liste de visiteurs. Et là…

- « Alors, monsieur…
- Zep, Pierre Zep.
- Monsieur Zep, êtes vous intéressé par cet appartement ?
- Bien sûr ! Je parle aussi pour mon ami.
- Ah, c’est bien. Que faites vous dans la vie ?
- Chargé de communication en mairie, fonctionnaire.
- Parfait ! Et votre amie ?
- Infirmier, à l’APHP.
- (le sourcil se lève, l’air incrédule) Infirmière ?
- Non non, infirmier.
- Ah… Vous auriez dû en parler à ma femme au téléphone.
- Elle le sait et ça ne semblait pas la gêner.
Il réfléchit…
- Non… je vous préviens, du coup, c’est loin d’être assuré pour vous.
- Pardon ?
- (regarde en biais pour éviter de croiser mon regard) Je ne veux aucun problème… vous n’êtes pas des gens fiables.
- Pa…pardon ? J’ai bien compris ce que je viens d’entendre ?
- Désolé.
- Vous savez que c’est illégal ce que vous venez de dire ?
- Je n’en sais rien, mais c’est comme ça. »

Je suis interdit. La jeune fille arrive et annonce que son ami et elle ne sont pas intéressés par l’appartement. Voyant ma tête, elle demande : « Y a un problème ?« . Je réponds « ce monsieur est homophobe et refuse de me louer l’appartement« . « J’avais bien entendu, me lance-t-elle, viens Tarik, on se casse. S’il est homophobe, il doit être raciste aussi. »

Nous sortons de l’appartement. « J’ai déjà eu des problèmes, vous comprenez« , indique le propriétaire au jeune couple (moi, il ne m’adresse même plus la parole). Je suis écoeuré. La nana est ulcérée. Dehors, elle me propose spontanément ses coordonnées pour témoigner si je porte plainte. Et j’ai fais l’erreur de refuser. Dans ma colère (noire) et mon dégoût pour ce vieil enculé de merde, ce bâtard de vieux débris, mes idées ne suivent plus. A quoi bon ? L’appart, je ne l’aurai pas. Quel intérêt de se lancer dans une procédure de ce style ? Mais pour la forme, j’aurai dû. Maintenant, sans témoignage, c’est inutile.

Qu’importe. Ce vieux connard louera son appartement à des gens « normaux et sans problèmes, fiables » et ira se faire foutre. Life is unfair.

Les recherches commencent bien.

note : j’ai tout de même consigné ce témoignage dans le rapport SOS Homophobie, histoire de laisser une marque quelque part.

Je remercie d’ores et déjà les nombreuses marques de soutien qui se sont manifestées par SMS ou via Facebook. J’en profite pour faire une annonce. Si vous connaissez un proprio sympa et pas homophobe qui loue un appartement de 45m² minimum avec une chambre (ou deux, soyons fous !) dans un quartier sympa de Paris ou Charenton/Vincennes, avec une cave et proximité du métro… le tout pour 1200 euros max, charges comprises… bah faites moi signe via le formulaire de contact ! Merci.

Zemmour acclamé par l’UMP

Eric Zemmour, condamné pour « provocation à la discrimination raciale », a été invité par des pontes de l’UMP (Longuet, Vanneste, Chatel…) lors d’une intervention où il a raillé « 40 ans de miasmes égalitaristes et communautaristes« .  Jean-François Coppé, grand démocrate devant l’éternel, l’avait auparavant introduit comme une « victime » du « trop de normes« .

Zemmour – « Notre ami » - a ni plus ni moins demandé la peau de la Halde, du droit pour les associations anti-racisme d’ester en justice et même des lois mémorielles (comme la loi Gayssot sur le négationnisme). Marine Le Pen doit en avoir des chaleurs !

Bien sûr, son discours a été copieusement applaudi par l’assemblée (voir la vidéo sur Libé). Coppé a même qualifié l’intervention de « contribution utile, intéressante et brillante« .

Zemmour, ami des xénophobes et des révisionnistes ? En tous cas, l'UMP applaudit !

Voilà… tout est dit. Encore une fois, je me demande comment ces gens de droite « pour raisons économiques » peuvent cautionner un pouvoir aussi rétrograde, raciste et homophobe. Quels sont les arguments de ces gays, blacks, femmes pour accepter de soutenir un parti qui les méprise ainsi. Sarkozy et ses sbires sont à vomir. Espérons que les urnes les dégageront !

Vanneste récidive

Le député du Nord Christian Vanneste, déjà condamné pour avoir affirmé en 2005 que « l’homosexualité était inférieure à l’hétérosexualité« , n’en finit pas de récidiver. Dans un billet daté du 30 avril dernier et publié sur son blog, Christian Vanneste continue de seriner ses réflexions douteuses. Jugez plutôt : « L’atelier sémantique gay a inventé la prise de judo conceptuelle la plus efficace : la pédophilie est un crime. L’homosexualité une vertu. » ou encore « L’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n’est donc pas fondée en raison des tendances éphébophiles assez fréquentes dans l’histoire qui ignorent la frontière juridique de l’âge. » Plus loin, le député assène : « une société lucide sur son avenir devrait avant tout ne porter d’intérêt qu’à l’hétérosexualité tendant à la création de familles les plus stables possible« . Il ajoute que le « mariage chrétien (…) est l’institution la plus conforme aux valeurs républicaines« .

Christian Vanneste, député, est toujours membre de l’UMP malgré ses invectives homophobes. Comme on dit « Qui ne dit mot, consent ». UMP = parti homophobe. CQFD.